Haute-Garonne. Revenu de base et LGV au cœur de la rentrée de Georges Méric

Le président du Département de Haute-Garonne Georges Méric a fait, aux côtés de sa majorité, sa rentrée politique. Face à la presse, il a été notamment question de l’expérimentation du revenu de base pour les plus jeunes, de la LGV Toulouse-Bordeaux et de la politique de l’eau.

Comme souvent, Georges Méric démarre son discours par une description sombre du temps présent : « Nous vivons un contexte complexe traversé par de multiples crises (sociale, environnementale, politique, pandémique). Le nœud commun, c’est la peur. » Le président du Conseil départemental de Haute-Garonne, qui fustige la place prise dans la société par « les fondamentalistes et les populistes », présente son action comme une réponse à cet « état des lieux difficile ».

Une annonce a suscité un vif intérêt, c’est celle du lancement officiel, l’an prochain, de l’expérimentation du revenu de base pour les jeunes de 18 à 24 ans. 1000 jeunes tirés au sort parmi un panel représentatif des haut-garonnais de cette tranche d’âge recevront à partir de mars 2022 « un revenu d’existence » pouvant aller jusqu’à 500 euros pour les aider dans leurs dépenses du quotidien (logement, nourriture, sorties culturelles). Le dispositif sera réalisé en lien avec l’université Toulouse Jean-Jaurès et l’institut de politiques publiques.

Au bout de dix-huit mois, un premier bilan de l’expérience sera tiré. L’opération, d’un coût estimé de 9 millions d’euros, est entièrement financée par le Département. L’aide financière sera toutefois conditionnée pour ceux qui ne travaillent pas ou n’étudient pas à « un engagement citoyen » dans une association. Les conditions exactes de cette contrepartie sont encore en cours d’élaboration. Arnaud Simon, vice-président chargé de l’action sociale qui porte le projet, répond à « l’accusation d’assistanat » qui pourrait venir de la droite : « La prix Nobel d’Économie Esther Duflot montre dans ses travaux que la mise en place de telles aides ne pousse pas les individus à ne pas chercher d’emploi. »

LGV et gestion de l’eau, sujets centraux

L’autre gros dossier évoqué est la LGV Toulouse-Bordeaux. Lundi 27 septembre, le Conseil d’État a rejeté la demande d’annulation de déclaration d’utilité publique (DUP) du projet que réclamait une association d’opposants, laissant la voie libre au train à grande vitesse entre Occitanie et Nouvelle-Aquitaine. S’il est favorable à l’arrivée de la ligne à grande vitesse dans la Ville rose, George Méric regrette de ne pas avoir été consulté par la Région et la Métropole pour établir le plan de financement qui prévoit que « la Région finance 41% , le Département 25% et la Métropole 20%. Nous nous retrouvons deuxième financeur alors que Toulouse Métropole a davantage de bénéfices à réaliser que nous avec cette LGV », déplore le président.

Le Conseil départemental enverra « une lettre d’intention » en octobre au préfet avec « un avis favorable » en posant « plusieurs questions non réglées » selon la collectivité (sur le calendrier des réalisations et des levées de fonds, savoir qui conduit l’opération, si les péages des trains vont aider au financement, etc. ). La Haute-Garonne milite pour « la création d’une société de financement ad hoc » et pour « faire partie du comité de direction de celle-ci ». La majorité départementale promet, une fois les zones d’ombres dissipées, d’adopter « d’ici fin novembre » le plan de financement du projet.

Parmi les nombreux autres sujets évoqués, la suppression du passage à niveau 196 d’Escalquens « jugé dangereux » et son remplacement « par un pont routier et la création d’une voie nouvelle entre la RD79 et la R16 ». Cette opération coûtera 10 millions d’euros au total et la Haute-Garonne en prendra en charge 15%. Le Département s’empare aussi de la gestion des ressources en eau. Le Conseil départemental promet d’engager 32 actions en la matière, validées lors du précédent mandat par le projet de territoire Garon’Amont. On peut citer dans les initiatives, l’infiltration d’eau dans les nappes phréatiques à partir du canal de Saint-Martory qui démarre cet automne ou un projet pour utiliser de façon plus efficiente les retenues hydroélectriques. Au côté du département, EDF et l’Agence Adour Garonne mouilleront aussi le maillot sur le dossier.
Matthias Hardoy

Sur la photo : Le président du Conseil départemental de Haute-Garonne Georges Méric lors d’un déplacement à Saint-Béat en 2020. Crédits : CD31 - DR // Georges Méric entouré de sa majorité lors de la conférence de presse de cette rentrée 2021. Crédit : M.H.

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Source : https://www.touleco.fr/Haute-Garonne-Revenu-de-base-et-LGV-au-coeur-de-la-rentree-de,32137