Box alimentaires : La Brigade de Véro, success story d’une entrepreneuse sexagénaire

La Brigade de Véro se distingue sur le marché des box alimentaires par son positionnement premium. Après une première levée de 2,3 millions d’euros en 2021, une seconde est prévue en 2023 pour financer un développement dans les pays scandinaves. Une histoire entrepreneuriale inédite, menée par Véronique Capon. Salariée toute sa vie, elle a créé La Brigade de Véro en 2017, à plus de 60 ans.

Il n’y a pas d’âge pour entreprendre. En 2017, Véronique Capon lance La Brigade de Véro, des box alimentaires vendues sur le web. Elle était alors âgée de 62 ans, et avait été salariée toute sa vie, dans l’immobilier commercial et en tant que saisonnière. « Je ne supportais plus mes kilos en trop. Je me suis mise à tester des régimes, mais aucun ne me donnait satisfaction, car je ne veux surtout pas me priver, ni sacrifier les bons produits ! », sourit-elle. D’où l’idée de créer, au début pour ses amies et elle-même, des plats « diététiques, frais et avec du goût. Mon fils Arthur, qui faisait des études à Londres, m’a conseillé de les vendre sur Internet, avec un service de livraison. »

Cinq ans et une levée de 2,3 millions d’euros (en 2021, auprès de business angels) plus tard, La Brigade de Véro livre 2000 box chaque semaine en France et en Belgique. Le positionnement est premium, avec un panier moyen de 88 euros par personne, pour une durée moyenne d’abonnement de dix semaines par an.

Développement en Europe du nord

Une seconde levée de fonds, « de plusieurs millions d’euros », est prévue pour 2023, pour financer un développement dans les pays scandinaves. « Sur ces marchés, le rayonnement de la cuisine française est très puissant », confie-t-elle. Également en projet, la création d’une application, pour que les clients « gèrent leur alimentation de façon autonome ».

atelier_brigade_de_vero_3_.jpg

La Brigade de Véro mise sur le "fait maison", « sans produit transformé ni conservateur ajouté, additif ou épaississant. Nous nous fournissons auprès de producteurs locaux du marché d’intérêt national de Montpellier », précise la dirigeante, épaulée par son fils Arthur, devenu président, et son mari Philippe, ainsi que Romain Roques, directeur général et cofondateur. Le procédé de conservation, qui consiste à enlever l’oxygène des barquettes et à le remplacer par du CO2 et de l’azote, permet l’usage de 90 % de produits frais et 10 % de produits surgelés. Les box sont consommables quinze jours après leur production. La livraison est effectuée par Chronofresh, le colis étant maintenu entre 0 et 4°C.

La Brigade de Véro a réalisé en 2021 un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros, avec un prévisionnel de 7,5 millions d’euros cette année, et emploie soixante-six salariés. Un laboratoire de cuisine de 2500 m2, avec salle blanche, a été créé en 2021 à Montpellier, mobilisant un investissement de 1,8 million d’euros. La PME vise un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros l’an prochain, et 20 millions d’ici à 2025. Ce qui porte le marché ? « Les gens ont de moins en moins le temps, et ne savent plus cuisiner. Ils ne savent plus faire la différence entre un fenouil et un poireau ! », se désole-t-elle. Dans ce contexte, La Brigade des Menus met en ligne ses recettes : la dirigeante estime que le risque est faible d’y perdre en business.

La Brigade de Véro se fait connaître « par les réseaux sociaux et des pubs sur Internet. Mais le bouche-à-oreille fonctionne aussi. Un signe qui ne trompe pas : beaucoup de nouveaux clients portent le même nom que des anciens clients, preuve de l’efficacité du concept », se félicite Véronique Capon.
Hubert Valiatte

Sur la photo : Véronique Capon et son fils Arthur. Crédit photo : DR.

Réagir à cet article

Source : https://www.touleco.fr/Box-alimentaires-La-Brigade-de-Vero-success-story-d-une,35996