Aéronautique. Depuis Toulouse, des salariés de AAA Aéro dénoncent le plan social

Une cinquantaine de salariés se sont rassemblés devant les grilles de leur employeur AAA Aéro à Colomiers pour peser dans les négociations avec la direction qui prévoit de supprimer 299 emplois.

« On sait que la rentrée sociale va être forte », nous avait prévenus en juillet dernier Gaëtan Gracia, délégué syndical CGT aux Ateliers Haute-Garonne, spécialisés dans les rivets. Et ce mardi 8 septembre, les salariés d’Assistance Aéronautique et Aérospatiale (AAA Aéro) ont donné le la. Depuis Colomiers, ils étaient une cinquantaine, à l’appel de la CFDT, à se rassembler derrière une banderole commune sur laquelle on pouvait lire « AAA, Aucun Avenir Assuré ».

Car, dans le sillage d’Airbus, son principal client touché par l’arrêt du transport aérien dû à la crise du Covid-19, ce prestataire de services taille sévèrement dans ses effectifs. Annoncé début juillet, son plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévoit de se séparer de 719 emplois sur 1600, ouvrant alors la voie à des négociations avec les organisations syndicales. Et, sans surprise, Toulouse paye un lourd tribut avec 299 suppressions de poste sur les 600 environ que compte le site columérin. Le site de Tarbes (Hautes-Pyrénées) est aussi concerné avec la perte de 78 postes.

« Notre objectif est de casser ce plan. On veut que le PSE n’existe pas », lance Brigitte Giro, déléguée syndicale CFDT, munie d’une casserole à la main pour faire du bruit. « On veut faire avancer les choses, ajoute-t-elle plus posément. Faire des propositions à la table des négociations pour limiter la casse. » Parmi lesquelles : des primes de départ et des mesures d’accompagnement au reclassement sur dix-huit mois minimum. Or, regrette la déléguée syndicale, « avec la direction, tout est a minima. Aussi, on appelle à un mouvement de protestation de longue durée. »

Vingt PSE en Haute-Garonne

« Le sujet principal est l’argent et la recherche d’économies, pas le maintien des compétences, dénonce Julien Da’Rolt, délégué syndical CFDT, depuis le site de Méaulte (Somme) également touché avec 139 suppressions de postes. La direction veut aller vite. C’est un rouleau compresseur. Le PSE doit être bouclé en deux mois, au lieu de quatre. »

Ce sous-traitant n’est pas le seul à mettre en place un PSE. La tempête que traverse l’aéronautique menace l’équilibre de l’aire métroplitaine, qui concentre près de 450 entreprises et 95 000 emplois. Airbus, le premier constructeur mondial, a annoncé la couleur fin juin avec un plan social le plus lourd de son histoire : 3600 postes supprimés à Toulouse, dont 2398 à la production et 980 au siège, le reste étant réparti dans ses filiales ATR et Stelia Aerospace.

Dans le département de la Haute-Garonne, vingt plans sociaux, avec plusieurs milliers de postes en jeu, sont en cours d’instruction, révèle la direction régionale des entreprises (Dirrecte).
Audrey Sommazi

Sur la photo : Les salariés de AAA Aéro en colère, ce mardi devant les grilles de leur employeur à Colomiers. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Crise-de-l-aeronautique-Depuis-Toulouse-des-salaries-de-AAA-Aero,29392