Impression 3D. Un nouveau départ pour le Toulousain eMotion Tech

Pionnier de l’impression 3D en France, la société toulousaine eMotion Tech, créée en 2012, se consacre aujourd’hui aux machines pour l’industrie. Un changement radical d’activité qui porte ses fruits, alors qu’elle vient de commercialiser une nouvelle imprimante 3D.

Pour Franck Liguori, eMotion Tech est presque repartie en mode start-up. Depuis 2019, l’activité a radicalement évolué pour se concentrer quasi exclusivement sur l’industrie, et la réussite est au rendez-vous avec un chiffre d’affaires de 1 million d’euros en 2020. La diversification, déjà dans les tuyaux, a été accélérée par l’arrivée sur le marché des fabricants chinois qui ont cassé les prix.

À sa création en 2012, la société toulousaine proposait en effet un kit pédagogique et des imprimantes 3D à des prix abordables. Elle s’est imposée rapidement sur le marché des particuliers et dans le milieu éducatif. Au point de vendre « plusieurs milliers d’imprimantes par an » et d’équiper collèges et lycées, souligne le dirigeant, un des trois associés à la tête de l’entreprise.

Présent chez de nombreux grands groupes, comme Airbus, Liebherr, Thales ou encore LVMH, où ses imprimantes 3D fabriquent notamment le rembourrage des sacs à main Vuitton, eMotion Tech vise désormais les coeurs du tissu industriel français, à savoir les PME. Pour cela, elle lance une nouvelle machine, plus accessible. Alors que sa machine de fabrication additive Strateo 3D est vendu 14.000 euros, le fabricant toulousain a conçu « une version light, pour permettre à ces entreprises d’accéder à la qualité », assure Franck Liguori.

Un produit made in France

Entièrement développée et assemblée en interne, cette machine est composée de pièces fabriquées en France, voire en Occitanie. « C’est un choix important qui nous permet également de mieux gérer le suivi », précise celui qui est aussi directeur commercial. Et Franck Liguori en est convaincu, « il y a un vrai marché pour de la fabrication additive de petite série ». Parmi les pistes, eMotion Tech voit notamment du potentiel dans le milieu de l’éducation et assure avoir des opportunités auprès de l’armée.

« Cette nouvelle machine dispose de deux têtes indépendantes qui peuvent travailler en même temps. Cela permet de fabriquer deux fois plus de pièces en série ou des pièces symétriques, comme des semelles de chaussure par exemple. » Les premiers retours du salon de l’industrie, qui s’est tenu à Lyon du 6 au 9 septembre, sont « très positifs », se réjouit le dirigeant d’eMotion Tech, qui sera également présent au Siane,à Toulouse, les 19, 20 et 21 octobre prochains.

L’entreprise toulousaine prévoit les premières livraisons en décembre pour cette machine commercialisée depuis quelques jours à un prix de 7000 euros. « Pour les pré-commandes, nous faisons une offre à 6000 euros », précise Franck Liguori, qui ajoute que plusieurs recrutements sont en cours ou prévus pour compléter l’équipe de douze personnes. Cette année, le chiffre d’affaires devrait être compris entre 1,2 et 1,5 millions d’euros.
Paul Périé

Sur la photo : Le dirigeant Franck Liguori, suivi de quelques unes de ses créations fabriquées par ses imprimantes 3D. Crédit : Rémy Gabalda - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Un-nouveau-depart-reussi-pour-le-Toulousain-eMotion-Tech,32023