Damien Comolli, : « Inscrire le TFC dans une amélioration constante »

Red Bird Capital possède désormais 85 % des parts du TFC. Nouveau président du club toulousain, Damien Comolli, qui évolue dans le milieu du football depuis près de trente ans, nous expose ses ambitions. Entre amélioration continue, passion, communauté et data, l’ancien manager général de Tottenham et directeur sportif de Liverpool sait où il veut aller.

Damien Comolli, en prenant la présidence du TFC aux côtés des nouveaux propriétaires américains Red Bird Capital, quelles sont vos ambitions ? Où voyez-vous le club d’ici trois ans ?
La première ambition est de remonter en Ligue 1 dès l’année prochaine et de progresser chaque année. Nous n’avons pas de football plan ou de plan stratégique à trois ans. L’idée, pour Red Bird comme pour moi, est de s’inscrire dans une amélioration constante. Je pense qu’il ne faut pas se fixer de limite et avoir cette culture des gains marginaux, cette obsession de l’amélioration de la performance, à tous les niveaux.

Pour vous qui êtes un fervent utilisateur de la data, cela passe aussi par là ?
Cela va nous aider à calculer la performance mais aussi à l’améliorer, oui.

Avec quel budget allez-vous attaquer la saison ?
Nous ne communiquons pas sur ce chiffre mais je peux simplement vous dire que nous aurons le plus gros budget de Ligue 2. Cela entraîne des responsabilités et je l’ai dit au coach et aux joueurs. La masse salariale sera largement supérieure à 12,5 millions d’euros, qui est la moyenne des clubs promus en Ligue 1 ces dernières années.

Vous avez affirmé votre volonté de développer encore plus la formation, alors que le TFC est classé 8e au niveau national. Y a-t-il une stratégie économique derrière cela ?
Le TFC est un club traditionnellement formateur. Il y a un travail formidable depuis des années mais on peut apporter une touche supplémentaire, des innovations. Et puis je suis convaincu que pour construire une culture, une identité forte, il faut s’appuyer sur la formation. Les jeunes formés au club ont une culture de la gagne et veulent tout donner pour défendre leurs couleurs. Il est toujours plus facile de partir d’un noyau dur pour créer une culture.

Comment intégrer les partenaires du TFC dans cette dynamique ?
À l’exception d’un partenaire qui souhaite arrêter pour des raisons financières, tout le monde nous suit malgré la situation économique. Certains anciens partenaires nous ont sollicités. La passion autour du club est forte. Nous avons un discours ambitieux qui donne envie à tous de revenir, partenaires comme supporters. Mais il faut entretenir la communauté. Nous souhaitons dynamiser le club des partenaires, les rencontrer tous les mois, améliorer les prestations en loge… Il y a une attente forte et une volonté forte du club d’y répondre.

Comment attirer les supporters, créer cette communauté ?
Ce qui fait le succès des clubs aux États-Unis, en Angleterre ou en Allemagne, c’est le travail qui est fait avec la communauté. Il existe un lien fort et les gens s’identifient. En Premier League, les stades sont pleins, mais les clubs ne prennent jamais ça comme une garantie. Ils cherchent à fidéliser, à développer la base constamment. Ça passe par des résultats, par une excellente communication pour faire comprendre à l’ensemble des supporters qu’ils font partie de l’identité du club.

Cela passe aussi par le spectacle proposé sur le terrain, le beau jeu…
Tout à fait. Mais quand je parle d’identité et de culture, le beau jeu en fait partie. On ne peut pas avoir d’identité sans jeu. Je suis né à 200 km d’ici (à Béziers, NDLR), je connais la mentalité des gens. Je comprends qu’ils veuillent des joueurs qui vont de l’avant, qui mouillent le maillot. Pour moi, le style de jeu est même plus important que le business model. Il doit être inscrit dans l’ADN du club, des petits jusque chez les pros.

Vous le placez vraiment devant le business model ?
Oui. Je suis toujours parti du principe qu’en Europe les grands clubs formateurs ont une tradition du jeu offensif. Je suis persuadé qu’il y a une corrélation forte entre un style de jeu offensif et la qualité de formation d’un joueur. L’Ajax, le Barça, Lyon en sont de merveilleux exemples.
Propos recueillis par Paul Périé
Crédits photo : Hélène Ressayres - ToulÉco

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