Aéronautique. Comment Airbus réintègre ses activités industrielles

L’avionneur a dévoilé un plan de réorganisation qui prévoit la création de deux nouvelles filiales dans lesquelles seront regroupées les activités aérostructures en France et en Allemagne. La CFTC approuve le projet mais reste vigilante.

Pour la première fois depuis le plan Power 8, en 2008, qui avait suivi la crise de l’A380, Airbus revoit sa copie en matière d’organisation industrielle. Et en particulier en matière d’aérostructures.
C’est ce que l’avionneur a annoncé lors d’un comité d’entreprise européen, qui s’est déroulé mercredi 21 avril. Devant les organisations syndicales, Airbus a dévoilé les détails de la réintégration de l’assemblage des aérostructures, qui constituent les principaux éléments de l’avion. À savoir les différents tronçons de fuselage, la pointe avant, les ailes, le caisson central de voilure, dont la fabrication est aujourd’hui répartie entre de nombreux sites en France, mais aussi en Allemagne.

Une nouvelle société en France devrait regrouper les activités réalisées au sein des sites Airbus de Saint-Nazaire et de Nantes avec celles opérées par Stelia Aerospace dans le monde entier. Une autre société en Allemagne regrouperait les activités du site de Stade et de Hambourg, avec celles de Premium Aerotec installées à Nordenham, Brême et à Augsbourg.

« Ces deux nouvelles sociétés d’assemblage d’aérostructures, toutes deux détenues à 100% par Airbus, ne seraient plus considérées comme fournisseurs d’Airbus mais intégrées dans le périmètre du groupe, simplifiant à la fois la gouvernance et les interfaces dans un nouveau dispositif industriel », a précisé Airbus.

Création en janvier 2022

« Ce projet est maturé depuis deux ans et est dans la droite ligne du discours de Guillaume Faury. Le patron avait annoncé, il y a quelques temps, que l’activité aérostructure est un coeur de métier », observe Florent Veletchy, délégué syndical central du syndicat CFTC chez Airbus. « C’est un discours engageant et rassurant », note-t-il, à condition que « les aérostructures du nouvel avion du futur soient développées et produites dans ces nouvelles entités et en France ».

« On va rester vigilant sur la pérennisation de l’emploi et sur le contrat social, même si la direction nous a indiqué que ce projet ne serait pas assorti d’un plan d’adaptation », poursuit M. Veletchy.
Désormais s’ouvrent des réunions d’information et de consultation des organisations syndicales. Les deux sociétés devraient être opérationnelles en janvier 2022.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Des employés d’Airbus travaillent sur une ligne d’assemblage. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Airbus-reintegre-ses-activites-industrielles,31118