Ostalada, la jeune pousse toulousaine qui veut démocratiser l’habitat participatif

À travers leur société toulousaine Ostalada, Cécile Alliot et Pauline Loiseau veulent populariser l’habitat participatif. En accompagnant des projets à taille humaine de moins de dix habitants, mais aussi en conseillant des projets de bailleurs sociaux de plus grande envergure.

Quand on va rencontrer les gérantes d’Ostalada, il faut d’abord se déchausser. La société de Cécile Alliot et Pauline Loiseau est hébergée dans une ludothèque située boulevard Déodat-de-Séverac, et il faut donc suivre les us et coutumes de ce lieu fréquenté majoritairement par de jeunes enfants. Lorsque on n’est plus dans ses petits souliers, la glace est plus vite brisée. La discussion est sans doute plus détendue. Néanmoins, la société de conseil en habitat participatif est aujourd’hui un peu à l’étroit dans son antre atypique.

Lancée début 2020, passée par l’incubateur de l’innovation sociale de Toulouse Métropole Première Brique, la jeune pousse fédère déjà de nombreuses initiatives. Elle développe, en ce moment, deux projets d’habitat collectif. L’un porté par un collectif de personnes âgées [1] et un autre, intergénérationnel. Ostalada conseille aussi des bailleurs sociaux pour « amener plus de participation des habitants » à leurs projets. C’est le cas par exemple du groupe des Chalets, pour vingt-cinq logements en accession à la propriété à Castanet-Tolosan, et de l’Amandier, filiale de Patrimoine SA Languedocienne, pour quatre-vingt logements inclusifs [2] à Toulouse, dans le quartier Jolimont.

Un modèle qui semble pertinent face à la transition écologique

Les deux fondatrices se sont rencontrées il y a une dizaine d’années en région parisienne, au sein de Bouygues Construction. Pauline Loiseau était chargée de projet dans la promotion immobilière et Cécile Alliot ingénieur dans le bâtiment, avant de devenir directrice de programme. À la fin des années 2010, elle se retrouvent par hasard à Toulouse et se rendent compte de leurs vues communes sur l’avenir de l’immobilier. « Nous voulions remettre l’habitant au cœur de son projet de logement. Les gens sont attachés au modèle pavillonnaire, car c’est le seul où ils ont l’impression de mettre les mains dans le cambouis. Mais, pour des raisons écologiques, on ne peut plus se permettre de promouvoir la maison individuelle et d’avoir un tel étalement urbain. J’avais vécu en habitat participatif en région parisienne, cela s’était très bien passé et je me suis dit que c’était là une solution intéressante à développer », explique Cécile Alliot.

Leur idée force est d’aider, en tant qu’assistante à la maîtrise d’ouvrage, des particuliers à se rassembler pour réaménager une maison ou créer un lieu d’habitat collectif (éco-hameau , yourtes, etc). Grâce à leur expertise, les deux associées d’Ostalada promettent une accélération aux initiatives qu’elle accompagnent. « Seuls, les habitants mettent en général cinq ans à concrétiser leur projet. Notre connaissance de l’ingénierie immobilière permet d’envisager de les réaliser en dix-huit mois », estime Cécile Alliot.

En plus d’être à l’origine de leur lieu de vie, les deux entrepreneures mettent en avant de nombreux avantages pour les habitants : « possibilité d’avoir un bout d’une maison de maître qu’on n’aurait pas pu s’acheter seul », « nombreuses économies, en particulier sur les coûts de l’énergie », « suppression des frais de syndic », etc. « L’habitat participatif existe depuis plus d’une centaine d’années, il a une image militante mais il existe différents degrés d’engagement. Cela peut aller d’un ou deux espaces en commun seulement, à un partage plus importants des lieux et des objets (outils, etc.). On veut ouvrir des possibilités », raconte Pauline Loiseau. Avec sa cofondatrice, elle veut atteindre les dix collaborateurs d’ici trois ans pour pouvoir mieux développer Ostalada dans le reste de l’Occitanie. Elles travaillent en chaussettes mais sont prêtes à chausser, bien vite, les bottes de sept lieues.
Matthias Hardoy

Sur la photo : Cécile Alliot et Pauline Loiseau, les deux fondatrices d’Ostalada. Crédit : Hélène Ressayres - ToulÉco.

Une jeune pousse soutenue
Ostalada a reçu 12.000 euros l’an passé du fonds d’investissement solidaire occitan IéS et a pu bénéficier par ailleurs de l’accompagnement de la Métropole toulousaine, par le biais de son parcours Adress, dédié aux entreprises de l’économie sociale et solidaire.

Notes

[1Un habitat participatif peut notamment faciliter le passage d’une aide à domicile.

[2Destinés en partie aux personnes âgées et aux personnes en situation de handicap.

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Source : https://www.touleco.fr/Ostalada-La-jeune-pousse-qui-veut-democratiser-l-habitat,35317