Immobilier : une rentrée toulousaine sous le signe du changement

À Toulouse, le marché immobilier reste actif, mais essentiellement porté par les petits prix. Cap sur la campagne, moins d’achat d’élite, effondrement du neuf… Voici comment la pandémie a changé les envies.

La bulle immobilière n’a pas éclaté et le marché immobilier ancien reste bien orienté dans l’agglomération toulousaine. Tel est le constat des notaires en cette fin d’été. « Le volume d’échanges reste bon et, avec un prix médian à 3100 euros/m2 dans les appartements anciens, nous ne notons pas de baisse des prix. Nous tablons même plutôt sur une hausse moyenne de 3 à 6 % d’ici la fin de l’année », décrit Philippe Pailhès, spécialiste immobilier à la chambre interdépartementale des notaires de Haute-Garonne.

Mais derrière ces chiffres, c’est bien la morphologie du marché qui a évolué. « Le marché est flottant, nous avons beaucoup de mal à vendre les beaux appartements de centre-ville dès lors qu’ils ne disposent pas de sortie », constate ainsi Diane Molinié, agent immobilier du réseau Efficity à Toulouse. Dans ce segment très haut de gamme, les agences spécialisées parlent même de « stocks » et conseillent à leurs clients de reporter les mises en vente…

L’appel de la campagne

Le phénomène touche aussi les communes et quartiers et résidentiels prisés : Balma, la Côte Pavée, Blagnac, Tournefeuille ou Les Minimes. « Les cadres sont moins présents, une part de notre clientèle habituelle a préféré quitter la ville pour acheter des maisons de campagne », résume Éric Oberdorff, de l’agence Guy Hoquet Bien à toit avenue Jean-Rieux. Même constat aux Minimes, où les prix restent stables mais les budgets revus à la baisse. Partout dans l’agglomération en ce moment, les biens affichés au-delà des 600.000 euros sont plus difficiles à vendre. Primo-accédants et investisseurs restent heureusement bien présents sur le marché des petites surfaces et des petits prix.

Passée par plusieurs confinements difficiles, la clientèle familiale aspire quant à elle à s’éloigner dans des communes de 3e et 4e couronnes et même jusqu’aux portes du Gers, du Tarn et du Tarn-et-Garonne. Illustration dans l’agence VM Immobilier de Virginie Montagné située rue de l’Industrie, en plein cœur de Toulouse. « J’ai vendu ces derniers mois plusieurs maisons dans le Tarn-et-Garonne à des familles avec enfants, prêtes désormais à faire la navette avec Toulouse. Jusqu’à présent, ces clients très urbains n’achetaient que dans l’agglomération toulousaine. » Conséquence inévitable de cette mise au vert ? Les prix flambent dans la grande périphérie : entre juin 2020 et mai 2021, ils ont augmenté de 10% à Fronton, de près de 14% à Bruguières, de 11% à Villefranche-de-Lauragais et de presque 12% à Cazères, selon les notaires.

Le neuf dans le creux de la vague

La rentrée est plus difficile chez les professionnels du neuf. L’Observer de l’immobilier toulousain a livré cette semaine sa photographie du premier semestre 2021 et les nouvelles ne sont pas bonnes. « Nous venons d’enregistrer le plus mauvais semestre depuis 2009 et le second trimestre 2021 a carrément été catastrophique en termes de mises en ventes dans l’aire urbaine », s’alarme Jean-Philippe Jarno, président de l’Observer de l’immobilier toulousain et directeur général des filiales France et international chez Bouygues immobilier. « Faute de permis de construire, les stocks sont en baisse de 20%. Il y a presque une pénurie de l’offre et les prix montent. » Les investisseurs déboursent désormais 4020 euros/m2 pour acheter du neuf dans l’aire urbaine toulousaine. Étant donné le temps de gestation nécessaire pour monter une opération, les promoteurs n’envisagent pas de retour à la normale avant 2023 ; et s’inquiètent désormais pour l’emploi dans le secteur.
Béatrice Girard

Sur la photo : Le marché immobilier toulousain a été rebattu par la pandémie et les belles adresses du centre-ville ne font plus rêver. Crédit Hélène Ressayres - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Immobilier-une-rentree-sous-le-signe-du-changement,31965