Aéronautique. Comment Femso se réinvente depuis Toulouse

Chasse aux dépenses et diversification : dix mois près le début de la crise liée à la pandémie, l’usineur Femso, situé à Aucamville près de Toulouse, met tout en oeuvre pour résister au trou d’air.

« Nous sommes encore en plein orage. Mais comme le pilote de course, j’accélère dans le virage pour sortir de la courbe », estime Gilles Verhelst. Le patron de Femso Industrie déploie depuis des mois une énergie folle pour conserver les emplois. « Je me bats pour mes gars, pour résister », insiste-t-il. Son entreprise, spécialisée dans l’usinage de pièces mécaniques, à Aucamville, était très dépendante de l’aéronautique. Comme beaucoup de petites structures de rang 2 et 3 du territoire toulousain, elle a très vite déchanté lorsque la crise sanitaire a cloué au sol les avions.

Pour parer au plus pressé, le dirigeant a orienté une partie de sa production vers la fabrication de visières en plastique. Un choix porteur mais de courte durée. Car si la production a assuré du travail à la moitié de l’effectif, elle fut contrainte de s’arrêter en juin avec la généralisation des masques en tissu. Loin de se laisser abattre, le patron à l’optimisme infaillible n’a jamais pensé à déposer le bilan, ni à mettre en place un plan de restructuration. Le dirigeant de cette PME d’une douzaine de salariés préfère diviser par deux son salaire et chasser les dépenses. Le lavage des machines est ainsi réintégré au sein de l’entreprise, tout comme le ménage.

Nautisme et mobilité

En parallèle, il entame sérieusement, dès l’été, la diversification de son activité, en identifiant les secteurs et les clients. Et en ce début d’année, il commence à récolter les fruits. Le dirigeant vient de signer un contrat de distribution exclusive d’une durée de trois ans avec la start-up Capt’ain chercheur, spécialisée dans la recherche de pièces détachées pour les bateaux. Ce partenariat stipule que Femso usine une quarantaine de références, inscristes sur le catalogue 2021.

Gilles Verhelst précise également qu’un accord a été trouvé avec Heko Rider, installé à Montaigut-sur-Save (Haute-Garonne), qui porte sur la réalisation d’un prototype d’un vélo tout terrain électrique haut de gamme. Enfin, Femso est en pourparlers avec Bike Prod, un garage consacré aux motos Harley Davidson, lui aussi installé à Aucamville. « Pour l’instant, nous n’avons pas comblé le manque de l’aéronautique. Nous travaillons encore dans une situation dégradée. On résiste et on s’appuie sur le chômage partiel et le Prêt garanti par l’État. Mais, les efforts payent », se réjouit-il.
Audrey Sommazi

Sur la photo de Une : Gilles Verhelst, le patron de Femso Industrie, dans son entreprise spécialisée dans l’usinage de pièces mécaniques, à Aucamville.

Sur la deuxième photo, le patron est entouré par une partie de son équipe. « Je me bats pour mes gars. »

Sur la troisième photo, le nautisme est un des leviers de diversification de Femso. Jusqu’en mars 2020, l’aéronautique pesait 70% du chiffre d’affaires. Avec la crise, la PME a divisé son résultat par trois.
Crédits : Rémy Gabalda-ToulÉco.

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