French Tech Toulouse : « La période du confinement a été ambivalente pour les start-up »

Un plan de soutien financier d’1,2 milliard d’euros pour aider les entreprises technologiques à traverser la crise a été annoncé par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire et le secrétaire d’État chargé du Numérique, Cédric O. Le directeur de la French Tech Toulouse Alexis Janicot réagit à ces annonces.

Alexis Janicot, comment les start-up toulousaines ont-elles traversé la période du confinement ?
La période a été très ambivalente pour les start-up. Nous avons réalisé une étude sur leur activité économique et l’évolution de leur chiffre d’affaires. 40% d’entre elles ont vu leur activité se dégrader, avec des pertes de l’ordre de 50% de leur chiffre d’affaires pour l’année. Un tiers ont vu leur activité demeurer stable et 20% ont connu une hyper-croissance, à l’image des plateformes de e-commerce.

Quelles sont celles qui ont du affronter davantage de difficultés ?
Ce sont celles avec une dimension produit qui ont le plus souffert. Pour les objets connectés par exemple, les composants sont fabriqués en Chine et dès le mois de janvier, elles ont rencontré des difficultés d’approvisionnement. Le confinement a également été un élément bloquant pour les installations sur place. Les entreprises en relation avec le domaine aérien ont aussi pâti de la période, comme les autres acteurs du secteur.

Quel regard portez-vous sur les annonces du Gouvernement concernant les start-up ?
Le Gouvernement a répondu directement aux enjeux de baisse de trésorerie des entreprises avec le Prêt garanti par l’État (PGE), dans des conditions particulièrement avantageuses pour les start-up. Ce dispositif a été un élément très positif pour éviter la casse, tout comme l’activité partielle qui a été mise en place très rapidement. Le fonds French Tech Bridge vient d’être ré-abondé (cette enveloppe atteint désormais un montant total de 160 millions d’euros, NDLR), afin d’encourager les investisseurs privés à continuer les investissements dans les start-up, ce qui est une très bonne chose également.

Quel est l’apport de ce dispositif ?
Dès le mois de février, les investisseurs ont pris peur et ont décalé leur prise de décision, ce qui a pu fragiliser les entreprises. Ce fonds permet de leur apporter de la trésorerie entre deux levées. L’État n’intervient pas seul, mais avec les investisseurs privés en assurant un effet levier, et les encourage ainsi à continuer à investir.

Pensez-vous que les investisseurs vont se faire plus frileux à l’avenir ?
Nous n’envisageons pas un retrait des investisseurs, fonds et business angels, mais certainement une réorientation vers les besoins qui ont émergé pendant la crise sanitaire : la santé, l’éducation, le e-commerce ou le spatial avec le projet d’implantation à Toulouse du Centre européen de prévisions météo.

Quelles sont vos réserves sur ces annonces ?
Je souhaiterais, de mon côté, que nous allions plus loin et plus vite dans l’identification des acteurs de l’innovation dans chacune des filières pour travailler main dans la main avec elles. Il ne faut pas cantonner les start-up au monde du digital et cesser de raisonner en silo . Pour construire « le monde d’après », j’aimerais que l’on inclut filière par filière des acteurs de l’innovation qui ont une vision stratégique pour l’avenir.
Propos recueillis par Agnès Frémiot

Sur la photo : Alexis Janicot, le directeur de la French Tech Toulouse. Crédits : Rémy Gabalda- ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/French-Tech-La-periode-du-confinement-a-ete-ambivalente-pour-les,29020