Les points chauds en Occitanie des élections départementales

Les 20 et 27 juin, si rien ne vient entraver leur tenue, devraient avoir lieu les élections départementales. Jean-Michel Ducomte, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Toulouse, dresse un tour d’horizon des forces en présence sur cette terre régionale inscrite à gauche avec onze départements sur treize.

Beaucoup l’ignorent, l’ont oublié ou le passent sous silence mais, les 20 et 27 juin, vont avoir lieu les élections départementales et simultanément les élections régionales. Or, regrette Jean-Michel Ducomte, maître de conférences à l’Institut d’études politiques (IEP) de Toulouse, « la campagne n’a pas eu lieu ». Car, pour lui, les « élections régionales, qui sont une préparation à l’élection présidentielle, ont anéanti la possibilité pour les départementales de se manifester ».

De plus, le Département souffre d’une « mauvaise lisibilité ». « Avec le début de la décentralisation en 1982, il a acquis des compétences dans le domaine du social. Et beaucoup de gens, sans le savoir, utilisent ses services. » Il n’empêche, si l’attention se focalise sur les élections régionales, le scrutin départemental reste un véritable révélateur de la structuration politique territoriale. Et, en Occitanie, le Parti socialiste détient onze départements sur treize. Jusqu’à quand ?

Haute-Garonne : un boulevard pour le PS
Georges Méric, président PS, élu en 2015, revient dans la mêlée pour conserver son siège et garder le département dans le giron de la gauche. Dans cette campagne, il emmène avec lui une large équipe d’union de la gauche, qui comprend le Parti radical de gauche (PRG), le Parti communiste français (PCF), Génération.s, Place Publique, Nouvelle Donne, le Mouvement républicain et citoyen (MRC), la Gauche républicaine et socialiste ainsi que le mouvement Tous pour Toulouse. Détenteur de 23 cantons sur 27, le PS, avec ses alliés, sous l’étiquette «  majorité départementale  », fait figure de favori naturel. Les écologistes d’Europe Ecologie-Les Verts font cependant cavalier seul et présentent deux binômes dans tous les cantons.

Tarn-et-Garonne : Jean-Michel Baylet, le retour ?
Jean-Michel Baylet, ancien président la collectivité sur laquelle il régna 30 ans, revient dans la course avec une soif de revanche. Le patron PRG de La Dépêche du Midi, toujours puissant dans son fief, est candidat sur le canton de Valence-d’Agen. En 2015, il est battu par Christian Astruc, ex-PRG, à la tête d’une coalition de droite et du centre. Jean-Michel Ducomte y voit alors « un vote sanction contre la dynastie Baylet ». Le scrutin du Tarn-et-Garonne reste cependant incertain. « Il ne faut pas oublier que Brigitte Barèges était maire Les Républicains de la ville de Montauban. » Ni la poussée du Rassemblement National (RN) à Moissac avec l’élection du maire Romain Lopez. Le parti de Marine Le Pen va-t-il prendre les cantons de Moissac et Castelsarrasin ?

Dans l’Hérault, les jeux sont-ils faits ?
Kléber Mesquida, le président socialiste sortant brigue un nouveau mandat et s’appuie sur une très large majorité, avec des élus dans quatorze des vingt-cinq cantons. L’objectif est de remporter la majorité absolue et éviter de conclure des alliances pour remporter le scrutin.
Sur cinquante sièges de conseillers, vingt-huit sont détenus par la majorité (PS-DVG-PCF), l’opposition, elle, se partage entre huit ex-sauréliens – du nom de l’ancien maire (sans étiquette) de Montpellier Philippe Saurel -, sept élus divers-droite, six RN et proches de Robert Ménard, ainsi qu’un élu du centre. « Le RN va jouer un rôle d’arbitre », prévient le politologue. « Car ce parti est sur une pente ascendante. Et il existe une possibilité de basculement à droite. »

Pyrénées-Orientales : la gauche menacée ?
Au pouvoir depuis plus de deux décennies, la gauche compte bien rester en place. La majorité sortante (PS-PC-PRG), qui a présenté une liste commune sous le slogan "Mon département en commun", soutient l’actuelle présidente (PS) Hermeline Malherbe. À noter que les deux-tiers des élus sortants repartent au combat.
Mais cette élection s’annonce très serrée : la droite et le Rassemblement national sont des adversaires tenaces et l’actuelle majorité n’est pas parvenue à réaliser une large union de la gauche avec les Verts, qui présenteront leurs propres candidats.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Le conseil départemental de la Haute-Garonne, dont le siège est à Toulouse.
Crédits : Hélène Ressayres-ToulÉco.

Comment ça se passe ?

Depuis 2015, le mode de scrutin pour les élections départementales – auparavant dénommées élections cantonales – a été profondément chamboulé. Le nombre de cantons en France a été ramené de 4035 à 2054 et, dans chacun d’entre eux, ce n’est plus un seul conseiller qui y est élu mais un binôme femme-homme. Cela afin d’assurer la parité dans les conseils départementaux. Autre donnée majeure du scrutin départemental, il faut obtenir 12,5% des inscrits – et non des exprimés – pour se maintenir au second tour. Difficile, dans cette période de crise sanitaire, d’anticiper quel sera le niveau de participation à ce scrutin.

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Source : https://www.touleco.fr/Les-points-chauds-en-Occitanie-des-elections-departementales,31352