La Banque Populaire Occitane s’appuie sur son « dynamisme » de 2021 pour contrer les crises de 2022

La Banque Populaire Occitane dévoile de bons résultats économiques pour 2021. L’organisation bancaire régionale coopérative croit en la force de son modèle pour faire face à un contexte géopolitique complexe.

Depuis le début de l’année, les présentations du bilan 2021 des banques régionales se suivent et se ressemblent. La Banque Populaire Occitane, comme le Crédit Agricole Toulouse 31 il y a un peu plus d’un mois, parle elle aussi d’un « effet de rattrapage » après la crise sanitaire et met en avant ses « résultats solides », meilleurs que l’an passé. La banque affiche un produit net bancaire (PNB) de 386,3 millions d’euros, en progrès de 10,8 %. Son résultat brut d’exploitation s’élève à 140,1 millions d’euros (+ 25,5 %). Ses résultats nets s’établissent à 91,1 millions d’euros.

D’autres chiffres montrent qu’il y a eu « une dynamique positive ». 8000 nouveaux clients ont rejoint la banque régionale qui revendique 591.000 clients, dont 195.000 sociétaires. Côté ressources humaines, la Banque Populaire Occitane a pas mal recruté l’an passé : 357 collaborateurs l’ont rejoint, dont 181 alternants et 176 CDI. En 2022, les recrutements vont se poursuivre, mais seront légèrement moins nombreux : 200 recrutements sont envisagés, dont 150 CDI et 50 alternants. « Il va y avoir une baisse du recours à l’alternance, car nous nous sommes rendus compte que trop d’alternants partait de la banque à l’issue de leur contrat. Nous préférons en prendre moins, mais nous assurer d’avoir des profils qui souhaitent poursuivre avec nous. Quand nous prenons des alternants, c’est dans l’idée de les garder », explique Christophe Bosson, le directeur général de la Banque Populaire Occitane.

En ce qui concerne le soutien aux entreprises du territoire, la banque a donné des (bonnes) nouvelles de sa filiale capital-investissement, née en 2019. Celle-ci gère actuellement un portefeuille de soixante participations et un montant brut investi de 75 millions d’euros (en progression de 21,7 % en 2020). Le service fusion-acquisition de la banque a réalisé, de son côté, vingt-cinq opérations pour un volume d’affaires de 145 millions d’euros.

En 2022, une banque face à des incertitudes multiples

Les grands sujets de la période (numérique, conséquence de la crise sanitaire, guerre en Ukraine, transition énergétique) sont bien évidemment abordés. La banque dit vouloir trouver actuellement « un équilibre » entre son réseau physique, qui doit « demeurer sa colonne vertébrale », et la numérisation de ses activités. C’est le cœur de « la nouvelle stratégie » d’entreprise que veut déployer son directeur général. Une volonté qui fait sens, au moment où l’on comprend que l’accélération du numérique induite par la crise sanitaire (rendez-vous en visio, télétravail, etc.) est partie pour durer. Un mot également des prêts garantis par l’État (PGE) accordés lors de la période Covid. La banque régionale en aurait débloqué 9606. « 63 % des souscripteurs ont opté pour un amortissement sur cinq ans », note Christophe Bosson qui n’est « pas inquiet » de leur remboursement. « 90 % devraient rembourser sans encombres », estime-t-il.

En Ukraine, la guerre n’en finit pas d’être tragique et de créer dans le monde de puissantes incertitudes. Catherine Mallet [1], la présidente du conseil d’administration de La Banque Populaire Occitane, croit que « le principe coopératif est une valeur refuge », au moment où « l’instabilité des contextes économique et géopolitique inquiète ». Face à la montée du prix des matières premières et du cours de l’énergie, la banque veut montrer qu’elle agit auprès des ses clients et sociétaires. Elle fera la réclame des PGE résilience impulsés par l’État, notamment auprès des milieux industriel mais surtout agricole, particulièrement impactés par les turbulences géopolitiques. La banque régionale propose aussi des crédits de court terme pour les entreprises qui font directement face à la hausse du prix de l’énergie. Le directeur régional avoue tout de même ne pouvoir anticiper toutes les conséquences d’un conflit qui pourrait s’enliser à l’est de l’Europe.

Du côté de la transition écologique, enjeu primordial de long terme, la Banque Populaire Occitane à ses ambitions. Elle s’engage à « baisser son empreinte carbone de 10 % à l’horizon 2024 » à travers des actions multiples : réduction des déplacements professionnels avec plus de télétravail et de réunions à distance, une amélioration de la qualité énergétique de ses bâtiments, privilégier le circuit court, etc. Par ailleurs, la banque revendique d’avoir réalisé 156 millions d’investissements dédiés spécifiquement à la croissance verte. Façon de montrer que la Banque Populaire Occitane ne fait pas que subir des changements mais peut aussi (essayer de) les accompagner.
Matthias Hardoy

Sur la photo : Catherine Mallet, présidente du conseil d’administration de La Banque Populaire Occitane, et Christophe Bosson, directeur général de la Banque Populaire Occitane. Crédit : Maxime Forgues.

Notes

[1Catherine Mallet est par ailleurs la directrice générale déléguée du groupe Actia.

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Source : https://www.touleco.fr/La-Banque-Populaire-Occitane-s-appuie-sur-son-dynamisme-de-2021,34096