Aéronautique. La filière aperçoit la fin de la crise en bout de piste

Les patrons des grandes entreprises confiants, des perspectives d’embauche qui se comptent par milliers : la filière aéronautique semble tourner le dos à la crise. Oui mais… 

Un début d’année qui commence sous de bons auspices pour la filière aéronautique, qui a connu un gros trou d’air en 2020. Lors des traditionnels vœux à la presse jeudi 6 janvier, Guillaume Faury, le président du Gifas, le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales qui rassemble 410 membres, s’est montré optimiste. Celui qui est par ailleurs patron d’Airbus a indiqué que 2022 serait une année « de conquête », où le secteur va « à nouveau embaucher, construire ». Guillaume Faury a même évoqué l’embauche de 10.000 à 15.000 personnes. « La filière repart durablement. Des grands programmes sont lancés dans tous les domaines. Les besoins sont absolument incroyables, comme au plus fort de la croissance de la décennie précédente. »

Des perspectives qui devraient ravir la sous-traitance en Occitanie. Interrogés au premier semestre 2021 par l’Insee, l’Institut national de la statistique et des études économiques, dans sa dernière enquête sur la filière publiée il y a quelques semaines, les chefs d’entreprise du Sud-Ouest (Occitanie et Nouvelle-Aquitaine) étaient confiants. Car ils observaient déjà un redécollage de l’activité au second semestre et anticipaient même une poursuite de cette embellie en recrutant.

Néanmoins, les entreprises de taille intermédiaires (ETI) et les petites et moyennes entreprises (PME) sont plus nuancées sur le retour de la croissance. 

Retour sur une année noire

En Occitanie, la filière a subi une crise sans précédent, avec une chute de 34 % de son chiffre d’affaires en 2020, soit une perte de 45 milliards d’euros. Les turbulences ont propagé leurs effets à toutes les activités de l’aéronautique : la métallurgie (usinage, chaudronnerie, métallerie…) a plongé de 23 % ; la fabrication de 29 %, la logistique de 34 % alors que l’ingénierie a plutôt résisté (-6 %), tout comme l’informatique (-13 %).

Pourtant, l’emploi salarié, hormis l’intérim, a été relativement épargné, accusant une baisse de 6 %. L’explication ? Les dispositifs de soutien déployés par l’État et la Région Occitanie ont permis d’amortir le choc. Car 84 % des entreprises du Sud-Ouest ont eu recours à l’activité partielle tandis que les délais de paiement des échéances sociales ou fiscales et les prêts garantis par l’État (PGE) ont été sollicités par une entreprise sur deux.

Entreprises sous-perfusion et endettées

Mais, la reprise aléatoire du transport aérien soumise à la propagation fulgurante du variant Omicron, la hausse des prix des matières premières, l’endettement d’un quart des entreprises, surtout des PME, et la pénurie de certains composants pèsent sur l’avenir immédiat des fournisseurs de rang 2 et 3. 

Reste également à trouver des compétences. « On a besoin de beaucoup de gens. Ce sont des opportunités pour un secteur qui est un secteur de long terme, très technologique, qui offre des postes à forte valeur ajoutée, avec un très, très grand potentiel de développement dans les carrières », promet Guillaume Faury.
Audrey Sommazi

Sur la photo : La chaîne d’assemblage d’ATR à Toulouse Blagnac. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco. 

P.S. :

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Source : https://www.touleco.fr/Aeronautique-La-filiere-pourrait-embaucher-jusqu-a-15-000,32919