Immobilier : Egregore imagine l’habitat partagé pour les séniors

Un habitat groupé, partagé, autogéré et reproductible pour les plus de 65 ans. C’est le concept que propose l’association toulousaine Egregore. Un groupe d’habitants est en cours de constitution pour un premier projet dans l’agglomération toulousaine.

Pour vivre vieux et heureux, vivons groupés ! Ce pourrait être le slogan d’Egregore, association toulousaine cofondée par Roland Bugat, professeur émérite d’oncologie toulousain, ancien président de la fondation Toulouse Cancer Santé, et Marie Clérivet, ancienne directrice d’un service polyvalent d’aide et de soins à domicile. « De par nos professions, nous avons, l’un et l’autre, côtoyé de près la fin de vie et la maladie et nous savons ce qu’il faut faire pour vivre vieux et en bonne santé », annonce Marie Clérivet. « Nous voulons éviter l’Ehpad et nous animer nous-mêmes ! »

Fort de ce constat, face à une espérance de vie qui s’allonge (un tiers des Français aura plus de 60 ans en 2030, NDLR), et une prise en compte des pouvoirs publics qu’ils jugent insuffisante, les deux jeunes retraités ont imaginé ce concept d’habitat partagé, ouvert aux plus de 65 ans.

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Le principe ? « Il s’agit de logements basés sur la pleine propriété et en gestion directe pour réduire les frais d’exploitation », décrit Roland Bugat, président d’Egregore. Les habitants adhérents de l’association font l’acquisition d’un bien dans le cadre d’une SCI (société civile immobilière) et celui-ci devient ensuite transmissible aux héritiers à certaines conditions stipulées dans un pacte d’associé. » Par exemple, pas question de revendre à un bailleur, il faudra que les nouveaux acheteurs habitent le logement en résidence principale, afin de perpétuer le projet d’habitat partagé. « Si d’aventure un logement avait du mal à se revendre, le pacte d’associés se porterait acquéreur, cela fait partie de notre plan d’investissement », précise-t-il.

Ticket d’entrée autour de 270 000 euros

Pour rompre l’isolement, le principe de cet habitat partagé s’appuiera sur de nombreux services. « Alimentation, lien social et activité physique adaptée seront au cœur de notre projet », indique Marie Clérivet. « Pour cela, un régisseur sera présent H24 et même sur place, en charge du ménage des parties communes et des appartements de ceux qui le souhaitent. Un cuisinier viendra le dimanche faire un bon repas, un coach sportif sera présent deux fois par semaine, ainsi qu’une socio-esthéticienne et même une psychologue deux fois par mois pour animer un groupe de paroles, et faciliter la communication au sein de la communauté. »

Côté espace à vivre, les fondateurs d’Egregore imaginent une grande bâtisse à rénover autour de 1000 m2 de surface habitable et réaménagée en logements de 60 m2 pour les personnes seules et de 90 m2 pour les couples. À cela s’ajouteront bien sûr des espaces partagés (salle à manger commune, bibliothèque, salle de sport, une autre pour voir des films…). Ticket d’entrée pour faire partie du projet ? « Il faut que chacun ait une enveloppe financière de 270.000 euros, puis nous tablons sur 700 euros de charges mensuelles partagées. »

Pour leur premier projet dans l’agglomération toulousaine, qu’ils imaginent dans un rayon de 20 km autour de la ville, proche de toutes commodités, les fondateurs d’Egregore sont accompagnés par la structure de conseil en habitat participatif Ostalada. « Nous comptons déjà une dizaine de personnes intéressées mais nous tablons sur douze à quatorze participants pour que le projet soit viable. »
Béatrice Girard

Sur la photo : Roland Bugat, président d’Egregore, Marie Clérivet, Anne-Marie Faucon et Michel Malacarnet, qui sont à l’initiative du projet. Crédit : Rémy Gabalda-ToulÉco.

P.S. :

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