Immobilier. Pourquoi sera-t-il plus difficile d’emprunter à Toulouse en 2020 ?

Après une année 2019 tonitruante et plus d’un million de transactions immobilières enregistrées en France, le haut conseil de stabilité financière a recommandé aux banques de durcir leurs conditions d’octroi de crédits.

À Toulouse en 2019, l’activité des crédits immobiliers a été à l’image du marché : hyper dynamique. « Le marché toulousain n’a cessé de croître durant cette période. Nous avons enregistré par exemple un volume d’affaires en hausse de 15% et les banques ont prêté, y compris lorsque les acquéreurs ne disposaient pas d’apport », décrit Lucile Mathern, directrice du groupe d’agences Meilleurtaux à Toulouse, Blagnac et Ramonville.
Parmi les clients de ce courtier en 2019, 80 % étaient des acheteurs de résidence principale et 20 % des investisseurs. 35 % étaient des primo-accédants et 65 % réalisaient une seconde accession ou un investissement locatif.

Un panier moyen en hausse constante

À Toulouse depuis deux ans, le « panier moyen » consacré à l’achat immobilier n’a d’ailleurs pas cessé d’augmenter. Il est passé de 189.000 euros en 2017 à 205.000 euros en 2019. Le portrait type de l’acheteur est un cadre de 36 ans et demi, qui gagne en moyenne 4770 euros, dispose d’un apport de 25.000 euros et emprunte sur 21,13 ans.
À Blagnac par exemple, 45 % de la clientèle travaillent dans le secteur aéronautique ou dans un pôle scientifique. « Pour ces profils, il était possible d’emprunter entre 0,90 et 0,95 % sur vingt ans et entre 1,10 et 1,20 % sur vingt-cinq ans, » constate Lucile Mathern.

Des durées d’emprunt revues à la baisse

La situation pourrait cependant évoluer rapidement. En effet, le haut conseil du secteur financier recommande désormais aux établissements bancaires de respecter le critère de 33 % d’endettement des ménages emprunteurs. Des recommandations renouvelées par le gouverneur de la banque de France en janvier 2020.

Désormais donc, la mensualité d’un crédit immobilier ne doit plus dépasser un tiers des revenus de l’emprunteur, alors qu’auparavant le reste à vivre du ménage était considéré par les banques. Autre consigne : limiter les emprunts sur vingt-cinq ans et plus, notamment lorsque les acheteurs n’ont pas d’apport. « Des recommandations qui ont pour conséquence directe d’exclure des finançables et notamment les plus jeunes concernés par les longues durées », estime Maël Bernier, la directrice de la communication de Meilleurtaux dans son dernier baromètre des taux. Conséquence : le courtier constate désormais au niveau national des taux moyens de 1,30% sur vingt ans et de 1,49 % sur vingt-cinq ans.
Béatrice Girard

Sur la photo : en deux ans le « panier moyen » des Toulousains consacré à l’achat immobilier est passé de 189.000 euros à 205.000 selon le courtier Meilleurtaux. Crédits : DR.

P.S. :

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