Alain Condaminas, Banque Populaire Occitane : « Les PGE ne sont pas des subventions »

La Banque Populaire Occitane dresse un premier bilan de la crise économique, consécutive à l’épidémie de coronavirus. Alain Condaminas, son directeur, insiste notamment sur la question du remboursement des PGE. La banque en a accordé 8000 pour une somme totale d’1 milliard d’euros. 15 % des entreprises pourraient avoir des difficultés à rembourser.

« Nous vivons une récession jamais vue, une crise extraordinaire, supérieure à celle de 2008 et sans doute à celle de 1929. Mais, contrairement aux précédentes crises, les banques ne sont pas le problème, mais sont une partie de la solution », estime le directeur de la Banque Populaire Occitane.

C’est effectivement vers les banquiers que se sont tournés les chefs d’entreprises touchés par la crise sanitaire pour déclencher, dès le printemps dernier, les fameux PGE (Prêt garanti par l’État). Le but du prêt est d’éviter la faillite à une entreprise dont la trésorerie est fortement menacée [1]. Pour expliquer la situation, Alain Condaminas use de la métaphore : « On a vécu un incendie violent et destructeur. Pour l’éteindre, nous avons noyé les entreprises sous de la trésorerie, les dégâts des eaux se préparent quand il va falloir rembourser. » Le banquier a tenu à rappeler qu’il n’y avait pas « d’argent magique » et que « les PGE ne sont pas des subventions ».

Un Prêt garanti par l’État qu’il faudra rembourser

Le directeur de la Banque Populaire Occitane tient toutefois à se montrer rassurant : « Les trois-quarts des entreprises ont une capacité de remboursement suffisante et satisfaisante pour les PGE. » 10 % des prêts sont portés par des entreprises à risques, mais pour lesquelles des solutions existent tout de même (restructuration de dette, etc.). La préoccupation est pour les 15 % des entreprises qui présenteront des difficultés importantes pour rembourser. Le directeur souhaite que les entrepreneurs, sans s’empêcher de recourir aux PGE, prennent en compte la question du remboursement, notamment « lorsqu’ils demandent plusieurs prêts garantis par l’État ». Le but est d’éviter trop de défaillances d’entreprises. « Pour le moment, elles sont étonnamment peu nombreuses. On peut s’en réjouir », estime Alain Condaminas. Les prêts garantis par l’État restent ouverts jusqu’au 31 décembre.

Le directeur rappelle qu’au plus fort de la crise sanitaire, fin mars-début avril, la BPO avait assuré « 28.000 reports d’échéance de prêt à six mois » pour permettre aux chefs d’entreprise d’affronter plus sereinement cette situation inédite. Depuis fin septembre, début octobre, ces sociétés doivent donc à nouveau rembourser leurs prêts en cours avant la crise sanitaire.

Du côté des ménages, l’incertitude actuelle pousse à l’épargne. La banque observe une hausse de 15 % des dépôts sur les livrets A. Autre annonce, au moment où les nouvelles sur le front de l’emploi ne sont pas spécialement bonnes, notamment pour les plus jeunes, la Banque Populaire Occitanie devrait recruter 100 alternants en 2020 et embaucher 150 personnes pour remplacer les départs à la retraite.
Matthias Hardoy

Sur la photo : Alain Condaminas, directeur de la Banque Populaire Occitanie. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.

Notes

[1Aucun remboursement de prêt ne sera exigé la première année. Le coût peu élevé de cette garantie est calculé au cas par cas : de 0,25 % à 0,50 % du montant du prêt.

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Source : https://www.touleco.fr/Alain-Condaminas-Banque-Populaire-Occitane-Les-PGE-ne-sont-pas,29695