Amélie Starace, Dev-id : « Notre méthode de formation est proche de celle des compagnons du devoir »

Implantée à Marseille et Toulouse, Dev-id crée des solutions web pour des grandes entreprises comme Airbus et des startups. C’est aussi un centre de formation. Amélie Starace, sa directrice communication nous parle des derniers projets d’une jeune pousse en plein développement.

Amélie Starace, pourquoi Dev-id est- il à la fois un prestataire et un centre de formation ?
Dev-id est née en 2017 à Marseille. Nous avons désormais un site marseillais, où travaillent administratifs et développeurs, et un site toulousain pour les designers web. Nous avons une quarantaine de collaborateurs. Notre activité historique est le développement et la conception d’applications mobiles et web. Nous embrassons des domaines qui vont de l’e-food à l’industrie. Dev-id travaille à la fois pour des porteurs de projets, des start-up et des grands comptes comme Airbus. Nous avons réalisé un chiffre d’affaires d’un million d’euros en 2020 et nous visons 1,4 million d’euros pour 2021.

Nous sommes devenus un centre de formation au moment où nous avons vécu une phase de croissance importante lors de laquelle nous avons dû recruter davantage. Nous nous étions rendus compte que les jeunes recrutés n’avaient pas tout à fait le niveau d’exigence que l’on attendait. Il fallait absolument qu’ils continuent à se former et ainsi monter en compétence.

Comment s’articulent les deux dimensions de votre activité ?
Lorsqu’ils sont en phase de croissance et réalisent un chiffre d’affaires conséquent, nos clients ont la capacité d’embaucher des développeurs à plein temps et ont donc moins tendance à faire appel à un prestataire comme nous. Notre idée à travers la Dev-id Academy consiste à former de façon poussée un développeur sur le produit d’un client qui nous choisit. L’entreprise pourra l’internaliser par la suite en étant sûr qu’ils auront un collaborateur qui maîtrise parfaitement le projet.

Quel est le parcours des développeurs qui viennent chez vous ?
Il y a deux types de profils. Des jeunes qui sortent d’écoles d’informatique, comme Epitech, et des personnes en reconversion. Ces derniers exerçaient des métiers très divers (boucher, photographe, secrétaire médical, etc.). S’il y a une majorité d’hommes chez les développeurs qui sortent d’écoles, il y a la parité parmi les personnes qui entament une nouvelle vie professionnelle. Nous organisons deux à trois sessions de formation par an. En janvier, nous avions par exemple seize personnes à l’académie. Nous allons commencer une nouvelle session le 13 septembre. Durant neuf mois de formation, ils sont très encadrés par nos développeurs masters expérimentés. On aime comparer notre méthode à celle des compagnons du devoir, chez les artisans.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur votre application crée pour Airbus ?
Pour Airbus, nous avons réalisé une application qui permet aux conducteurs d’engins de pouvoir se repérer et se déplacer dans les chantiers du constructeur aéronautique. Il faut savoir qu’ils sont absolument immenses, sans chemins tracés, avec des zones dangereuses dans lesquelles des véhicules ne doivent absolument pas passer.

Quels sont vos projets actuels ?
En ce moment, nous communiquons sur plusieurs applications. L’appli Rottor, qui marche avec un objet connecté pour les motards, va conseiller des itinéraires et des balades tout en les alertant sur les dangers de la route. Il y a aussi Kabriol, application mobile qui accompagne les enfants sur les trajets en voiture en leur proposant des jeux ludiques en rapport avec les endroits traversés. Supervize est un site web qui met en relation de personnes en train de passer le permis de conduire et des personnes ayant plus de cinq ans de permis pouvant être leur superviseur. L’objectif est pour le candidat d’avoir des heures de conduite deux fois moins chères que dans les auto-écoles classiques et pour le superviseur de s’assurer un complément de revenus.

La crise économique a-t-elle changé quelque chose dans votre activité ?
Au début de la crise sanitaire, le monde s’est figé. Nous avons alors connu un ralentissement d’activité, mais celui-ci a été bref, car le besoin en projets numériques n’a pas cessé. Nous avons eu toutefois un peu plus de temps pour réfléchir à notre propre organisation et nous avons pu développer Spacees, un outil pour organiser les plannings de télétravail chez nous. Désormais, nous proposons cette solution à nos clients. Nous avons aussi décidé d’ouvrir un studio d’animation en embauchant un spécialiste de la 3D. Une partie de notre équipe était très intéressée par cette dimension animation-jeu vidéo et voulait être formée en ce sens. Cela va être une montée en compétence pour eux. Dans les mois qui viennent, nous allons pouvoir proposer à nos clients des applications qui utilisent l’animation pour des serious game ou dans le cadre de procédures de recrutement.
Propos recueillis par Matthias Hardoy.

Sur la photo de Une : Une partie de la jeune l’équipe Dev-id (de gauche à droite : Nora, Mathis, Paul, Daniel, Cyrielle, Camille et Nacer. Crédits : Dev-id.
Dans l’article : Amélie Starace, directrice communication de Dev-id. Spacees, un outil pour organiser les plannings de télétravail développer chez Dev-id. Crédits : Dev-id.

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Source : https://www.touleco.fr/Amelie-Starace-Dev-id-Notre-methode-de-formation-est-proche-de,31877