Législatives 2022. Qui sont les nouveaux députés d’Occitanie ?

Le premier tour avait marqué le ton... Le deuxième n’aura pas déçu. La carte des députés a connu des évolutions majeures en Occitanie et témoigne d’un territoire politique très contrasté entre Est et Ouest.

En Occitanie, comme dans le reste du pays, les Français se réveillent avec une carte parlementaire totalement rebattue. Si la Nupes remporte un certain nombre de circonscriptions dans la région, notamment à Toulouse et dans les territoires urbains, le RN réussit une vraie percée côté ex-Languedoc-Roussillon, dans l’Hérault, l’Aude, le Gard et les Pyrénées-Orientales. Le parti de Marine Le Pen remporte ainsi 13 à 14 des 22 circonscriptions dans ces départements. Un vrai record.

En Ariège, victoires à gauche sans surprise
Dans la première circonscription, Bénédicte Taurine de La France Insoumise - Nupes conserve son siège de député avec 55,31 % (contre 44,69 % pour Anne-Sophie Tribout, de la majorité présidentielle).
Dans la deuxième circonscription, Laurent Panifous, divers gauche et soutenu localement par le PS, est élu député avec 56,71 %, face au députant sortant, Michel Larive, de LFI-Nupes.

Dans l’Aude, le RN réussit le triplé
Dans ce département, les scrutins se suivent et ne se ressemblent pas. Avant 2017, les trois députés sortants étaient socialistes. Après 2017, ils étaient trois députés de la majorité présidentielle. Désormais, les trois fauteuils ont été pris par le Rassemblement national.
Ainsi, dans la première circonscription, Christophe Barthès s’impose largement avec 53,56 % des voix contre Sophie Courrière-Calmon (Nupes), qui a rassemblé 46,44 % des votes.
Dans la deuxième, Frédéric Falcon gagne le fauteuil avec 52,53 % face au député sortant Alain Perea (Renaissance-Ensemble), à 47,47 %.
Enfin, dans la troisième, où le match était serré, Julien Rancoule, obtient sa place à l’Assemblée nationale face à Johanna Adda-Netter (LFI-Nupes), à 46,68 %.

Dans l’Aveyron, la Nupes prend une circonscription
Dans la première circonscription, le député sortant Stéphane Mazars (LREM - Ensemble) garde son fauteuil facilement (63,83 %) face à Léon Thébault (Nupes), qui n’obtient que 36,17 % des suffrages.
Dans la deuxième, en revanche, c’est bien Laurent Alexandre, de la Nupes (50,99 %) qui l’emporte dans une bataille serrée avec Samuel Deguara, pour Ensemble (49,01 %).
Enfin, dans la troisième, Jean-François Rousset (Renaissance-Ensemble) sort vainqueur avec 53,71 % face à la Nupes et Michel Rhin (46,29%).

Dans le Gard, le RN confirme dans quatre circonscriptions
Dans les six circonscriptions du Gard, les résultats du deuxième tour confirment les positions du scrutin de la semaine dernière. Conséquence, quatre fauteuils sont remportés par le RN, qui devient la première force législative de ce département. Dans le détail :
Dans la première, Yoann Gillet, du RN, rafle le fauteuil à la députée sortante Françoise Dumas, (LREM-Ensemble), à 52,01 % contre 47,99 %. Il y a cinq ans, les scores étaient quasi-inversés.
Dans la deuxième, Nicolas Meizonnet, pour le RN, est réélu sans être inquiété par Yvan Lachaud (Horizons - Ensemble) avec un score sans appel : 56,65 % contre 43,35 %.
Dans la troisième, Pascal Bordes (RN) bat le député sortant Anthony Cellier (Ensemble) avec 51,32 % contre 48,68 % des voix.
Dans la quatrième, Pierre Meurin, toujours pour le RN, gagne son duel face à Arnaud Bord (Nupes), avec 54,49 % contre 45,51 % des suffrages.
Dans la cinquième, c’est la Nupes, avec Michel Siala, qui était arrivée en tête au premier tour. Il confirme et devient député (53 %) face à Jean-Marie Launay, du RN, (47%), dans cette circonscription détenue auparavant par la République en marche.
Enfin dans la sixième, le député sortant LREM-Ensemble, Philippe Berta, sauve les meubles. Il gagne son duel face à Nicolas Cadène (Nupes), avec 52,17 % contre 47,83 %.

Dans le Gers, confirmations du premier tour
Victoire du sortant Jean-René Cazeneuve, LREM-Ensemble, (52,51 %) face au candidat de la Nupes Pascal Levieux (47,49 %) dans la première circonscription.
Dans la deuxième, victoire logique de David Taupiac (divers gauche, soutenu par Carole Delga), qui profite d’un report des voix favorable pour battre largement Maëva Bourcier (Ensemble) : 62,98 % contre 37,02 %.

Retour à gauche pour la Haute-Garonne
Neuf des dix circonscriptions du département étaient détenues par des députés LREM. Les élections ont changé la donne avec désormais six circonscriptions prises par la coalition de gauche, la Nupes. À noter la bonne résistance des députés de la majorité présidentielle, même si certaines circonscriptions se sont jouées à trois voix près, comme rappelé dans notre article spécial Haute-Garonne.

L’Hérault cristallise les oppositions

Dans ce département, la Nupes parvient à tirer son épingle du jeu, tout comme LREM. Mais le RN prend deux circonscriptions au sud, la cinquième et la septième, qui viennent prolonger l’influence du Rassemblement national dans le quart Sud-Est de la région Occitanie.

Dans la première (sud de Montpellier), la députée sortante Ensemble Patricia Miralles était en ballotage défavorable. Elle l’emporte finalement face à Julien Colet (Nupes) avec 52,55 % contre 47,45 %.
Dans la deuxième (centre de Montpellier), Nathalie Oziol, investie LFI-Nupes, confirme son bon score du premier tour et s’impose largement face à Annie Yague, Ensemble (63,33 % contre 36,67 %).
Dans la troisième, où la députée sortante ne se représentait pas, Laurence Cristol (Ensemble) et Julia Mignacca (Nupes) était dans un mouchoir de poche. C’est finalement la candidate de la majorité présidentielle Laurence Cristol qui l’emporte (53,1 % contre 46,9 %).
Dans la quatrième, Sébastien Rome, de la Nupes, gagne de quelques voix son duel face à Manon Bouquin (RN), avec 50,65 % contre 49,35 % des voix.
Dans la cinquième, Stéphane Galzy, candidat RN, confirme son score du premier tour. Il devient député avec 54,24 % face à Pierre Polard, de la Nupes (45,76 %).
Dans la sixième, la députée sortante Emmanuelle Ménard (divers droite et femme du maire de Béziers Robert Ménard) l’emporte sans difficulté face à Magali Crozier-Daniel, de la Nupes (69,83 % contre 30,17 %).
Dans la septième, Aurélien Lopez-Liguori, du RN, gagne son duel face à Gabriel Blasco, de la Nupes, avec 59,19 % contre 40,81 %.
Dans la huitième, Sylvain Carriere donne à la Nupes un nouveau fauteuil de député. Il l’emporte de quelques centaines de voix face à Cédric Delapierre, du RN, avec 50,59 % contre 49,41 %.
Enfin, dans la neuvième, le député sortant Patrick Vignal (ancien PS et LREM) garde son fauteuil avec 54,37 % face à Nadia Belaouni (Nupes), à 45,63 %.

Pas de révolution dans le Lot
Dans la première circonscription, le député sortant Aurélien Pradié, figure nationale de LR, conserve assez facilement son siège avec 64,63 % des voix face à Elsa Bougeard, de la Nupes (35,37 %).
Dans la deuxième circonscription, l’une des rares triangulaires de ce deuxième tour tourne en la faveur de Huguette Tiegna (LREM - Ensemble), la députée sortante, qui avec 34,14 %, conserve son fauteuil face à Thierry Grossemy, de la Nupes, (33,8 %) et Christophe Proença, divers gauche (32,06 %). La participation a été forte (59,26 %) dans cette circonscription.

Morel à L’Huissier reste député de Lozère
Il n’y aura pas de changement en Lozère. Pierre Morel A L’Huissier , pour l’UDI, s’impose face à Sandrine Descaves (Nupes), pourtant arrivée en tête au premier tour. Mais le report des voix a naturellement tourné en faveur du député sortant, qui a bénéficié d’une participation importante (59,22 % des inscrits). Il enchaîne donc avec un cinquième mandat.

Dans les Hautes-Pyrénées, la revanche de Sylvie Ferrer
Dans la première circonscription, Jean-Bernard Sempastous (LREM), le député sortant, maire de Bagnères-de-Bigorre, perd d’un cheveu face à Sylvie Ferrer (LFI- Nupes). Avec 50,13 %, elle l’emporte grâce à une centaine de voix d’écart.
Dans la deuxième circonscription, l’ancien sous-préfet Benoit Mournet, LREM- Ensemble, confirme sa première place acquise lors du premier tour. Il devient député face à Grégory Korn, de la Nupes (47,72 %).

Le RN, grand vainqueur dans les Pyrénées-Orientales
Dans ce département, les quatre candidates RN avaient réussi à dominer le premier tour des législatives. Face à elles, le front républicain qui s’était mobilisé en 2017 n’a pas eu lieu. Et si la participation a été faible (à peine entre 44 % et 48 % des suffrages), les victoires, elles, sont sans appel.
Dans la première, Sophie Blanc s’impose face à Romain Grau (Ensemble) avec 53,87 % contre 46,13 %
Dans la deuxième, Anaïs Sabatini dépasse les 60 % face à Frédérique Lis (Ensemble) : 61,23 % contre 38,77 %.
Dans la troisième, Sandrine Dogor-Such n’a pas été inquiétée par Nathalie Cullell (Nupes) avec 54,11 % contre 45,89 %.
Dans la quatrième, Michèle Martinez (56,28 %) prend le fauteuil au député sortant Sébastien Cazenove (LREM-Ensemble), qui n’obtient que 43,72 %.
À noter que toutes les députées sont aussi élues à la mairie de Perpignan. Louis Alliot, premier magistrat de la ville, va sans doute pouvoir s’appuyer sur cette force parlementaire pour peser sur le parti de Marine Le Pen.

Dans le Tarn, trois députés, trois couleurs différentes
C’est l’une des surprises de ce deuxième tour : Frédéric Cabrolier, du RN, remporte la première circonscription du Tarn avec 53,09 % face au député sortant Gérard Poujade (Nupes), et ses 46,91 %. Il n’y a pas eu de front républicain avec une participation relativement faible (51,47 %).
Dans la deuxième circonscription, Karen Erodi (Nupes) et Marie-Christine Verdier-Jouclas (Ensemble) étaient au coude-à-coude dans une triangulaire qui embarquait aussi le RN Julien Bacou. Karen Erodi l’emporte au final, devenant la seule députée de gauche du département.
Dans la troisième, le député sortant LREM-Ensemble, Jean Terlier, conserve son fauteuil avec 53,71 % des suffrages face à Julien Lassalle, de la Nupes (46,29%).

En Tarn-et-Garonne, le RN prend un siège
Dans ce département, le RN avait réussi à se maintenir au deuxième tour dans les deux circonscriptions. Dans la première, la députée sortante PS-Nupes Valérie Rabault conserve son fauteuil en battant largement le candidat RN Pierre Poma, 58,29 % contre 41,71 %.
En revanche, dans la deuxième circonscription, où la députée sortante Sylvia Pinel, PRG, avait été sortie dès le premier tour, c’est Marine Hamelet, du RN, qui gagne son duel face à Christian Astruc (Ensemble), avec 54,99 % contre 45,01 % des suffrages.
M.V.

Sur la photo : la carte du deuxième tour des élections législatives de 2022 en Occitanie. Crédits : ministère de l’intérieur.

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Source : https://www.touleco.fr/Legislatives-2022-Qui-sont-les-nouveaux-deputes-d-Occitanie,34639