L’interview off de : Alberto Alessi

Président du groupe Alessi, fondé par son grand-père Giovanni en 1921, Alberto Alessi était à Toulouse à l’automne dernier, à l’invitation de Stephan Oddos, créateur et dirigeant de Trentotto. Le chef d’entreprise italien, célèbre pour travailler avec les plus grands designers et architectes mondiaux depuis plusieurs décennies, s’est livré, avec malice.

Quelle est la première chose que vous faites en vous levant ?
La première chose que je fais le matin est justement de me demander si cela vaut la peine de sortir du lit…

Qu’emmèneriez-vous sur une île déserte ?
Quelques livres. (Après réflexion) C’est difficile de vous dire lesquels, cela dépend du nombre auquel j’ai droit exactement.

Alessi a travaillé sur de nombreux types d’objets du quotidien en plus de collaborations qui sortaient de votre cadre. Quel produit vous reste-t-il à designer ?
J’aurais beaucoup aimé concevoir une voiture totalement nouvelle. J’avais commencé à travailler avec Philippe Starck sur ce projet-là mais ça ne s’est jamais fait. C’est dommage.

À quelle époque auriez-vous aimé vivre ?
Dans dix ans je crois. Je suis très curieux de voir vers quoi nous pouvons aller en tant que société.

Vous avez côtoyé de nombreuses personnalités du design, de l’architecture et de l’industrie. Quelle personnalité auriez-vous aimé rencontrée ?
C’est un regret que j’ai car j’aurais pu le fréquenter à une époque, mais ce n’est pas arrivé. C’est Umberto Eco. Cela m’aurait intéressé de réaliser des projets avec lui, car j’apprécie sa démarche. Umberto Eco était un philosophe et sémiologue à l’origine qui est entré en littérature et a écrit des romans sublimes grâce à une formule qu’il avait créée. C’est ça qui est intéressant.

Si vous deviez décrire le design en un seul mot ?
Création. C’est pour cette raison que je dis que le succès du design italien repose sur le fait de se considérer comme un laboratoire industriel de recherche. L’histoire du design est comme une chaîne dont les maillons sont les différents courants ou mouvements qui se sont intéressés à la dimension esthétique de la production.

Quel autre métier auriez-vous pu exercer ?
Sans doute écrire. J’aurais pu être, je pense, un discret romancier. J’aime raconter des histoires. Et on revient peut-être à cet aspect de création.

Philippe Starck vous appelle « le marchand de bonheur ». Qu’est-ce que le bonheur pour vous ?
Dans le sens de Starck, cela voulait dire qu’Alessi crée des objets qui apportent du bonheur. Mais le bonheur pour moi ? Bien manger, bien boire et être en bonne compagnie. Je ne suis pas très compliqué.

Et Dieu dans tout ça ?
Toute mon éducation s’est faite dans le respect de la religion. Et je continue à y croire. Mais cela n’a aucune influence dans le design des produits Alessi.

La dernière chose que vous faites avant de vous coucher ?
Je lis. Un peu tous les styles, historique, biographies… Mais ma véritable passion est l’histoire du lac d’Orta, là où je vis. J’ai plus de 12 000 livres et documents sur ce lac et je continue à découvrir des choses nouvelles.
Propos recueillis par Paul Périé
Photo : Rémy Gabalda - ToulÉco

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Source : https://www.touleco.fr/L-interview-off-de-Alberto-Alessi,32872