Hérault. Comment les membranes de Nereus produisent de l’eau à partir des vinasses

Une distillerie de la Martinique vient d’acquérir la technologie de la PME héraultaise permettant d’épurer les vinasses. Pour accélérer son développement, Nereus doit lever entre 5 et 7 millions d’euros d’ici à la fin de l’année.

Un symbole d’économie circulaire de l’eau. La nouvelle solution de lagunage de Nereus permet d’extraire une eau de haute qualité à partir d’effluents complexes. Utilisant une technologie brevetée de nano-filtration sur membranes disques céramiques, l’unité de fractionnement Recynov peut purifier 75% d’eau de haute qualité à partir de vinasses.

« Le liquide est tamisé par des membranes, dont les trous mesurent quelques nanomètres », explique Emmanuel Trouvé, président et fondateur. « Ses filtres retiennent les particules et les substances dissoutes, et laissent passer l’eau et des éléments minéraux de très petite taille. » Cette nouvelle solution, commercialisée autour de 3 millions d’euros l’unité, cible les distilleries et les brasseries.

Premier client, une grosse distillerie martiniquaise

Premier client : la distillerie HSE, l’une des plus importantes de Martinique, pour la prise en charge de ses vinasses. Chaque jour, 900 m3 d’eau de haute qualité seront produits à partir de 1200 m3 de vinasse. Des volumes d’eau nécessaires pour nettoyer les équipements de production ou encore pour mouiller les cannes à sucre au début de la fabrication du rhum.

Les 300 m3 restants vont se mélanger avec d’autres ingrédients pour créer du compost. La technologie permet en effet de récupérer et valoriser différents ingrédients : nutriments, molécules, microalgues…

Autre intérêt pour le client : un gain de foncier. Jusqu’à présent, l’industriel exploitait sa propre station d’épuration, sur 15.000 m2. L’unité de Nereus, compacte, n’occupe que 120 m2. Un gain, aussi, de tranquillité : « Avec la station d’épuration, les rejets en mer n’étaient pas toujours conformes, sans oublier les nuisances olfactives… » Nereus entend dupliquer cette approche dans toutes les distilleries. Des partenaires sont démarchés en France et au Royaume-Uni.

Projets de R&D en cours

Nereus porte plusieurs autres projets de R&D collaboratifs. Avec, entre autres, la Région Occitanie, l’Insa de Toulouse, l’Institut européen des membranes de Montpellier et l’Inserm de Limoges, le projet Save (Station avancée pour la valorisation des effluents) consiste à traiter les eaux domestiques et les boues résultant de cette filière. Autre développement en cours, avec l’Ademe et l’Insa de Toulouse, le fractionnement des digestats de méthanisation. Aujourd’hui, des volumes conséquents sont épandus dans les champs, alors que les plantes n’ont pas toutes besoin d’engrais. La législation évolue, rendant obligatoire la construction de grosses unités de stockage de digestats. « Or, les digestats sont composés à 90% d’eau. Notre technologie de filtration permettra de réduire les volumes stockés », anticipe-t-il.

Nereus a par ailleurs obtenu en mai le label Solar Impulse, avec sa solution Neostep, une station d’épuration nouvelle génération. « C’est très important que nos solutions de développement durable soient évaluées par des jurys internationaux exigeants », assure Emmanuel Trouvé, alors que Nereus participera au salon Pollutec à Lyon, du 12 au 15 octobre.

Basé au Pouget, Nereus emploie 30 salariés, et table sur un chiffre d’affaires 2021 de 5 millions d’euros, en croissance de 25%. La PME, créée en 2013, annonce une levée de fonds comprise entre 5 et 7 millions d’euros dans les prochains mois, pour financer une augmentation des capacités de production et des forces commerciales.
Hubert Vialatte

Sur la photo : La solution Nereus permet d’obtenir une eau de qualité. Crédit : Nereus.

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Source : https://www.touleco.fr/Herault-Comment-les-membranes-de-Nereus-produisent-de-l-eau-a,31949