ToulÉco

Publié le dimanche 10 juin 2018 à 18h57min par Audrey Sommazi

Cédric Balty : « Avec le fablab de Thales Alenia Space, les salariés osent porter des idées »

Le constructeur de satellites s’est doté d’un premier fablab interne et a choisi le site toulousain pour l’implanter. Un second vient d’ouvrir ses portes à Rome. Le point avec Cédric Balty, directeur de l’innovation chez Thales Alenia Space.

Cédric Balty, comment est née l’idée d’un fablab au sein de l’entreprise ?
Thales Alenia Space a mis en place un cluster innovation qui a pour mission de stimuler l’innovation dans l’entreprise, d’accélérer et de développer des projets innovants. Ce processus d’accueil et d’accompagnement d’idées s’est réalisé en deux étapes. En premier lieu par la mise en place d’un Innovation center en 2016, pensé comme une salle inspirante dans laquelle sont organisées des séances de créativité. Les projets s’inscrivent sur les murs et via des post-its. Puis, dans un second temps, par la création d’un fablab. Ce lieu dédié aux « makers » stimule la créativité.

A qui s’adresse-t-il ?
À tous les salariés. Ils peuvent développer leur projet personnel ou professionnel. Mais une contrainte est imposée : ils doivent le partager et faire profiter de leur expérience. Dans un esprit collaboratif, le salarié signifie son idée sur un mur de projets.

Ce fablab est-il opérationnel ?
Oui, depuis juillet 2017 à Toulouse. Dans un ancien lieu de stockage rénové, une dizaine de machines (une imprimante 3D, une machine découpe laser, un simulateur de réalité virtuelle, un autre de réalité augmentée, etc. ) ont été installées. Certaines récupérées, d’autres achetées.

Pouvez-vous dresser un premier bilan, dix mois après son lancement ?
Il compte 350 salariés inscrits et une équipe de huit bénévoles managers. Tous les mois, dix employés rejoignent ce fablab. La dynamique est très forte. On constate que le bouche à oreille fonctionne. Les salariés osent porter des idées et démarrer des projets. Très vite, ils se sentent libres, sans notion de hiérarchie. D’ailleurs, nous sommes surpris par le nombre de projets personnels. Ils sont aussi nombreux que les professionnels. On en compte 200 en totalité. Clairement, les salariés augmentent leurs compétences sur les nouvelles technologies qui leurs ouvrent le champ des possibles.

Quels sont les bénéfices pour Thales Alenia Space ?

Ce fablab a déjà eu un impact opérationnel certain. Car on dénombre une vingtaine de réalisations professionnelles pragmatiques. Maquettées, certaines ont été intégrées dans des appels d’offre, d’autres ont aidé à l’obtention de financement recherche.

Ce fablab a-t-il vocation à s’ouvrir à l’extérieur ?
C’est une de mes volontés. C’est même la mission à terme, afin d’être en interaction avec l’écosystème extérieur. Il a déjà reçu la visite de clients institutionnels et d’opérateurs, comme le Cnes et l’Agence spatiale européenne. Un projet de nanosatellites a été lancé par les étudiants de l’école Cesi. Nous avons aussi œuvré à la conception du fablab sur le site de TAS à Rome. Par ailleurs, hors domaine du spatial, le fablab toulousain reçoit en juin la visite de vingt entreprises de l’association Fab&Co.
Propos recueillis par Audrey Sommazi

Sur la photo, Cédric Balty, directeur de l’innovation chez Thales Alenia Space. Crédits : TAS.

1 Commentaire

  • Le 11 juin à 09:53 , par Bernard Genot

    Je compatis avec les pauvres salariés des grosses entreprises coincés entre les messages subliminaux de la direction « laisser aller votre créativité » et le « surtout ne vous occupez pas de ce que fait le voisin concentrez vous sur votre coeur de métier on a un produit à sortir ».
    Les murs d’idées et les post it des brain storming ont depuis longtemps montré leur inefficacité pour réellement innover ( et pas des changement de longueur de cables ) . Tous les créateurs du monde entier le savent , la bonne idée jaillit quand elle en a envie, pas quand on lui demande de venir.
    Mais , au fait , ces « grandes entreprises » ont elles besoin de créatifs ? La réponse est non , car les geotrouvetout sont imanageables, perturbateurs , imprévisibles . Alors l’innovation on l’achete là ou elle se trouve .Pas de délai , d’incertitude , on peut toucher à la réalité du prototype .
    Je doute que la mise à disponibilité d’imprimante 3D à ses salariés va permettre à TAS de faire des sauts technologiques .
    Je loue neanmoins la volonté de la direction de s’occuper du mal etre de ses ingenieurs , s’ennuyant dans des réunions stériles , frustrés du peu de créativité demandée. Esperons que dans les fablabs ils pourront developper le nieme velo electrique ou la brosse à dent connectée dont il existe deja plus de 10 000 brevets , qu’aucun de ces salariés n’a consulté au préalable, faute de connaitre espacenet .
    Tous les avantages des « grosses boites » compensent quelques frustrations qu’on espere combler le week end ou à la retraite .
    Dommage que tous les jeunes ingenieurs fantasment sur ces sociétés dans lesquelless tres peu de ce qu’ils ont appris sera mis en oeuvre et délaissent les TPE moins généreuses en avantages .

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