Toulouse. De l’écologie, des transports et un conflit social au coeur des vœux de Jean-Luc Moudenc

Transition énergétique, grands projets de transports et conflit social des éboueurs ont pris le plus de place lors de la cérémonie de vœux du maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc, ce jeudi 6 janvier.

En ces temps où les grandes aires urbaines sont souvent critiqués, le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc a démarré son adresse à la presse en s’opposant au « city-bashing » et en exprimant sa croyance « dans un bonheur dans la ville ». Il n’a pas pour autant nié les défis auxquels est confrontée la ville, comme « la pollution ou encore l’insécurité ».

C’est justement le volet environnemental qui a occupé la place la plus importante dans le discours de l’édile. 2022 sera en effet l’année de mise en place de la zone à faiblesse émission pour les véhicules (ZFE) [1]. « L’interdiction va commencer cette année pour les véhicules professionnels les plus anciens et va s’étendre ensuite peu à peu aux voitures des particuliers. En 2025 rouleront dans la ZFE uniquement les véhicules à essence d’après 2005 et les véhicules diesel d’après 2010 », explique Jean-Luc Moudenc. Des primes seront mises en place par Toulouse Métropole pour permettre aux métropolitains de s’équiper de nouvelles voitures moins polluantes (allant jusqu’à 5000 euros pour les revenus les plus modestes). Ces aides pourront se cumuler avec celles d’autres collectivités que le maire de Toulouse appelle « à contribuer davantage » à cet effort.

Jean-Luc Moudenc promet par ailleurs que l’enveloppe d’investissement de 4,2 milliards de la Métropole financera largement des projets en lien avec la transition énergétique. Dans les mois qui viennent, un bilan sera aussi fait des actions du Plan Climat-Air-Énergie Territorial (PCAET) de la Métropole pour « voir ce qui fonctionne ou pas dans notre action environnementale et pouvoir la modifier », assure le président métropolitain.

Transports et urbanisme, dossiers qui vont aussi marquer 2022

Cette année 2022 sera aussi importante pour les gros dossiers côté transports. Le téléphérique Téléo, dont la mise en service a été repoussée, entrera enfin en activité au deuxième trimestre. Pour la fameuse troisième ligne de métro, après la fin de l’enquête publique environnementale, on devrait connaître l’ensemble des acteurs engagés dans ce chantier d’ampleur. On devrait aussi découvrir « la physionomie » des nouvelles rames. Les travaux devraient débuter à la fin de l’année pour s’achever, si tout va bien, en 2028.

Le feuilleton autour du plan local d’urbanisme intercommunal de l’habitat annulé devrait connaître un dénouement judiciaire. En attendant, la Métropole continue de plancher sur une nouvelle mouture du plan.

Il a également été question de sécurité (même si le sujet était moins présent qu’en septembre dernier). Rappel a été fait de la poursuite du « déploiement de la vidéo-surveillance », « du recrutement de nouveaux policiers nationaux et municipaux » ainsi que de la mise en place de « nouveaux locaux » pour la police municipale. En ce début 2022, la tonalité du discours du maire a été cette fois plus écologique et sociale (avec aussi l’évocation du lancement « d’une mutuelle communale » pour le seniors [2]) que sécuritaire.
Matthias Hardoy

Sur la photo : Le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc. Photo archives : Rémy Gabalda - ToulÉco.

Conflit social avec les éboueurs : Jean-Luc Moudenc « met en garde les syndicats »

Alors que la grève des éboueurs se poursuit dans la métropole, le président s’est longuement exprimé sur le conflit social en cours. Les éboueurs de Toulouse Métropole s’opposent à la fin de la règle du fini-parti et à l’augmentation de leur temps de travail annuel. « La collectivité a ouvert le dialogue depuis deux mois. Les syndicats ont boycotté les échanges durant un mois et demi. Nous avons perdu du temps », déplore Jean-Luc Moudenc. S’il est prêt à poursuivre les négociations autour de l’augmentation des jours des congés des éboueurs pour compenser « la pénibilité réelle du métier », le maire « met en garde les syndicats » : « Aucun jour de grève ne sera payé » et brandit la menace d’une délégation de service public. « Que veulent les syndicats ? Que la collecte des ordures ménagères soit assurée par des entreprises privées ? » Pas sûr que cette phrase du premier magistrat de la ville calme vraiment le jeu.

Notes

[1Celle-ci englobera tout Toulouse et une petite partie de Colomiers et Tournefeuille, soit un périmètre de 72 km2. Elle est mise en place dans le cadre de la loi Climat et Résilience.

[2Pourront en bénéficier les plus de 60 ans avec des revenus inférieurs à 1800 euros nets mensuels.

Réagir à cet article

Source : https://www.touleco.fr/Toulouse-De-l-ecologie-des-transports-et-un-conflit-social-au,32911