À Toulouse, la navette autonome d’EasyMile a fait un sacré bout de chemin

La navette EZ10, conçue par la start-up toulousaine EasyMile, est officiellement entrée en fonction ce mardi 11 janvier, sur le site de l’Oncopole, sans superviseur à bord. Une étape importante pour la jeune entreprise, qui séduit partout dans le monde.

Depuis cette semaine, EZ10 se balade toute seule entre le parking et l’entrée de l’Oncopole, 700 mètres plus loin. Automobilistes et piétons observent avec curiosité le ballet de cette navette sans chauffeur, qui circule enfin sans superviseur à bord. « Une caméra placée à l’intérieur permet à un de nos opérateurs d’assurer une surveillance. En cas de problème, il peut être contacté à l’aide d’un bouton », explique cependant un des membres de l’équipe d’EasyMile, présents pour interagir avec le public dans ces premiers jours de mise en service. Avec une vitesse maximale de 13 km/h et un rythme de passage de 10 minutes, cette navette autonome vient compléter l’offre de transport en commun sur ce site aux heures de pointe.

Pour les usagers, le service diffère assez peu d’un transport classique. Grâce aux détecteurs et à son interaction avec les feux rouges, la navette adapte sa vitesse et s’insère parfaitement dans la circulation du site. « Au début, les gens sont dans l’attente. Puis, très vite, ils se disent : "OK, c’est comme une autre navette." », observe Benieke Treverton, responsable communication chez EasyMile. Et pour le grand public, pas vraiment d’appréhension au moment de monter à bord. Tout au plus, certains, fatalistes, regrettent que l’humain s’efface. « Mais il y a toujours un humain dans la chaîne », rétorque Benieke Treverton. « Pour toute révolution, il y a des changements de tâches. »

« Un passage clé pour l’entreprise »

Loin de ces considérations philosophiques, l’autorisation de circuler sans chauffeur ni superviseur, transmise par le ministère de la Transition écologique en fin d’année dernière, est un moment important pour la société toulousaine. « C’est un passage clé pour l’entreprise car cela concrétise ce que l’on cherche à faire depuis des années », confie Olivier Pairot, directeur marketing d’EasyMile. « C’est la septième fois qu’elle pourra rouler sans opérateur, mais ce sera la première fois sur route ouverte. C’est une configuration particulière, idéale pour une première, d’autant qu’il y a une vraie valeur ajoutée pour les patients. »

Présente dans le monde entier, la société EasyMile compte déjà 180 navettes en service, dont certaines de manière autonome sur des sites industriels ou des zones piétonnes. En Australie, elle assure également le transport des visiteurs du jardin botanique de Coffs Harbour. À terme, l’entreprise toulousaine compte déployer les EZ10 pour remplacer la voiture sur des usages particuliers, comme c’est le cas actuellement en Suède. À Barkarby, dans une zone résidentielle qui accueille 10.000 foyers, la navette EZ10 assure les premiers et derniers kilomètres entre les habitations et les stations de transports en commun.

Commercialement, EasyMile veut s’appuyer sur les ventes du Tracteasy, son tracteur à bagages autonome, pour financer la R&D, qui reste « le cœur de la machine », rappelle Olivier Pairot. 70 % des équipes travaillent en effet dans ce domaine et EasyMile recherche actuellement 50 personnes pour venir renforcer ses 250 salariés, dont près de 200 à Toulouse. D’autres essais pilotes vont être prochainement lancés en France et en Allemagne.
Paul Périé

Sur la photo : La navette autonome d’EasyMile passe toutes les 10 minutes au niveau du parking et peut embarquer six personnes assises. Crédit : Hélène Ressayres - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/A-Toulouse-la-navette-autonome-d-EasyMile-a-fait-un-sacre-bout,32936