Toulouse. Comment Yogah se positionne en chef de file du cannabis bien-être en France

Des huiles ou des cosmétiques anti-stress fabriqués en Occitanie à base de CBD (cannabidiol). La marque Yogah, lancée par Antoine Roux, surfe sur un marché du chanvre en pleine croissance. L’entrepreneur prévoit d’investir 10 millions d’euros pour faire émerger des champions français du secteur dès la clarification de la législation.

Un bon moyen de décompresser après la montée de stress liée à la pandémie et aux confinements ? En tout cas, les boutiques de CBD (cannabidiol), extrait du chanvre et aux vertus apaisantes et anti-inflammatoires, connaissent un véritable engouement un peu partout en France. « Ce marché du chanvre bien-être compte déjà aujourd’hui entre 500 et 1000 points de vente dans l’Hexagone », estime l’entrepreneur en série Antoine Roux. Et le PDG de Printoclock, pionnier du « Web to print », entend bien prendre part à ce boom du secteur. Fin avril 2021, il a lancé à Toulouse Yogah, sa marque de CBD.

« Nous fabriquons et commercialisons une gamme à base de CBD, constituée de près d’une vingtaine d’huiles d’aromathérapie et bientôt de cosmétiques bio. Nos produits peuvent être utilisés pour réduire le stress, faciliter le sommeil ou soulager certaines douleurs, et ce, dans le respect de la législation française, puisque l’extraction de CBD est faite sur des plants de chanvre contenant moins de 0,2% de THC (tétrahydrocannabinol), la molécule responsable des principaux effets psychoactifs du cannabis », explique le dirigeant.

Le circuit de distribution passe par 2000 magasins généralistes de proximité, de type buralistes, un nombre appelé à augmenter dans les années qui viennent, et via le site web de la marque. De 3 millions d’euros en 2021, le chiffre d’affaires de Yogah devrait se hisser à 20 millions d’euros d’ici à trois ans. L’entreprise prévoit alors de compter entre 50 et 100 salariés, contre trois collaborateurs aujourd’hui.

Une législation encore à clarifier

La matière active et les concentrations de CBD sont importées d’Allemagne pour être transformées en huiles ou cosmétiques par un laboratoire du Gers, avant d’être distribués via l’entrepôt toulousain de la marque. « Nous cherchons à avoir une approche la plus verte possible, en utilisant un chanvre cultivé sans pesticides, ni OGM et une huile de tournesol bio comme base de nos huiles. Mais nous ne pouvons pas revendiquer un label bio général car les extraits de CBD ne sont pas certifiables », indique Antoine Roux.

La France est le premier producteur européen de chanvre pour des applications dans le textile, le BTP (isolation) grâce à ses tiges ou dans l’alimentation avec ses graines. Seules les variétés de semence avec un THC inférieur à 0,2% sont autorisées. Néanmoins, l’exploitation des fleurs, dont est issu le CBD, est interdite sur le territoire mais pas en Europe. La raison invoquée en France est que les sommités florales sont souvent fumées et mélangées à du tabac. Et en cas de contrôle policier, sans analyse de l’herbe fumée, il serait impossible de savoir si le cannabis est fortement dosé en THC ou inférieur à 0,2%.

Un marché potentiel colossal du chanvre bien-être

« Or, les agriculteurs, au niveau de vie souvent faible, pourraient trouver dans le chanvre bien-être un complément de revenus intéressant car les fleurs de cannabis se commercialisent plusieurs centaines d’euros le kilogramme. Le marché du CBD est important, estimé à plus d’un milliard d’euros en France selon le syndicat professionnel du chanvre. Nous appelons de nos vœux une évolution de la législation », lance Antoine Roux qui plaide pour la structuration d’une filière régionale d’agriculteurs de chanvre bien-être. Il a initié dans ce sens un premier projet pilote d’études dans les Landes au sein de l’exploitation agricole de son frère.

Toujours dans cet objectif de favoriser l’émergence de leaders français du CBD, Antoine Roux a créé une société d’investissement « La Financière du Chanvre », abritant sa marque commerciale Yogah, et dotée d’une capacité de financement de 10 millions d’euros. « Nous souhaitons prendre des participations dans des sociétés concevant des produits à base de CBD dans le retail alimentaire, les boissons, les cosmétiques, mais aussi dans des biotech à visée médicale. Nous sommes devant une formidable manne de création de valeurs », conclut-il.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Antoine Roux, créateur de Yogah et PDG de Printoclock, est lui-même adepte des médecines douces pour limiter les effets liés au stress. Crédit photo : Hélène Ressayres - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Toulouse-Comment-Yogah-se-pose-en-chef-de-file-du-cannabis-bien,31548