Législatives 2022. Tous les résultats du second tour à Toulouse et en Haute-Garonne

Pas de raz-de marée pour la Nupes mais tout de même six circonscriptions gagnées pour la Nouvelle alliance populaire écologique et sociale en Haute-Garonne. Les macronistes raflent les quatre autres sièges. Des résultats à l’image d’un pays politiquement très divisé. Exception haut-garonnaise : pas d’élus RN alors qu’au niveau national, son score est historique.

Première circonscription
Pas de miracle pour Pierre Baudis, candidat de la majorité présidentielle, qui échoue dans la première circonscription (une bonne partie de Toulouse et Blagnac) avec 45,78 % des voix. Hadrien Clouet, de la Nupes, obtient 54,22 % des voix.

Au soir de sa défaite, Pierre Baudis a souligné la « quatrième défaite de Jean-Luc Mélenchon qui ne sera pas Premier ministre de la France ». « Il demeurera un simple chef - sans mandat - d’une coalition qui ne résistera pas bien longtemps dans son unité », a prédit le candidat Ensemble, pour qui « Emmanuel Macron est en capacité de s’appuyer sur une majorité constructive pour gouverner le pays ». Pierre Baudis a néanmoins fait part de sa « plus vive inquiétude sur les conditions dont le débat parlementaire se déroulera à l’Assemblée nationale » et « de l’agitation permanente » qu’il pourrait y régner.

Deuxième circonscription
Le parti de la majorité présidentielle perd aussi la deuxième circonscription, qui va de Toulouse à Montastruc-la-Conseillère en passant par L’Union et Saint-Jean. Le député Modem sortant, Jean-Luc Lagleize, qui l’avait emporté en 2017 face à Anne Stambach-Terrenoir, est cette fois battu. Il ne totalise que 47,10 % des suffrages contre 52,90 % pour la candidate Nupes-LFI, attachée parlementaire de l’euro-député Manuel Bompart depuis 2019.

Troisième circonscription
Le match semblait tendu mais Corinne Vignon emporte cette circonscription, majoritairement toulousaine (avec en plus Verfeil), avec 55,71 % des voix. La représentante de la Nupes, Agathe Roby, n’aura pas réussi à gagner ce territoire traditionnellement plutôt à droite, rassemblant seulement 44,29 % des voix.

Quatrième circonscription
Dans la quatrième circonscription, entièrement toulousaine, le candidat Nupes François Piquemal transforme l’essai avec un score sans appel et sans surprise au vu de son avance au premier tour. Le conseiller municipal d’opposition à Toulouse, figure locale de l’association Droit au logement, a totalisé 59,26 % des voix face à la candidate de la majorité présidentielle Marie-Claire Constans. La suppléante du député sortant LREM, Mickaël Nogal, qui ne se représentait pas, a été devancée de plus de 6000 voix et a obtenu 40,74 % des suffrages. Dimanche soir, François Piquemal a salué « une victoire collective de tous les militants ». « On vient ramener la coupe à la maison », a-t-il déclaré au sujet de cette circonscription traditionnellement de gauche passée « macroniste » aux dernières élections, une « anomalie » selon lui.

Cinquième circonscription
Nouvelle bonne soirée pour le député sortant Jean-François Portarrieu, qui remporte la cinquième circonscription (une partie de Toulouse, Fronton, Grenade, Villemur-sur-Tarn) avec 51,89 % des voix, contre 48,11 % à son adversaire de la Nupes, Sylvie Espagnolle.

Sixiéme circonsption
Dans cette circonscription, qui couvre l’ouest toulousain, de Cazères jusqu’à Plaisance-du-Touch et Léguevin, la bataille a été très serrée, puisqu’elle s’est jouée à seulement trois voix en faveur de Monique Iborra. La députée sortante, qui occupe ce siège depuis quinze ans, sous la bannière socialiste puis sous celle de LREM depuis 2017, repart pour un quatrième mandat. Elle obtient 50 % des suffrages avec 27.569 voix contre 27.566 pour le conseiller métropolitain socialiste Fabien Jouvé, investi par la Nupes.

Septième circonscription
L’insoumis Christophe Bex remporte la septième circonscription, qui va du Muretain au Volvestre, avec 51,17 % des voix. Élisabeth Toutut-Picard, qui avait failli se faire doubler par le RN au premier tour, s’incline donc au second avec 48,83 %.

Huitième circonscription
Le seul député socialiste sortant de Haute-Garonne, Joël Arivagnet, soutenu par Carole Delga (et à l’origine par la Nupes), remporte la circonscription du Comminges avec le bon score de 60,39 %. Le RN n’emportera donc pas de circonscription en Haute-Garonne, puisque Loïc Delchard est battu avec 39,61 % de voix.

Neuvième circonscription
Succès aussi de l’union de la gauche dans la neuvième circonscription, dont le périmètre couvre les quartiers sud de Toulouse, Portet-sur-Garonne et Labarthe-sur-Lèze. Christine Arrighi de la Nupes-EELV, arrivée très largement en tête au premier tour avec plus de 5900 voix d’avance, l’emporte aussi facilement ce dimanche avec 58,55 % des voix face à la députée sortante Sandrine Mörch, candidate d’Ensemble (41,45%). Durant l’entre-deux tours, l’ancienne adjointe du maire PS Pierre Cohen à Ramonville a reçu deux soutiens de poids, celui du DVD Paul Rümler, arrivé quatrième au premier tour avec 4,91 % et de l’écologiste Robert Baud (3,26 %). Évoquant sa défaite, Sandrine Mörch, journaliste de formation, s’est dite « triste des combats abandonnés mais bien contente de ne pas être dans la soupière qui attend demain les candidats » en parlant de la future Assemblée nationale.

Dixième circonscription
La majorité présidentielle parvient à sauver un quatrième siège dans la dixième circonscription. Dans ce territoire du Lauragais, qui va de Castanet-Tolosan à Revel, Dominique Faure succède au député LREM Sébastien Nadot, qui ne se représentait pas. Pour sa troisième candidature, la maire de Saint-Orens, investie par Ensemble, l’a finalement emporté avec 50,20 % des suffrages face à Alice Assier, 25 ans, membre de Génération.s, arrivée avec 49,80 %.

Nupes et RN, des groupes qui vont compter

Avec plus de 140 sièges, ce n’est pas le Grand Soir mais un retour en force pour la gauche au Palais Bourbon. Vers 20h30, ils sont nombreux a être rassemblés au bar le Winger, du côté de Matabiau, dans le QG toulousain de la Nupes. Mais l’ambiance est plutôt sage dans la petite foule où les visages sont souvent jeunes. On boit des bières, on échange devant l’écran de télévision qui diffuse la soirée de France 3 Occitanie. On s’anime pour applaudir les premiers résultats favorables de la Nouvelle alliance populaire écologique et sociale. Les candidats haut-garonnais ne sont pas encore arrivés alors qu’il est encore trop tôt pour avoir les résultats de la Ville rose.

Un visage connu, celui d’Antoine Maurice, conseiller municipal et métropolitain d’opposition à Toulouse, ex-tête de liste écologiste aux élections régionales. L’homme, qui avait soutenu la Nupes, est plutôt souriant. « Emmanuel Macron n’a pas de majorité. C’est clairement une claque pour le président de la République, qui a voulu enjamber cette élection. Les résultats du Rassemblement national sont énormes, c’est très inquiétant. La manière de faire de la politique de LREM a donc été un marche-pied pour l’extrême droite », analyse l’élu EELV, qui reconnait une « petite déception » face aux résultats de la Nupes. Mais l’écologiste préfère voir le verre à moitié plein : « C’est un résultat tout à fait honorable. Nous sommes la deuxième force politique du pays. Je souhaite que nous poursuivons ce rassemblement. Il faut maintenir ce collectif malgré les débats qu’il y aura entre nous. Il faut entretenir cette espérance pour être majoritaire demain. »

89 députés, un score très important et historique pour le Rassemblement national à l’Assemblée nationale. Le conseiller régional RN Julien Leonardelli a une voix enjoué au téléphone : « On a voulu nous enterrer un peu trop tôt. Nous serons un groupe fort et puissant autour de Marine Le Pen pour cette législature. Nous serons une force d’opposition sur tous les sujets, à commencer par le pouvoir d’achat », estime le délégué départemental du RN en Haute-Garonne. À défaut d’élus dans son département, il pointe les succès à l’échelle régionale : « En Occitanie, nous sortions avec trois députés et nous allons arriver à pratiquement une vingtaine, dont deux dans l’ex-région Midi-Pyrénées. » Le cadre d’extrême droite prophétise : « Macron va devoir composer avec d’autres forces, notamment LR. Mais je pense que cette nouvelle assemblée ne tiendra pas cinq ans. Il y aura dissolution. »
Johanna Decorse et Matthias Hardoy.

Crédit photo : Marjorie Angelvy - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Legislatives-2022-Tous-les-resultats-du-second-tour-a-Toulouse,34640