Covid-19. « Les équipes du Cnes aident les industriels du spatial à dépasser cette période difficile »

article diffusé le 5 avril 2020

Alors que le salon Meett in Space qui devait se dérouler à Toulouse en juin est reporté, Lionel Suchet, directeur général du Cnes, fait le point sur la filière du spatial à l’épreuve du Covid-19.

Lionel Suchet, le salon Meett in Space, organisé du 17 au 19 juin au nouveau parc des expositions à Toulouse, est-il annulé ou reporté ?
Cette édition était un nouveau format, qui remplaçait le Toulouse Space Show, dont le Cnes est partenaire depuis le début, depuis dix ans. Avec Toulouse Métropole, la CCI et la Région, notre ambition était de faire un grand événement du spatial à Toulouse pensé comme un lieu de rencontre ouvert au grand public, autour de thématiques et d’enjeux. Je rappelle qu’à Toulouse, l’écosystème y est très riche avec un quart des emplois européens, des grands structures comme Airbus Defence and Space ou Thales Alenia Space, des laboratoires, des écoles... Nous avons pris la décision de le reporter. On se place sur une année paire, en s’intercalant avec le salon du Bourget, qui se tiendra en juin 2021.

Peut-on déjà mesurer les conséquences de ce report sur la filière ?
C’est dommage oui, mais les conséquences sont mineures. Ce n’est pas catastrophique. Nous avions à peine commencé l’organisation. Nous n’avions pas non plus effectué de dépenses importantes.

Plus largement, est-ce que la filière accuse déjà des retards de fabrication de satellites et des retards dans le lancement de programmes spatiaux ?
Il y a des impacts. Le Centre spatial guyanais à Kourou a suspendu les lancements. Mais le spatial a la chance d’avoir des cycles longs : les programmes s’établissent sur dix ans. Au début de la crise, la chaîne de fabrication était à l’arrêt le temps de s’organiser. Elle tourne désormais au ralenti et les programmes se poursuivent. Car une bonne partie de la construction d’un satellite (étude et concept, par exemple) peut se faire par télétravail. Sur place, dans les salles blanches, les équipes certes moins nombreuses, alternent. Ce process permet d’assurer l’activité.
Au Cnes, nous sommes vigilants et attentifs. Nous avons monté un observatoire de la situation en lien avec les industriels et les pôles de compétitivité, qui édite toutes les semaines un rapport.

Certaines entreprises rencontrent-elles déjà des difficultés ?
Oui, nous traitons les problématiques en menant des actions. Nous leur proposons la possibilité d’aménager au cas par cas les conditions d’exécution des marchés avec le report d’échéances avec neutralisation des sanctions de type réfactions et pénalités. Une partie de nos équipes travaille afin d’aider les industriels à dépasser cette période difficile.
Propos recueillis par Audrey Sommazi

Sur la photo : Une image de la terre par Pleiades, le système optique développé sous l’égide du Cnes et Lionel Suchet, directeur général du CNES. Crédits photo DR et L. Lecarpentier - Cnes.

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Source : https://www.touleco.fr/Covid-19-Une-partie-des-equipes-du-CNES-aide-les-industriels-du,28431