Municipales. La bataille du Capitole est lancée, Toulouse peut-elle basculer ?

article diffusé le 8 janvier 2026

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À Toulouse, la gauche unie, hors LFI, rassemblée autour du socialiste François Briançon, espère détrôner Jean-Luc Moudenc lors des municipales de mars prochain. Dans la course au Capitole, le maire sortant divers droite, candidat à sa réélection, affrontera aussi notamment l’insoumis François Piquemal, qui fait cavalier seul, et l’eurodéputé RN Julien Leonardelli.

À Paris comme à Toulouse, la gauche, hors La France insoumise, a choisi l’union pour les municipales de mars 2026. Dans la capitale pour conserver la mairie, dans la Ville rose pour la ravir au sortant Jean-Luc Moudenc (DVD), qui brigue un troisième mandat consécutif.

Difficile à obtenir dans les dernières largeurs, l’alliance autour du socialiste François Briançon a été officialisée le 3 décembre dernier et rassemble, autour du PS, sous le nom "Vivre mieux à Toulouse", Archipel citoyen, Génération.s, les Écologistes, Le Mouvement républicain et citoyen, le Parti communiste français, le Parti radical de gauche, Place publique et Nouvelle donne. L’accord signé entre ces neuf formations, avec pour grands thèmes « la justice sociale et l’écologie populaire », prévoit, en cas de victoire, la candidature de l’écologiste Régis Godec à la Métropole, ancien adjoint, comme François Briançon, de l’ex-maire socialiste de Toulouse, Pierre Cohen, entre 2008 et 2014.

Face à Jean-Luc Moudenc, qu’elle dit « à court de propositions », cette coalition de la « gauche unie » se pose comme la « seule alternative crédible » pour « une ville et une métropole plus juste, plus respirable et plus solidaire ». Elle a été rejointe ce jeudi 7 janvier par l’ancien chanteur de Zebda et écrivain Magyd Cherfi. En position éligible, l’auteur de Ma Part de Gaulois espère « gagner et garder la mairie pour faire de Toulouse une capitale, connue parce que de gauche ». Sans cacher son « affection pour la gauche radicale », il dit se sentir « plus proche de la gauche plurielle » en raison d’une certaine « passion de la nuance ». Tout en rêvant d’une « union la plus large possible », Magyd Cherfi se montre assez pessimiste sur la possibilité d’un rapprochement entre les deux tours avec l’Insoumis François Piquemal.

François Piquemal à part

L’ancien porte-parole de l’association Droit au Logement, député de la 4e circonscription de Haute-Garonne, conduit en effet sa propre liste "Demain Toulouse" soutenue par le NPA, le collectif citoyen Tous pour Toulouse et l’Assemblée des quartiers. François Piquemal n’a pas attendu la visite annoncée de Jean-Luc Mélenchon et de l’ancienne maire de Barcelone, Ada Colau, le 22 janvier, pour détailler ses premières mesures. Candidat « du pouvoir d’achat » et de « la justice sociale et écologique », il promet l’encadrement des loyers, les transports gratuits pour les moins de 26 ans, la gratuité progressive de la cantine pour les familles modestes et de quoi faire économiser jusqu’à 800 euros par an sur les dépenses des Toulousains.

Menacé sur plusieurs fronts, le maire sortant Jean-Luc Moudenc, à la tête de la liste "Protégeons l’avenir", a posé comme premier enjeu du scrutin celui de « préserver Toulouse du chaos politique » en lui évitant « le danger de l’extrême gauche ». Tout en défendant son bilan, l’élu divers droite parle sécurité – il envisage d’installer une caméra dans chaque rue de la ville – , stabilité fiscale sur la taxe foncière et la cotisation foncière des entreprises et met en avant une « gestion baudisienne rigoureuse ». Parmi ses projets « finançables » face aux « promesses à gogo » et « la folie fiscale » de ses adversaires, l’extension de la ligne Téléo vers le quartier Malepère.

Le RN « en touriste » ?

À peine commencée, la campagne a pris des airs d’entre-deux-tours. Dans un tract diffusé mi-décembre dans les boîtes aux lettres, Jean-Luc Moudenc a mis dans le même sac de « l’Opposition » les candidatures de François Briançon et François Piquemal et ciblé trois mesures en faveur du RER toulousain ou d’une tarification sociale des transports en commun susceptibles de faire craindre, selon lui, un doublement des impôts. Le maire sortant, qui a réussi à rallier plusieurs personnalités dont le sportif Sofiane Oumiha et l’entrepreneur Michel Lacroix, n’oublie pas son troisième adversaire, Julien Leonardelli, dont la candidature pour le Rassemblement national a été officialisée le 14 décembre.

Sur les réseaux sociaux, il ironise sur le parachutage de l’eurodéputé RN, par ailleurs conseiller régional, qui habite et vote à Fronton et le présente comme « un touriste électoral ». Julien Leonardelli veut quant à lui incarner « le bon sens toulousain » et, sur la base d’un sondage de Cluster 17 réalisé en novembre qui le crédite de 10 % des voix au premier tour, porte l’espoir de « faire enfin entrer des élus au Capitole ».

Liste citoyenne pour un "Nouvel air"

Parti de son côté, Arthur Cottrel, pilote de ligne de 44 ans, portera quant à lui les couleurs de Reconquête. Le collectif citoyen "Nouvel air", soutenu par le parti Équinoxe, est aussi sur les rangs pour les municipales 2026. Pour ses membres, qui se disent « déçus » par la politique de la majorité sortante, Toulouse doit arrêter de grossir et donner la priorité à « l’amélioration du cadre de vie des Toulousains ». Ils proposent notamment de réhabiliter les bâtiments existants pour « stopper la bétonisation » de la ville et promettent 100.000 véhicules en moins sur les routes en réduisant les petits déplacements. Sans tête de liste pour le moment, le collectif est incarné par deux chefs de file, Domitille Allorant, ancienne infirmière du CHU de Toulouse devenue musicienne, et Lambert Meilhac, ingénieur aéronautique de formation, actuel secrétaire de l’association 2 Pieds 2 Roues et ancien président de la coopérative Citiz Occitanie.

Autre candidate déclarée, Vanessa Pedinotti a lancé sa campagne au nom de Révolution permanente le 18 novembre dernier devant près de 500 personnes réunies salle Barcelone. L’ingénieure R&D en hydrologie spatiale chez Magellium incarne la première candidature à Toulouse de cet ancien courant du NPA.
Johanna Decorse

Sur les photos : Face au maire sortant divers droite Jean-Luc Moudenc, la gauche, hors LFI, fait front autour du socialiste François Briançon et de l’écologiste Régis Godec. L’insoumis François Piquemal conduit sa propre liste "Demain Toulouse". Crédits : Rémy Gabalda-ToulÉco.

P.S. :

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Source : https://www.touleco.fr/Municipales-La-bataille-du-Capitole-est-lancee-Toulouse-peut,49925