Jalil Benabdillah, vice-président de la Région en charge de l’Économie : « La cybersécurité est une culture »

Pour aider les entreprises à lutter contre la hausse de la cybercriminalité, l’agence de développement économique Ad’Occ a créé la plateforme Cyber’Occ. Celle-ci a pour ambition d’offrir aux entreprises une grande diversité de services dans le domaine de la cybersécurité. Jalil Benabdillah, vice-président de la Région en charge de l’Économie, l’emploi, l’innovation et la réindustrialisation, explique le fonctionnement et les perspectives de cette plateforme.

Jalil Benabdillah, quelle est la genèse de la plateforme Cyber’Occ ?
Nous sommes partis d’un constat : il y a vraiment eu une prise de conscience concernant l’importance de la cybersécurité. Celle-ci est le problème de toutes les entreprises. Avant, toutes ces problématiques paraissaient lointaines et semblaient concerner seulement les grands groupes. Aujourd’hui, c’est une réalité pour tout le monde.

Quels services propose-t-elle ?
C’est une plateforme assez complète qui a la volonté de former et sensibiliser. Nous avons aussi un projet de filière pour lier les nombreuses entreprises actives dans le domaine en Occitanie. Il faut structurer les acteurs et, pour cela, nous avons la volonté de mettre de l’ordre dans les étapes. Tout d’abord, il faut passer par la sensibilisation, ensuite par le traitement puis par la mise en relation avec des experts. Nous voulons que Cyber’Occ devienne un guichet unique, un incontournable pour les entreprises qui veulent développer leur cybersécurité. Pour cela, nous avons de nombreux outils en ligne, des appels à projets, nous proposons aussi des aides pour permettre aux entreprises d’améliorer leur cybersécurité et nous possédons également des outils de diagnostic. L’idée générale de notre plateforme est d’accompagner les néophytes mais aussi ceux qui sont plus expérimentés. Pour donner du poids à notre plateforme, nous avons candidaté pour être centre régional de la cybersécurité.

Comment va évoluer Cyber’Occ dans les années à venir ?
Nous avons plusieurs chantiers en cours. Tout d’abord, nous allons nous renforcer en interne car nous avons besoin de formateurs et d’ambassadeurs, il faut aussi que nous identifions des acteurs dans le domaine de la cybersécurité et des experts pour développer notre plateforme. Nous allons aussi continuer d’aider les entreprises à monter en compétence. Et pour en aider le plus possible, nous avons besoin de faire connaître la plateforme en tant que référence régionale, voire nationale. La partie juridique de la cybersécurité sera aussi un axe important de notre travail car c’est un sujet sensible pour lequel les entreprises ont besoin d’un bon accompagnement.

Quelles sont les principales menaces auxquelles sont exposées les entreprises dans le monde numérique ?
Personnellement, mon entreprise a eu des problématiques de cybersécurité. Nous avons donc rénové nos serveurs et nous avons aussi fait appel à un expert. Au bout du compte, cela a demandé un investissement de plusieurs milliers d’euros. Cet investissement était nécessaire pour protéger nos informations sensibles.
Cependant, les entreprises les plus fragiles dans ce domaine sont souvent celles qui n’ont pas les moyens suffisants pour se protéger, c’est-à-dire les TPE, PME et start-up. La région proposera des aides et des soutiens pour les aider dans le domaine de la sécurité, leur permettre de gagner en agilité et limiter la concurrence des Gafa, entre autres.
En matière de sensibilisation, sur le cloud et la garantie que nos données ne sont jamais perdues, il faut passer un cap, car il y a encore trop de personnes qui font plus confiance à un disque dur qui s’use qu’aux serveurs entretenus pour le cloud.

Comment voyez-vous le futur de la cybersécurité dans le monde de l’entreprise ?
Cela va surement se passer comme l’informatisation, la cybersécurité va progressivement se démocratiser. C’est une évolution normale et nécessaire. Qui plus est, aujourd’hui, les choses vont vite et il faut s’adapter. De plus, dans des domaines comme l’industrie, il faut sensibiliser à la notion de sécurité des objets. Les objets doivent eux-mêmes être dotés d’un système de sécurité. Dans le futur, il y aura peut-être des labels pour normaliser la cybersécurité. De plus, la cybersécurité, c’est une culture, avec des gestes, des réflexes et des façons de faire, plus qu’un investissement. C’est pour cela que la formation et la sensibilisation seront au cœur du futur de la cybersécurité.
Propos recueillis par Corentin Bell

Sur la photo : Jalil Benabdillah, vice-président de la Région en charge de l’Économie, l’emploi, l’innovation et la réindustrialisation Crédit : DR.

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Source : https://www.touleco.fr/Jalil-Benabdillah-vice-president-de-la-region-en-charge-de-l,31660