Aéronautique. « Mieux prendre l’avion, pas plus », estime le collectif PAD

article diffusé le 21 mars 2021

Préserver la filière et ses emplois ainsi que l’environnement. Le collectif Pensons l’aéronautique pour demain réfléchit à des pistes pour l’après-Covid. Maxime Léonard, porte-parole, livre quelques propositions.

Maxime Léonard, comment est né le collectif Pensons l’aéronautique pour demain (PAD) ?
Durant le premier confinement, il y a eu des échanges de tribunes. Celle de la bande des quatre (Attac, Copernic, Amis du monde diplomatique et Université populaire de Toulouse) s’intitulait « Toulouse, le syndrome Détroit ». D’autres organisations ont suivi telles que le Manifeste pour l’industrie ou encore l’Atelier d’écologie politique et le collectif contre les nuisances aériennes.
Toutes ces organisations sont d’accord sur le fond et c’est ce qui a motivé notre rencontre le 16 juin 2020, au Bijou, à Toulouse. On s’est laissé l’été pour cogiter et, le 10 octobre, nous avons organisé un forum social. Il était notre point de départ pour rassembler les bonnes volontés et réfléchir à l’après-Covid. Se sont ensuite succédé trois ateliers.

Qu’est ce qui ressort de ces réunions ?
Notre idée est de porter une autre voix, différente de celle qu’on entend aujourd’hui, qui est de dire que le trafic aérien reprendrait sa croissance d’avant-crise en 2024. Ou encore qu’un avion vert permettrait d’atteindre les objectifs environnementaux. Nous voulons coupler l’emploi et l’environnement afin que le transport aérien - les industries et les compagnies aériennes – s’adapte et puisse répondre aux enjeux climatiques.

Quelles sont les alternatives dégagées ?
J’insiste sur un élément : nous sommes pour que les avions volent. Mais, dans une moindre mesure. Il faut penser à développer de nouveaux usages sociétaux, comme le télétravail ou les réunions et les formations à distance. Tout en développant un avion réellement écologique car il y aura toujours des besoins (voyages familiaux, humanitaires...). Pour nous, il s’agit de mieux prendre l’avion, pas plus, et privilégier la qualité sur la quantité.

Par quel moyen ?
Il faut que les entreprises se diversifient en allant vers d’autres marchés, d’autres produits. On peut imaginer que l’ingénierie se transpose, avec l’aide de formations, au secteur du ferroviaire et aux énergies renouvelables.

Est-ce suffisant ?
Il est important que le gouvernement joue son rôle et lance une dynamique. Avec le plan de relance annoncé en juin, il aurait dû amorcer des chantiers de la transition écologique. Or, il finance des aides sans aucune condition pour les entreprises. Celles-ci peuvent licencier.
Le gouvernement devrait également solliciter les salariés au chômage partiel pour qu’ils planchent sur la diversification. Une étude de la coordination aéronautique de la CGT montrait que les salariés étaient partants.

Comment allez-vous procéder pour que ces idées aboutissent ?
Nous allons créer un événement, des assises ou un forum. Nous présenterons ces propositions
aux décideurs politiques et économiques. Mais notre crédibilité devra être appuyée par les citoyens. Il faut peser collectivement sur les décisions.
Propos recueillis par Audrey Sommazi

Sur la photo : Maxime Léonard, représentant du collectif « Pensons l’aéronautique pour demain ».
Crédit : Rémy Gabalda - ToulÉco.

P.S. :

Le collectif Pensons l’aéronautique pour demain (PAD) regroupe : la CGT coordination de l’aéronautique, les Étudiants pour une aéronautique soutenable, le Collectif contre les nuisances aériennes de l’agglomération toulousaine, l’Atelier d’écologie politique (Atécopol), les Amis du monde diplomatique de Toulouse, le Manifeste pour l’industrie, la fondation Copernic, Icare (salariés indépendants), « Non au T4 » et l’université populaire de Toulouse.

1 Message

  • Chantal Beer-Demander le 22 mars 17:14

    La vision du transport aérien telle que l’évoque Maxime Léonard est la seule qui soit capable de répondre aux enjeux sociaux, économiques, environnementaux de la planète, de la France et de la Région.
    Construire des avions et les faire voler sera toujours une nécessité mais penser doubler le trafic tous les 15 ans est une hérésie.
    L’avion est à consommer avec modération si l’on veut sauver la planète du dérèglement climatique et préserver les populations survolées, du bruit et de la pollution

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Source : https://www.touleco.fr/Aeronautique-Mieux-prendre-l-avion-pas-plus-estime-le-collectif,30823