Futurapolis. Erwan Kezzar veut mettre le numérique au service du bien commun

L’entrepreneur, féru de technologies, interviendra à Futurapolis ce jeudi 25 novembre. Il discutera de l’étendue des possibilités qu’offre le numérique, ainsi que des dérives à prévenir. Car en se développant toujours plus, les technologies sont vectrices d’enjeux croissants.

Erwan Kezzar, entrepreneur informatique, s’estime aussi technophile que techno-critique. Son discours s’extirpe de la binarité du débat. « Je sais tout ce qu’on peut faire avec les nouvelles technologies. On peut réaliser de grandes choses, mais elles peuvent donner lieu à des dérives dangereuses », pointe-t-il.

Après avoir appris aux publics éloignés du numérique à coder pour les armer professionnellement, il enseigne désormais le no-code, depuis que celui-ci a développé ses possibilités. Cela consiste à programmer des logiciels sans écrire une seule ligne de code informatique. « Il s’agit toujours de programmation, mais visuelle. Le no-code conserve les mêmes logique et bases de données que le code », explique Erwan Kezzar.

Rappelant que le web était restreint aux experts dans les années 1970 et que la démocratisation du Personal Computer (PC) s’est opéré grâce à des interfaces plus graphiques et intuitives pour naviguer, il souligne que les experts n’ont pas disparu pour autant. Pour Erwan Kezzar, cela prouve « (que l’on) aura toujours besoin de codeurs, même quand chacun pourra élaborer l’essentiel de ce qu’il veut mettre en place seul ». Son action se synthétise dans No-code for Good, l’association qu’il a cofondé et dont l’objectif est d’identifier des projets solidaires existants pour les numériser en no-code et autonomiser les acteurs.

L’évolution des technologies font croître les enjeux

Car, à ses yeux, l’enjeu n’en finit plus de s’amplifier. Plus ces outils se popularisent, plus la population s’interroge sur les logiques d’internet : l’utilisation des données, le modèle économique des Gafam... Jusqu’à présent, les internautes avaient selon lui tendance à assimiler internet au tout gratuit et au tout virtuel, « mais derrière les écrans, tout est bien réel et rien n’est gratuit ». Ainsi, l’enjeu ne consiste pas uniquement à apprendre aux enfants à coder mais à leur faire comprendre pourquoi et à les mettre en garde contre les dérives.

En apprenant à utiliser le no-code et à le mettre au service d’initiatives solidaires, l’entrepreneur estime que cela peut donner une résonance plus significative au numérique. Pendant le premier confinement, Erwan Kezzar a ainsi aidé l’association Banlieues Santé à monter son application mobile en no-code, en une journée, pour distribuer des repas dans les quartiers populaires. Et il en est convaincu : le numérique, mis dans les mains du plus grand nombre, permet de réaliser des choses incroyables. Comme disait Confucius, « quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson ».
Mathieu Michel

Sur la photo : Erwan Kezzar. Crédit : Erwan Kezzar.

Conférence « Avec le numérique, il y a plus de moyens d’agir que jamais », jeudi 25 novembre à 18h45, au Quai des Savoirs pour Futurapolis

La 10e édition de Futurapolis se tiendra à Toulouse les 25, 26 et 27 novembre 2021

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Source : https://www.touleco.fr/Futurapolis-Erwan-Kezzar-veut-mettre-le-numerique-au-service-du,32604