L’interview off de : Peter May

Installé dans le Lot depuis plusieurs années, l’auteur de romans noirs écossais Peter May a fait parler de lui dans le monde anglo-saxon pendant la crise sanitaire avec la sortie de son livre Lockdown (confinement). Il répond aux questions décalées de l’interview off.

Écrit il y a quinze ans, Lockdown, construit autour du confinement de Londres lors d’une grippe aviaire très contagieuse, n’avait pas été publié car jugé « irréaliste ». Conservé dans l’ordinateur de Peter May, ce polar a trouvé son public pendant la crise du Covid-19 en attendant une sortie en France en mars prochain. Son dernier roman, Rendez-vous à Gibraltar, est sorti en mai.

Comment avez-vous vécu le confinement ?
Ç’a été plutôt facile pour moi. Je travaille de la maison quoi qu’il en soit. J’ai pu profiter du jardin et de la piscine comme il a fait beau. Et puis j’ai été occupé avec la publication de Lockdown qui est devenu un phénomène mondial. J’ai pu faire des interviews, des live radio ou télé depuis mon studio à la maison. Le seul mauvais côté est que j’ai dû annuler mon voyage de recherche dans le cercle arctique et donc abandonner mon prochain livre. Je travaille donc sur quelque chose de complètement différent, qui se déroule dans mon coin de France…

Quelle est la première chose que vous faites le matin en vous levant ?
Je sors pour promener mon chien, environ trois-quarts d’heure. J’ai besoin de marcher parce que je passe mes journées devant un ordinateur à écrire. Comme j’ai décidé de diminuer mes voyages promotionnels, trop fatigants, j’ai pu prendre un chien à la SPA de Carcassonne l’an dernier.

Que prendriez-vous avec vous sur une île déserte ?
Ma femme et mon chien. Sinon, comme objet, une guitare probablement. Quel autre métier auriez-vous aimé faire ? Musicien professionnel. Quand j’étais adolescent, je jouais dans un groupe. J’ai un studio ici et nous allons écrire et enregistrer avec mon ami Stephen Penn cet hiver. [En 2014, les deux hommes ont sorti l’album Runaway sur leur label Sticky Plastic Records.] Je n’ai pas réussi à faire carrière parce que je n’étais pas assez bon. Il faut toujours être conscient de ses limites et faire ce pourquoi vous êtes bon. Et je suis meilleur écrivain que musicien… Mais j’aime toujours la musique.

Qu’y a-t-il de gauche en vous ?
Je suis très content de payer mes impôts. Je n’essaye pas d’éviter ça parce que je pense que je suis suffisamment chanceux. J’ai eu du succès et gagné pas mal d’argent et je crois que lorsque c’est le cas, vous devez payer vos impôts. Je donne également de l’argent à des oeuvres caritatives. Si vous êtes à l’aise financièrement, vous avez la responsabilité de rendre cela à la communauté. Je préfère également dépenser de l’argent plutôt que de l’épargner, parce que cela aide des gens qui travaillent. Cela injecte de l’argent dans l’économie.

Qu’y a-t-il de droite en vous ?
Rien. Quand j’étais enfant, mon père était socialiste. Il était enseignant et nous avions des conversations au dîner autour de la politique. Nous vivions dans une circonscription très à droite.

Croyez-vous en Dieu ?
C’est une question difficile. Probablement pas mais je vis depuis suffisamment longtemps pour savoir qu’il y a des choses que je ne comprendrais jamais. Quand on vieillit, Dieu est une explication pratique pour toutes ces choses. Je ne l’accepte pas totalement mais je ne suis pas prêt à l’écarter.

La dernière fois que vous avez ri aux larmes ?
Ma femme et moi nous faisons rire, donc nous rions tout le temps. Et une des raisons pour lesquelles j’aime mon chien est qu’il nous fait sourire chaque jour. C’est un vrai personnage qui vous fait rire. Je ne peux pas me rappeler une occasion précise mais je vis dans une maison où nous rions beaucoup. C’est important.

Vous souhaitez lire davantage. Avez-vous un modèle ou des auteurs qui vous ont inspiré ?

Des auteurs comme Hemingway, Graham Greene, John Steinbeck ou encore JP Donleavy m’ont beaucoup inspiré quand j’avais 20 ans et ont influencé mon écriture et mes sujets d’écriture. Il y a aujourd’hui beaucoup de bons auteurs.

Quelle est la dernière chose que vous faites avant de vous coucher ?
Je demande à Siri le temps du lendemain. J’imagine que les Écossais veulent toujours savoir le temps qu’il fera le jour d’après car il est généralement mauvais. Et puis j’aime savoir s’il va pleuvoir quand je vais sortir promener mon chien.
Propos recueillis par Paul Périé

Crédits photo : Valentine Chapuis - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Peter-May,29631