Quel rôle pour les entreprises dans la prévention des violences conjugales ?

Mobiliser et outiller les entreprises afin qu’elles soient en mesure de sensibiliser et accompagner les victimes de violences conjugales : tel est l’objectif de la charte « OneInThreeWomen » initiée par le réseau d’entreprises Face Grand Toulouse. Explications.

Les chiffres font froid dans le dos. Une femme sur trois a été victime de violence physique ou sexuelle, la plupart du temps perpétrée par un conjoint ou ex-conjoint. Et plus d’une femme sur cinq (22%) connait un ou une (ancienne) collègue victime de violence conjugale. Voila ce que révèle une étude de l’Agence européenne pour les droits fondamentaux (FRA) publiée en 2014.

Dans ce contexte, comment les violences conjugales impactent-elles le monde du travail ? Co-fondé en novembre 2019 par Face Grand Toulouse (Fondation agir contre l’exclusion) et la Fondation Kering, « OneInThreeWomen » est le premier réseau européen d’entreprises engagées contre les violences faites aux femmes. Soutenu par L’Oréal, Carrefour et la SNCF notamment, ce club a mené une enquête destinée à mesurer les impacts des violences conjugales sur le travail. Publiée en novembre, elle démontre que plus de la moitié (55%) des personnes ayant déjà subi des violences conjugales a déclaré que celles-ci ont affecté leur travail a minima d’une des trois manières suivantes : retards et absentéisme ou encore présentéisme (le fait d’être moins productif).

Sans parler du stress, de la fatigue, notamment causés par des SMS ou des emails injurieux reçus sur le lieu de travail... En conséquence, un quart a dû prendre des congés et près d’un tiers (30%) ont craint que ces violences conjugales ne nuisent à leur productivité au point de perdre leur emploi. De fait, 5% estiment avoir perdu un emploi à cause des violences subies. Les violences ne s’arrêtent donc pas à la porte du bureau.

Détecter, prévenir, informer

« Notre rôle est de sensibiliser les entreprises à ces questions de société pour lutter contre cette forme de discrimination », souligne Thierry Costes. Le directeur de l’association Face Grand Toulouse, qui regroupe 250 grands comptes et PME (Engie, Veolia, EDF, etc.), a organisé vendredi 6 mars à Toulouse, à l’occasion de la semaine de l’égalité, une conférence-débat autour de cette thématique à laquelle une vingtaine d’entreprises régionales ont répondu présentes. L’objectif de ce rendez-vous était de les encourager à lire mais surtout à signer une charte d’engagement.

« Les entreprises doivent avoir l’œil ouvert afin de détecter les victimes, les informer et les diriger vers des structures adéquates pour mieux les protéger », poursuit Thierry Costes. Elles sont aussi encouragées à déterminer un collaborateur référent auquel la victime peut parler.
Si BNP Paribas a approuvé cette charte, Face Grand Toulouse regrette l’absence de signataire local, mais ne se décourage pas. « Nous sommes au tout début », assure Thierry Costes.
Audrey Sommazi

Photo d’illustration. Crédits : cc0-icon CC0 - Domaine public

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Source : https://www.touleco.fr/Quel-role-pour-les-entreprises-dans-la-prevention-des-violences,28243