Flower Campings : « Nous devons aller chercher des néo-campeurs pour compenser la baisse d’activité »

L’hôtellerie de plein air à l’arrêt subit de plein fouet les effets du confinement. Entre inquiétude et adaptation, Florent Parnot, directeur de Flower Campings, premier réseau de campings franchisés en France et basé à Toulouse, analyse l’impact du coronavirus sur l’activité de ses adhérents et leurs perspectives. Entretien.

Florent Parnot, quel est l’impact de la crise sur le chiffre d’affaires des campings de la franchise ?
Les mois d’avril et de mai représentent en général 20% du chiffre d’affaires de l’année. Donc si les campings restent fermés jusqu’à fin mai, la baisse en 2020 sera au moins de 20%. À cela s’ajoute, ces dernières semaines, une réelle chute des réservations pour l’été. Ceci se traduit pour l’instant par une prévision de baisse de l’activité de 50% en juin et de 20% pour les mois de juillet et août. On note une grande disparité géographique dans l’impact de la pandémie, liée à des annulations d’événements touristiques. Par exemple en Vendée, le Puy du Fou ferme jusqu’à fin juillet et les campings de la région subissent en cascade les effets de cette fermeture. Enfin, il est clair que les étrangers, qui représentent 16% de notre clientèle, ne viendront pas. Charge à nous d’aller chercher des néo-campeurs français pour compenser.

Comment les attirer ? Et comment s’annonce la saison estivale dans ce contexte ?
Pour attirer ces néo-campeurs, nous avons mis en place des conditions préférentielles et nous souhaitons aussi les rassurer. Sur le volet santé, l’échelle de mesure d’un camping est un nombre de clients à l’hectare alors qu’à l’hôtel, l’ordre de grandeur est plutôt le nombre de personnes au mètre carré. L’hôtellerie de plein air ne comporte pas de couloirs, ascenseurs où les gens se croisent, ou une climatisation groupée. Pour le début de la saison estivale, comme nous sommes un commerce comme un autre, nous ne sommes pas sur liste rouge pour les réouvertures. Les campings pouvaient donc théoriquement reprendre l’accueil depuis le 11 mai, dans des conditions sanitaires drastiques bien sûr. Pour notre part, nous nous orientons vers une réouverture plutôt pour le pont de l’ascension (jeudi 21 mai 2020, NDLR ) en fonction des arrêtés préfectoraux. Et si l’ensemble de la France passe en vert d’ici l’été et que la restriction de la distance à moins de 100 km est levée, nous pourrons peut-être enregistrer une saison correcte.

Quelles sont les conditions spécifiques sanitaires mises en place ?
Nous travaillons avec notre fédération professionnelle, la FNHPA, à la rédaction d’actions sanitaires communes. Nous décomposons toute la chaîne d’activités dans un camping, l’accueil, la prise en charge d’un logement ou bungalow, la restauration, l’épicerie, la piscine, les toilettes, les douches etc,. Pour les bungalows, lodges, mobil-homes, un protocole de désinfection après chaque départ sera mis en œuvre. Nous réfléchissons à des toilettes réservées par famille par exemple. La restauration ne proposera que de la vente à emporter. Nous réagissons vite.

Quelles sont les conséquences de la crise en termes d’emplois et d’équilibre financier des structures ?
Le réseau Flower Campings emploie 400 personnes permanentes et 1500 saisonniers. En général, le recrutement de ces saisonniers se fait début avril pour une arrivée début juillet dans les campings. Aujourd’hui, ce processus est à l’arrêt. Et un fort appel retardé à ces saisonniers risque d’être problématique. Sinon, les schémas classiques de chômage partiel pour les permanents ou de PGE [1] ont été mis en place. Par contre, nous demandons, compte-tenu de la saisonnalité de notre activité, un report de douze mois, au lieu des six mois prévus, des crédits-baux, des baux commerciaux pour les campings municipaux en délégation de service public, ou des échéances de prêts. Nous attendons le décret de Bercy.
Propos recueillis par Isabelle Meijers

Sur la photo : Florent Parnot, directeur de la franchise Flower Campings. Crédits : Flower Campings

P.S. :

Flower Campings est le premier réseau de campings franchisés en France avec 134 campings, dont dix en propre. Basé à Balma près de Toulouse, il enregistre 72 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019.

Notes

[1Prêts garantis par l’Etat

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Source : https://www.touleco.fr/Flower-Camping-Nous-devons-aller-chercher-des-neo-campeurs-pour,28777