Laure Mulin, commissaire aux comptes : « Petites ou grandes, les entreprises sont toutes concernées par la RSE »

Laure Mulin intervient au sein du cabinet Sygnatures en tant qu’auditrice, commissaire aux comptes et membre du comité de direction. Depuis deux ans, elle préside également la Compagnie régionale des commissaires aux comptes (CRCC) de Toulouse.

En cette rentrée 2023, sur quels sujets planchent les commissaires aux comptes ?
Le sujet de la Responsabilité sociétale des entreprises prend de l’ampleur car la directive européenne CSRD, publiée en décembre dernier, élargit le champ d’application du rapport de durabilité. Il concerne désormais les entreprises qui atteignent ou dépassent deux de ces trois seuils : 250 salariés, 20 millions d’euros de total bilan et 40 millions d’euros de chiffres d’affaires, contre 500 salariés et 100 millions d’euros de total bilan ou de chiffre d’affaires auparavant. De plus, cela devrait désormais inclure les SAS et pas uniquement les Sociétés anonymes (SA), nous attendons confirmation dans les prochains mois.

Une autre mesure est en bonne voie, concernant la certification obligatoire des comptes des collectivités territoriales. Elle a été expérimentée, entre autres auprès de Toulouse Métropole. La cour des comptes a rendu une conclusion positive et cette certification pourrait donc devenir obligatoire début 2024, une évolution importante pour la transparence et la fiabilité des comptes publics.

La RSE vous tient particulièrement à cœur ?
Oui. Chez Sygnatures, j’ai développé depuis 2015 l’activité de reporting des données extra-financières, c’est-à-dire les données RSE. À noter qu’on parle aussi maintenant d’« ESG » pour Environnement, Social et Gouvernance. Nos 3000 clients sont surtout des PME familiales, groupes locaux, et ETI, et nombre d’entre eux vont désormais devoir reporter sur ces sujets : soit par obligation directe, soit parce que leurs donneurs d’ordre, partenaires, clients ou banques, vont les y contraindre.

Or, les petites et moyennes entreprises ne savent pas vraiment par quel bout prendre le problème. Je tâche de les y aider en auditant leurs données et au travers de diagnostics, pour identifier leurs principaux enjeux en matière de RSE, afin qu’elles puissent définir un plan d’action adapté. L’expert-comptable prend le relai pour accompagner les dirigeants de façon opérationnelle dans le déploiement et l’élaboration des indicateurs. Puis nous délivrons aussi des certifications.

Et chez Sygnatures, quelle est la dynamique ?
L’activité des commissaires aux comptes est stable, celle des experts-comptables progresse. Le chiffre d’affaires 2021, de 15 millions d’euros, est en hausse de 5,6 % par rapport à 2020, et la tendance reste bonne. L’effectif aussi s’est étoffé : à ce jour, nous sommes 180 salariés dont dix-sept associés, sur six sites, le siège de Toulouse, auquel s’ajoutent Muret, Auch, Condom, Gimont et depuis peu, Montauban. Nous souhaitions nous rapprocher de certains clients et offrir plus de facilité à nos salariés du nord de Toulouse. Pour les mêmes raisons, nous sommes aussi attentifs à l’ouest toulousain, Blagnac, Colomiers… Mais seulement s’il y a une opportunité : nous voulons consolider, pas croître à tout prix. Enfin, comme dans beaucoup de filières, l’attractivité et le recrutement de nos talents nous préoccupent beaucoup.

De mon côté, j’ai conservé mon portefeuille et une partie opérationnelle. Je co-anime le pôle « Audit et certification des comptes » avec deux autres associés et, en parallèle, je suis à mi-mandat de ma présidence à la CRCC à laquelle je consacre, au minimum, une demi-journée par semaine.
Propos recueillis par Marie-Dominique Lacour

Photo : Laure Mulin, commissaire aux comptes et présidente de la CRCC de Toulouse. Crédit : Valentine Chapuis-ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Laure-Mulin-Les-entreprises-ne-peuvent-plus-deroger-a-leur,36556