Logistique. À Toulouse, Junglo sort du lot avec ses vélos cargos

A Toulouse, Junglo propose depuis cet été un nouveau service de distribution de colis au centre-ville. Sa valeur ajoutée : un réseau de points-relais en propre et des courses assurées par des vélos cargos électriques.

À ToulÉco, on aime bien les jeux de mots. Cela tombe bien, Vanessa Golfier, la dirigeante de Junglo aussi. « Junglo, c’est un jeu avec l’anglais “Jungle Law”. La loi de la jungle en français. Sauf que mon rêve, c’est que ce soit le règne de la coopération et non pas de la compétition », décrypte la chef d’entreprise.

Mais concrètement, quésaco Junglo ? C’est un nouveau système de point-relais pour récupérer ses colis au centre ville de Toulouse. [1] Des conducteurs de vélos-cargos assurent ensuite l’acheminent des derniers kilomètres puis la distribution dans des lieux centraux, dans le cœur historique de la ville, le midi ou en fin de journée. « En hyper-centre de Toulouse, le taux d’échec des livraison à domicile se situe entre 40 et 50%. Des seconds passages sont alors opérés. Il y a aussi de nombreux trajets privés pour aller récupérer les colis en points-relais ou en bureaux de poste. Tout cela génère de la pollution », explique Vanessa Golfier.

Pour le moment, Junglo a noué un partenariat seulement avec Relais Colis, mais elle a déjà été repérée par d’autres entreprises comme C Discount et Showroomprive.com qui ont pris la jeune pousse toulousaine dans leur incubateur respectif. IMT Starter, l’incubateur de l’institut Mines-Télécom (IMT) de Paris a fait de même. Également accompagnée par la French Tech, la société est logée à l’IoT Valley.

Un déploiement envisagé dans plusieurs villes de France

Depuis ses tout début en 2021, la néo entreprise a été contrainte d’évoluer. « Initialement, je voulais proposer des points-relais en entreprises pour satisfaire les actifs qui travaillaient sur des zones non desservies par des services de proximité. Nous avons fait un test sur la zone aéroportuaire avec des entreprises comme Airbus, Safran ou Liebherr. Le contexte qui favorisait le télétravail n’a pas permis de générer suffisamment de volume pour faire perdurer le modèle. Nous nous sommes réinventés en décidant de nous adresser à une cible beaucoup plus large », raconte la dirigeante. Mais pas de quoi effrayer la cheffe d’entreprise, qui s’est déjà frottée à plusieurs univers professionnels (finance, marketing, industrie, etc.) et a déjà créé une entreprise de puériculture il y a quelques années. Avant de bifurquer vers le secteur de la livraison en passant un diplôme de commissionnaire de transport.

La patronne de Junglo dévoile son plan de développement : « D’ici trois ans, l’objectif est de nous déployer au national sur une trentaine de villes françaises (Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, etc.). Pour le moment, je travaille seule avec une dizaine de prestataires. En 2025, j’espère atteindre les vingt collaborateurs ( logisticiens pour les bureaux locaux, informaticiens, communicants...) ».

Pour atteindre cet objectif, une levée de fonds pourrait avoir lieu en 2023. Déterminée, Vanessa Golfier croit fortement en son système de livraison peu polluant : « Ce n’est pas 100 % décarboné car nos vélos utilisent l’électricité en montée mais l’impact est néanmoins beaucoup moins important que les livraisons en véhicules », souligne l’entrepreneure pour qui Junglo « n’est certes pas une innovation technologique mais une innovation sociale » qui « laisse l’humain au centre de la relation client ».
Matthias Hardoy

Sur la photo : Vanessa Golfier, la dirigeante de Junglo à l’IoT Valley où sa société est logée. Crédit :
Valentine Chapuis - ToulÉco.

Notes

[1Quatre points pour le moment à Capitole, Wilson, Monoprix Alsace-Lorraine et Saint-Georges.

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Source : https://www.touleco.fr/Logistique-A-Toulouse-Junglo-sort-du-lot-avec-ses-velos-cargos,34984