Espace. L’Américain Rocket Lab, futur lanceur des nanosatellites Kinéis

La mise en orbite des vingt-cinq nanosatellites de Kinéis dédiés à l’internet des objets démarrera en avril 2023 depuis la Nouvelle-Zélande. L’opérateur satellitaire toulousain s’est engagé avec le lanceur américain Rocket Lab, spécialisé dans les fusées de petite charge.

Après avoir levé 100 millions d’euros en janvier 2020 pour financer sa constellation de nanosatellites dédiée à l’internet des objets, Kinéis franchit un nouveau cap. La filiale de CLS et du Cnes, créée en août 2018 à Toulouse, vient de s’engager avec Rocket Lab. La société américaine, spécialisée comme SpaceX dans la mise en orbite de satellites, assurera la mission de lancement depuis sa base de Nouvelle-Zélande.

Seuls « passagers » de la fusée Electron de Rocket Lab, les vingt-cinq nanosatellites de Kinéis seront déposés sur une orbite terrestre basse à 650 km d’altitude, en cinq tirs successifs à partir d’avril 2023, dans un délai de neuf mois. La constellation de fabrication toulousaine - Thales Alenia Space pour la charge utile et Hemeria pour la plateforme – sera ainsi opérationnelle en un « temps record » selon Kinéis. « Nous avions besoin d’un micro-lanceur accessible sur le plan du prix et flexible pour pouvoir choisir les dates et l’orbite précise. Rocket Lab est le plus mature des petits lanceurs avec vingt tirs à son actif et deux-cents satellites déjà lancés », souligne Alexandre Tisserand, président de Kinéis.

De nouveaux marchés

Les vingt-cinq nanosatellites de Kinéis s’ajouteront aux huit satellites que la société opère déjà pour le système Argos de collecte de données et de localisation de balises dédié à l’étude et à la protection de l’environnement. L’objectif étant de démocratiser la technologie Argos jusqu’à présent déployée pour le monde scientifique et de l’étendre à l’ensemble du marché de l’internet des objets (IoT). Une fois opérationnelle, la flotte de Kinéis lui permettra d’approcher de nouveaux marchés comme la logistique, l’agriculture connectée, le suivi d’animaux d’élevage ou l’énergie.

« Notre offre de connectivité va être démultipliée sur le plan de la capacité et de la performance. Plusieurs millions de balises pourront se connecter au système et les données seront accessibles beaucoup plus rapidement. Aujourd’hui, par exemple, pour le suivi d’animaux, elles parviennent à nos clients toutes les 1 heures 30 - 2 heures. Demain, le temps de revisite, c’est-à-dire de passage entre deux satellites, sera de 10 à 15 minutes pour des données quasiment en temps réel », explique Alexandre Tisserand.

Au-delà de CLS, sa maison-mère à qui elle vend sa connectivité pour le système Argos, Kinéis fournit une cinquantaine de clients, dont Orange pour le développement de terminaux hybrides terrestre/satellite ou encore Vinci Construction pour le suivi d’engin de chantier au Canada. En 2021, la société au chiffre d’affaires de 7 millions d’euros a intégré le programme French Tech Next40 et remporté deux projets financés par l’Europe pour la prévention des incendies et le suivi d’élevages extensifs.
Johanna Decorse

Sur les photos :
> Le contrat de multi-lancements remporté par Rocket Lab avec son lanceur Electron, prévoit cinq tirs successifs. Crédits : Rocket Lab
> La constellation de vingt-cinq nanosatellites Kinéis sera déployée sur neuf mois à partir d’avril 2023. Crédits : Kinéis.

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Source : https://www.touleco.fr/Espace-L-Americain-Rocket-Lab-futur-lanceur-des-nanosatellites,31963