Aéronautique. Chez Akka, syndicats et direction se livrent à un bras-de-fer autour du PSE

Frappé par la crise de l’aéronautique, le groupe d’ingénierie a arrêté de négocier l’activité partielle de longue durée pour lancer un plan de restructuration qui menace 800 postes à Toulouse. Mais les syndicats, unis, comptent peser dans les débats.

L’annonce est tombée après Noël, lundi 28 décembre. Dans un communiqué de presse, la direction de la société d’ingénierie Akka a annoncé avoir engagé avec les partenaires sociaux des négociations autour d’un plan de restructuration qui menacerait 900 postes, dont 800 pour le site situé à Blagnac, près de Toulouse, et 100 autres au Havre et en Ile-de-France.

Confronté à « un secteur aéronautique où la reprise ne se matérialise pas », le groupe avait enregistré au premier semestre une perte nette de 57,4 millions d’euros, avec un chiffre d’affaires en recul de 20,3%. Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires est resté en forte baisse, avec un recul de 20,4%. « On s’y attendait depuis le mois d’octobre », déplore Franck Laborderie, secrétaire général CGT. « Mais cette annonce est intervenu deux jours avant une réunion du conseil d’administration. Il s’agit en réalité de rassurer les actionnaires pour finaliser l’augmentation de capital de 200 millions d’euros », regrette-t-il.

Rassemblement jeudi 21 janvier

Une intersyndicale - CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO et Unsa - veut peser dans les discussions qui ont démarré ce mercredi 6 janvier. « Nous demandons des négociations loyales et sincères autour de l’activité partielle de longue durée (APLD) et d’autres dispositifs, tels que des formations et des départs volontaires, pour éviter les départs contraints. À la condition que le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) soit suspendu », ajoute M. Laborderie, qui craint cependant que le groupe veuille « aller vite ». Les premières lettres de licenciement devraient être adressées aux salariés dès la mi-juin.

« Le groupe prévoit un retour à la rentabilité, comme en 2019. Nous, nous pensons à la pérennité de l’emploi et de notre entreprise », insiste Franck Laborderie, de la CGT, qui avec les cinq autres syndicats appellent à un rassemblement jeudi 21 janvier devant le bâtiment d’Akka.

Pourtant, dès le mois de novembre, Akka s’était lancé dans l’étude d’une procédure autour de l’APLD en consultant les représentants du personnel, avant d’interrompre les négociations le 3 décembre. « La direction a parlé d’un échec et a transmis dix jours plus tard les livres 1, 2 et 4 du PSE. Chaque document comprend entre 30 et 50 pages. Cela ne s’improvise pas », regrette la CGT.
Audrey Sommazi

Sur le photo : Le site de Akka Technologies à Blagnac, dans le quartier Andromède. Crédit : Rémy Gabalda - ToulÉco

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