Futur stade de foot de Montpellier à Pérols : le début d’un long feuilleton

Michaël Delafosse, président PS de Montpellier Méditerranée Métropole, a officialisé l’emplacement du futur stade de foot de Montpellier, le 4 janvier. Le terrain est situé à Pérols, au sud de la métropole. Le projet commercial Shopping Promenade est définitivement stoppé. Colère d’Antoine Frey, PDG du Groupe Frey, dont le groupe a investi 14 millions d’euros depuis sept ans, et retour au point de départ pour les commerçants du secteur.

Le futur stade de football de Montpellier sera construit à Pérols, sur un foncier au sud de la métropole, à proximité de l’autoroute A9. Michaël Delafosse, président PS de Montpellier Méditerranée Métropole, a officialisé cet emplacement le 4 janvier, sur France Bleu Hérault. Le projet sera entièrement financé par des investisseurs privés, « tous régionaux », souligne Laurent Nicollin, président du MHSC (le club) : Groupe Nicollin (n°3 français de la propreté urbaine et de la collecte et tri de déchets), l’architecte François Fontès (dont on peut donc penser qu’il dessinera l’enceinte), les promoteurs-aménageurs FDI, GGL et Tissot, le groupe de santé Oc Santé et le MHSC lui-même.

Le site, desservi par la troisième ligne de tramway, était prévu initialement pour un projet de centre commercial, développé par la foncière Frey. Le futur stade devrait être livré fin 2024 ou courant 2025, pour un coût compris « entre 150 et 180 millions d’euros », indique Laurent Nicollin. En termes d’accessibilité, des parkings relais vont être aménagés le long du tramway. Le projet immobilier ne prévoit pas de commerces, « pour ne pas concurrencer le centre-ville, mais des restaurants, une crèche, un pôle médical, un hôtel et le musée Louis-Nicollin », reprenant la collection privée du fondateur du club, détaille son fils, aujourd’hui aux manettes. L’actuel stade de la Mosson, situé en zone inondable et difficile d’accès, sera réhabilité en pôle sportif, ouvert aux habitants du quartier.

Maintien du projet malgré la crise du foot pro

La structure privée qui portera le projet cèdera des droits à bâtir à des promoteurs immobiliers. Les tunnels de rencontres disputées à huis clos et le fiasco de Mediapro, deux coups durs pour les finances des clubs de Ligue 1, ne remettent pas en cause le dossier montpelliérain. « C’est un projet inévitable pour grandir et ancrer le club dans les dix premiers du championnat. Mais la baisse des droits télé, après le retrait de Mediapro, pourrait nous amener à redimensionner l’investissement », tempère Laurent Nicollin, qui reste prudent sur la jauge finale (probablement autour de 25.000 places, au lieu de 32.000 pour l’actuel stade). « Le nouveau stade, c’est son idée fixe, un peu sa grande œuvre », commente un observateur. D’autant plus que l’enceinte portera le nom de son père, Louis Nicollin, fondateur du club, décédé en 2017.

Le groupe Frey demande 77 millions d’euros à la collectivité

Antoine Frey, patron du groupe Frey, ne décolère pas. Son projet, Shopping Promenade ‘Ode à la mer’ (110.000 m2 de surfaces de vente), désigné lauréat par Montpellier Agglomération en 2014, est donc définitivement enterré, sept ans après. « Ode à la mer a été dessiné, pensé, voulu par la collectivité en 2013, qui a lancé un concours pour trouver un opérateur », rappelle-t-il à ToulÉco. « On croyait beaucoup à ce territoire, on y croit toujours. On s’est battu pendant sept ans pour porter ce projet. »
« Shopping Promenade aurait affaibli le commerce de centre-ville de Montpellier, et aussi les commerces des communes de la métropole », a répondu à distance Michaël Delafosse lors de la présentation de ses vœux sur ViàOccitanie, le 8 janvier. « Ce modèle de centres commerciaux en périphérie est obsolète. On ne peut pas faire la transition écologique en les défendant. »

Antoine Frey se dit étonné de la forme choisie par les élus de la métropole de Montpellier. « Le 12 juin dernier, Philippe Saurel, alors président de la Métropole, a pris la décision unilatérale d’arrêter le projet. Je l’ai appris par voie de presse. Aujourd’hui, j’apprends, toujours par voie de presse, qu’un nouveau projet est destiné sur ce foncier. On ne nous a pas consultés, on ne nous a pas proposé de participer aux débats (un comité de pilotage a été constitué pour le projet de stade, NDLR). Je me demande ce qu’on a fait à la collectivité pour mériter un traitement pareil. Personne ne nous a contactés, et nous n’avons réussi à joindre personne. Je n’ai pas d’autre choix que de porter l’affaire devant le tribunal judiciaire de Montpellier. »

Retour dix ans en arrière pour les commerçants

Le Groupe Frey, qui a injecté 14 millions d’euros dans ce projet, demande 77 millions d’euros au titre d’indemnisations et de réparation du préjudice subi. « Mon métier n’est pas de faire des contentieux, c’est de réaliser des projets », ajoute-t-il. « La porte reste ouverte pour un projet alternatif, permettant de sortir par le haut de cette situation. » À ce jour, l’enjeu initial d’Ode à la Mer – déménager des commerces de Lattes et Pérols, situés en zone inondable et obsolètes, dans une seule unité commerciale, répondant aux nouveaux standards du commerce – retourne dix ans en arrière.

« Que va-t-on faire de ces commerçants ? », questionne Antoine Frey. « Le taux de vacances, dans les zones Fenouillet, Solis et Soriech, est passé de 3 % à 13 % en dix ans. Il y a un projet alternatif à monter. Nous sommes l’opérateur le mieux placé. Nous avons passé des milliers d’heures sur ce dossier et avons une connaissance fine des enjeux dans ce secteur. »
Hubert Vialatte

Sur la photo : Le kop de la "Butte Paillade" au stade de la Mosson à Montpellier. Crédits : DR.

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Source : https://www.touleco.fr/Futur-stade-de-foot-de-Montpellier-a-Perols-le-debut-d-un-long,30288