Toulouse. La société Kippit, en difficulté, part en quête d’investisseurs

Confrontée à des difficultés financières, l’entreprise toulousaine Kippit, spécialisée dans l’électroménager durable et réparable, a été placée en redressement judiciaire. Ses fondateurs, qui ont jusqu’à fin juin pour présenter leur plan de continuation, sont à la recherche d’investisseurs.

Une bouilloire durable, 100 % réparable, made in France, qui fait aussi cuit-vapeur, bain-marie, cuisson pour les pâtes et théière. L’argumentaire du premier produit électroménager conçu par Kippit a déjà convaincu quelque 2000 clients. Seuls les retards liés à l’industrialisation de cet article multifonctions ont freiné l’entreprise toulousaine dans son élan. Ses difficultés financières l’ont contrainte à demander son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Toulouse. Le 12 mai dernier, la juridiction a ouvert une période d’observation de six mois et demandé à Kippit de lui fournir un plan de continuation d’ici à la fin du mois de juin. Pour la société toulousaine, qui négocie actuellement avec ses fournisseurs pour étaler sa dette, il s’agit « de se donner du temps jusqu’au début des livraisons ».

« Nous aurions dû commencer à livrer les bouilloires fin 2021 mais des retards successifs dans la fabrication de la verseuse en inox nous ont placés dans une situation financière critique. Depuis 2020, nous avons dû investir beaucoup dans des pièces détachées, composants électroniques et matières plastiques. Et, à la suite de l’appel à projets Perfecto de l’Ademe que nous avons gagné, nous avons aussi dû lancer en 2021 les études pour notre grille-pain multifonctions, ce qui a encore mis notre trésorerie sous pression », explique Jacques Ravinet, confondateur de Kippit, avec Kareen Maya-Lévy.

Premières livraisons fin juin

arton34554.jpg

Les deux associés sont actuellement en quête d’investisseurs, notamment industriels, susceptibles de les accompagner. Ils espèrent pouvoir lever entre 400.000 et 700.000 euros pour redresser leur trésorerie, fabriquer et livrer d’ici fin octobre les 2000 premiers exemplaires de façon à honorer 6000 commandes au total d’ici à la fin de l’année. La reprise, fin 2021, de leur sous-traitant isérois Dep Industries, chargé de transformer l’inox en verseuses, par le groupe EDM, spécialisé dans la transformation de métal à plat, va en effet permettre à Kippit de rattraper son retard et d’accélérer l’industrialisation. Les premières centaines de bouilloires pourront être livrées d’ici la fin du mois.

« EDM va remettre à plat le process afin que les prochaines séries soient fabriquées de façon plus rapide et moins artisanale. Dès novembre, nous pourrons atteindre un rythme de 1500 unités par mois », explique Jacques Ravinet. Après la bouilloire Jaden, la société Kippit a le projet de lancer deux nouveaux produits, un grille-pain multifonctions, dont la commercialisation est prévue en 2023, et un lave-linge d’ici 2025. Les deux seront conçus pour être réparables à vie grâce à leurs plans disponibles en open-source et leurs évolutions rétro-compatibles. Pour la fabrication des machines à laver, la société envisage de construire une usine dédiée à Prat-Bonrepaux, en Ariège..
Johanna Decorse

Sur les photos : Jacques Ravinet, cofondateur de la société Kippit, spécialisée dans l’électroménager made in France, 100% réparable. // La bouillotte Jaren. - Crédit : Valentine Chapuis-ToulÉco.

Réagir à cet article

Source : https://www.touleco.fr/Toulouse-La-societe-Kippit-en-difficulte-part-en-quete-d,34554