Oncopole Toulouse. Evotec donne le coup d’envoi de la construction de son usine de bioproduction

C’était annoncé. C’est lancé. Mais il faudra attendre encore deux ans avant la production des premiers médicaments par l’unité de bioproduction de 14.000 m2 d’Evotec à Toulouse. Une usine stratégique pour la région et la France.

Un lancement attendu et plébiscité. Tous les représentants des partenaires publics du projet, État, Région, Toulouse Métropole, étaient réunis ce vendredi 16 septembre sur le Campus Curie d’Evotec [1], à Toulouse, pour la pose de la première pierre de l’usine de fabrication de produits biologiques du groupe allemand. Un outil de production clinique et commerciale, le J.POD, qui s’inscrit dans une demande mondiale en plein boom. « Aujourd’hui, les thérapies monoclonales représentent près de 30 à 40 % des nouveaux médicaments mis sur le marché », indique Craig Johnstone, directeur d’exploitation d’Evotec et président d’Evotec France, sa filiale basée à Toulouse.

Après l’incapacité de la France à développer des vaccins anti-Covid, la souveraineté en matière de biothérapies et de production de biomédicaments est passée au premier plan des priorités du plan Innovation Santé 2030 du gouvernement français. Sur 14.000 m2, l’usine toulousaine d’Evotec, opérationnelle au cours de la deuxième moitié de 2024, prend sa place dans cette stratégie. Elle produira des anticorps monoclonaux, des molécules à l’échelle nanométrique ou encore des médicaments à base de protéines, à la fois pour des laboratoires pharmaceutiques ou des biotechs. Autant de thérapies d’avenir dans la lutte contre un large nombre de maladies chroniques, tels certains cancers, et les pandémies.

Un design inédit d’usine modulable

La future usine représente un investissement total de 150 millions d’euros. Près des deux tiers sont financés par Evotec. Les 51 millions d’euros restants sont pris en charge par l’État pour 43 millions d’euros d’avances remboursables, la Région, pour 6 millions d’euros, et Toulouse Métropole, pour 2 millions d’euros. Evotec, employant déjà 850 personnes à Toulouse, prévoit d’embaucher 130 collaborateurs supplémentaires pour le lancement de l’usine. Seront recherchés des techniciens, des agents qualité, des responsables de développement ou des automaticiens.

L’unité J.POD de Toulouse est le deuxième clone de celle qu’Evotec a lancée à Seattle aux États-Unis, en août 2021. « Elle fonctionnera donc selon une technologie innovante de pointe dont l’efficacité a déjà été testée, notamment au cours de premiers cycles de fabrication pour le ministère de la Défense des États-Unis. Il s’agit d’une installation modulaire de production en continu, ce qui réduit les risques et les coûts de fabrication. C’est la première usine de ce type en Europe », explique Craig Johnstone. La construction du bâtiment a été confiée à l’agence Brunerie & Irissou Architectes d’Albi.
Isabelle Meijers

Sur la photo de une : Maquette de la future usine toulousaine de bioproduction d’Evotec. Crédit : Brunerie & Irissou Architectes, Thomas Brunerie. // En bas : Intérieur de la première usine J.POD d’Evotec à Seattle, États-Unis, en fonction depuis août 2021. Crédit : Evotec et Patrice Nin Mairie de Toulouse

Evotec en bref :
Reprise en 2015 des activités de recherche de Sanofi à l’Oncopole de Toulouse. Coté en bourse.
Quatorze sites dans le monde, dont deux en France, à Lyon et Toulouse
4.198 employés. 618 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021, en hausse de 24 %.
107 millions d’euros de bénéfice avant intérêts et impôts en 2021, quasi-stable par rapport à 2020.

Notes

[1Spécialiste dans les prestations de recherche et développement pour les industries pharmaceutique et biotechnologique, dont le siège social est à Hambourg, en Allemagne.

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Source : https://www.touleco.fr/Oncopole-Toulouse-Evotec-donne-le-coup-d-envoi-de-la,35370