Toulouse. Comment SEF se taille une place de choix sur le marché des électroaimants

Le fabricant d’électroaimants, racheté en 2020 par Éric Fanio, gagne en notoriété européenne sur son segment de niche. SEF diversifie sa clientèle historique, les centres de recherche à synchrotrons, pour se tourner vers le secteur médical et la fabrication des semi-conducteurs.

Ils ne sont que deux en France et sept en Europe à produire des électroaimants. SEF, à Labège, fait partie de ces fabricants qui occupent ce marché de niche. Après quarante années d’existence, la société a été reprise en 2020 par Éric Fanio, ancien responsable Supply chain d’Airbus. Sous son impulsion, elle devrait passer de TPE, au mode de fonctionnement encore artisanal, à véritable PME industrielle.

« De quatorze salariés au moment du rachat, nous avons augmenté les effectifs à vingt-trois collaborateurs, dont un docteur en physique au bureau d’études et deux ingénieurs mécaniciens. L’outil de travail s’est aussi enrichi d’un banc de mesure magnétique et d’un tour à commande numérique, représentant près de 250.000 euros d’investissement », indique Éric Fanio. Il veut assurer à SEF la capacité à monter en cadence, nécessaire à l’ouverture en cours à de nouveaux marchés.

Croissance sur de nouveaux marchés

Historiquement, les électroaimants de SEF étaient destinés au marché des accélérateurs de particules scientifiques ou synchrotrons, utilisés pour la recherche. Ce segment représente encore 80 % du chiffre d’affaires de l’entreprise de 1,2 million d’euros en 2021. Le portefeuille clients comprend le Cern en Suisse, le CEA, le laboratoire Soleil ou encore Thales pour sa partie R&D. Éric Fanio travaille à une extension européenne de cette clientèle. Il a d’ores et déjà conclu en Allemagne, avec le centre de recherche en physique des particules Desy ou le laboratoire HZB de Berlin, et en Italie, avec le synchrotron Elettra de Trieste.

SEF cherche par ailleurs à diversifier ses marchés pour lisser son activité, la recherche ayant été à l’arrêt pendant toute la période Covid. « Nous développons actuellement le secteur médical, qui utilise des électroaimants dans ses appareils de lutte contre le cancer, en protonthérapie et en radiothérapie. Nous avons déjà signé un premier contrat avec le leader mondial de la protonthérapie en Belgique, le groupe Iba », explique Éric Fanio. D’autres débouchés, en particulier dans les machines à implantation ionique utilisées dans la fabrication de semi-conducteurs, sont à l’étude.

Structuration du développement

« SEF est de plus en plus reconnu pour son savoir-faire. Les appels d’offres nous arrivent. Et le retrait des Russes du marché, qui étaient jusque-là de grands fournisseurs d’électroaimants, représente une opportunité pour nous », souligne Éric Fanio. Le chantier prioritaire de l’entrepreneur reste donc la gestion de cette croissance, sans sacrifier la rentabilité, aujourd’hui mise à mal par les investissements récents et la multiplication par quatre de la facture énergétique. « Pour cela, nous venons de recruter un contrôleur de gestion pour mieux structurer nos coûts. Il sera aussi chargé de trouver des sources de financement », indique le chef d’entreprise. Car l’objectif de SEF serait, d’ici à deux années, d’emménager dans un atelier à la surface plus que doublée de l’ordre de 3500 m2, et d’atteindre 4 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Éric Fanio, PDG de SEF et ancien responsable d’Airbus, mûrissait un projet entrepreneurial de reprise depuis de nombreuses années. Crédit : Valentine Chapuis-ToulÉco.

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