Aéronautique. Chez Akka, direction et syndicats entament les négociations

Ralentie par la crise du secteur provoquée par le Covid-19, la société d’ingénierie Akka met en place un plan d’adaptation. Ce jeudi 5 novembre, à Blagnac, la direction du groupe a abordé plusieurs scénarios possibles.

La litanie des chiffres, mois après mois depuis la mi-mars 2020, dessine un cauchemar sans fin pour l’aéronautique. Ce secteur est cloué au sol avec l’arrêt quasi total du transport aérien et le retour à la normale se fait attendre. Pas avant 2024 ou 2025, prédisent les experts.
Les mauvaises nouvelles s’enchainent donc dans la sous-traitance. En ce début d’automne, Akka Technologies tranche dans le vif. La société d’ingénierie annonce vouloir tailler dans les effectifs de sa branche aéronautique, qui accuse une baisse de son chiffre d’affaires de plus de 10 % au troisième trimestre, de 38 % sur une année. Le site de Blagnac, qui emploie 2200 personnes, est directement concerné. Ce sous-traitant, qui travaille à 70 % pour Airbus, mais aussi Thales AVS et d’autres équipementiers de rang 1, pourrait se séparer de 1150 postes. « Ce chiffre correspond au nombre de salariés en inter-contrat, donc sans mission et sans activité », explique Franck Laborderie, secrétaire général CGT.

Maintien de l’emploi sans baisse de salaire pour la CGT

La direction indique sur son site internet qu’elle envisage la mise en œuvre d’un plan de restructuration « adapté à la charge actuelle de la société dans un secteur aéronautique où la reprise ne se matérialise pas ». Et, ce jeudi 5 novembre, une première réunion de consultation s’est tenue à Blagnac en présence du patron France, Paolo del Noce, et les organisations syndicales. Parmi les sujets abordés : l’activité partielle longue durée (APLD), un accord de performance collective (APC) et un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

« La direction a jeté sur la table des pistes pour prendre la température, pour observer nos réactions et constater les forces en présence », rapporte M. Laborderie. « Le salarié devient un coût qui va payer les erreurs de la non diversification de l’activité vers l’intelligence artificielle », regrette le secrétaire général CGT. « Or, il faut réfléchir autrement. » La formation des salariés est une carte à jouer pour le syndicat.

Dans le cadre de la procédure d’information et de consultation des instances représentatives du personnel, des réunions s’organisent chaque semaine, et ce, que jusqu’au 3 décembre. Mais d’ores et déjà, la CGT affirme que la direction « rajoute de la pression à la pression ». « Elle veut aller vite pour que les investisseurs obtiennent un retour rapide à la rentabilité », assure la CGT qui, de son côté, veut « maintenir l’emploi, sans baisse de salaire ».
Audrey Sommazi

Sur le photo : Le site de Akka Technologies à Blagnac, dans le quartier Andromède. Crédit : Rémy Gabalda - ToulÉco

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Source : https://www.touleco.fr/AKKA,29886