Sport : quel business à l’heure du Covid ? épisode 3/3

Dernier volet de notre dossier spécial consacré à l’impact du Covid dans le monde du sport régional. Chacun à leur manière, les clubs professionnels toulousains s’adaptent pour traverser cette période et solidifier leur modèle économique.

(suite de l’article diffusé le mardi 20 juillet).
Malgré l’impact de la crise sur le secteur aéronautique et les difficultés économiques traversées par de nombreuses entreprises, tous trois se félicitent par ailleurs de la grande fidélité de leurs partenaires. Du côté du TFC, où cet aspect représente 12 % du budget, Damien Comolli assure ainsi que « toutes les loges premium ont été vendues pour la saison prochaine. Cela prouve qu’il y a une attente forte, que nous sommes attractifs et que les gens croient au projet.  »

Un projet dans lequel le Toulouse Football Club cherche en priorité à renouer avec son environnement et sa communauté, conscient qu’il est difficile de trouver de nouvelles sources de revenus au-delà des droits télé, du sponsoring, de la billetterie et du merchandising. Le choix d’Olivier Jaubert comme directeur général montre cependant la volonté du club de structurer sa stratégie commerciale. Ancien directeur du marketing sportif chez Nike notamment, passé par la Juventus Turin, le PSG et la Ligue de football professionnelle, il possède une expérience utile pour le TFC. « Il a constitué une équipe performante et innovante pour réfléchir à la transformation du club tout en gardant à l’esprit l’ancrage local », précise le président.

Vers de nouveaux modes de commercialisation

Imaginer des solutions, s’adapter, préparer l’avenir, c’est le lot de tout chef d’entreprise. Et les clubs sportifs n’y échappent pas. « Je suis propriétaire d’un club que j’ai structuré. Cela permet de la réactivité », analyse Philippe Dallard, qui craint les deux saisons à venir. Avec un budget de 3,5 millions d’euros pour trente-cinq salariés, le Fenix est loin des deux clubs phares de la ville mais il veut jouer son rôle. « Je ne crois pas au monde d’après. Mais il faudra trouver un nouveau mode de commercialisation des produits. Il faut que tous les acteurs prennent conscience du poids sociétal, économique du sport. » Par ailleurs président du groupe Dallard Citroën, il assure travailler à la création d’un club économique et rappelle que le Fenix a lancé fin 2019 un fonds dotation visant à travailler la RSE, l’inclusion, le sport pour tous…

Cette vision est partagée par Didier Lacroix, qui réfléchit à diverses solutions pour être moins dépendant de l’économie des matchs. « Avec la crise, les entreprises ne vont pas forcément investir dans des hospitalités les jours de match. Mais des partenariats peuvent se nouer autour de la RSE. » Si les débouchés économiques ne sont pas forcément évidents, il croit également beaucoup au rôle que peut jouer le Stade Toulousain en matière de santé, la pratique du sport s’inscrivant à la fois en prévention et en curatif. Enfin, à travers le projet de Cité du rugby, qui devrait voir le jour en 2026, le président du Stade Toulousain cherche à développer un axe tourisme et expérientiel.
Paul Périé

Sur la photo : le stade Toulousain a dû rapidement gérer les règles de distanciation. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Sport-quel-business-a-l-heure-du-Covid-episode-3-3,31770