Quel est l’état du financement immobilier en ce début 2026 ?
Tout au long de l’année 2025, nous avons enregistré une remontée des taux, faible mais presque continue, conséquence de la hausse des taux de refinancement des banques de 0,15 %. Cette hausse s’est mécaniquement reportée sur les taux de crédits octroyés aux particuliers. Aujourd’hui, en Occitanie, les banques prêtent entre 3,25 et 3,45 % en moyenne sur 25 ans et entre 3,10 % et 3,20 % en moyenne sur 20 ans.
Cette remontée des taux freine-t-elle la demande de financements ?
Non, pas vraiment. Au sein de notre réseau Cafpi sur l’ensemble de l’Occitanie, les financements ont même progressé de 35 % entre 2024 et 2025 et cela se poursuit en 2026. Si l’on élargit au grand Sud-Ouest, la progression atteint même 48 %. Il ne s’agit plus, selon moi, de rattrapage, car 2025 s’impose comme la seconde année consécutive de forte progression des financements. Aujourd’hui, en réalité, la dynamique de l’immobilier ancien n’est pas mauvaise sur un marché que je qualifie de classique, entre 200 et 400.000 euros, grâce à des prix contenus ces derniers mois. Les demandeurs sont essentiellement de jeunes accédants de résidences principales, pour lesquels les taux sont acceptables. D’ailleurs, les primo-accédants représentent, chez Cafpi, 35 à 40 % des financements, contre 30 % il y a quelques années.
Dans ce contexte, les banques prêtent-elles facilement ?
Globalement, oui, et l’on voit peu de refus à condition, bien sûr, de respecter les règles : impossible de financer à 110 % et de dépasser les 35 % d’endettement. Dans le détail, en revanche, on note des écarts impressionnants dans les propositions, d’une banque à l’autre, d’un mois à l’autre. Ceci s’explique par le fort climat d’incertitude actuel, auquel les établissements bancaires n’échappent pas. En effet, pour tous les taux et crédits octroyés fin 2025, les fonds ne se débloquent que maintenant ; mais déjà, certaines banques anticipent les éventuels mouvements de taux de refinancements auxquels elles pourraient être soumises dans les prochains mois. Résultats, elles financent plus ou moins bien l’immobilier. Avec ou sans courtier, il me semble aujourd’hui indispensable de faire jouer la concurrence en dehors de sa propre banque.
L’Observatoire crédit logement CSA prévoit que ce contexte économique incertain pourrait contribuer à faire monter les taux courant 2026. Qu’en pensez-vous ?
Je veux rester optimiste. Aucun scénario ne prévoit que l’on pourrait repasser la barre des 4 % et surtout pas de façon aussi brutale que nous l’avons connu. Puis, surtout, je veux rappeler que l’évolution des taux reste, avant tout, liée à celle du marché : si les taux remontent, les prix sont réajustés à la baisse… et inversement.
Propos recueillis par Béatrice Girard
Sur la photo : Les primo-accédants représentent aujourd’hui jusqu’à 40 % des financements, mesure Nicolas Puglièse le directeur régional Occitanie Cafpi. Crédit : DR.
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