Le groupe Pierre Fabre négocie la cession de deux sites de production

Le groupe pharmaceutique Pierre Fabre prévoit de vendre à l’entreprise ardéchoise Fareva deux sites de fabrication de produits non stratégiques pour lui, dont l’un dans les Pyrénées-Atlantiques. Il recentre ses investissements autour de la commercialisation de médicaments en onco-dermatologie.

L’accord devrait être finalisé au début de l’été. Le groupe pharmaceutique tarnais Pierre Fabre est entré en négociation exclusive avec Fareva pour la vente de son site de production d’Idron près de Pau et de son unité de fabrication de Saint-Julien-en-Genevois en Haute-Savoie. Deuxième groupe pharmaceutique privé français et deuxième laboratoire dermo-cosmétique mondial, Pierre Fabre souhaite se désengager de son activité de sous-traitance industrielle de médicaments injectables, qui représente 95% de l’activité du site d’Idron de 200 personnes.

Quant à l’unité savoyarde, seule la partie production d’actifs biotechnologiques employant trente salariés est concernée par l’opération. Les activités de recherche en biothérapie ciblée contre le cancer y sont maintenues. De son côté, le groupe ardéchois Fareva, dont la holding est luxembourgeoise, est un acteur mondial de la sous-traitance pharmaceutique spécialisé dans la fabrication de produits stériles injectables et cytotoxiques. Les deux sites de Pierre Fabre compléteraient l’offre de Fareva. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué.

Des investissements fléchés vers l’oncologie

L’opération de cession du groupe tarnais s’inscrit dans son plan stratégique Transformation 2019-2022. « La sous-traitance industrielle pharmaceutique n’est pas notre axe de développement. Nous souhaitons donner la priorité aux secteurs de l’oncologie, de la dermatologie et de la dermo-cosmétique. Dans la lutte contre le cancer, nous privilégions la recherche de nouvelles molécules ou d’anti-corps et le rachat de licences de médicaments », explique un porte-parole de Pierre Fabre. « Or si nous voulons rivaliser avec des big pharma comme Roche, Pfizer ou Sanofi dans ce domaine, nous devons y consacrer d’importants investissements. »

D’ores et déjà, deux médicaments contre le cancer de la peau, applicables aussi aux cancers colorectaux, concentrent les efforts du groupe. Après un accord de vente conclu en 2015 avec le laboratoire américain Array Biopharma, passé sous le giron de Pfizer depuis, Pierre Fabre a démarré leur commercialisation en décembre 2018 en Allemagne, suivie par la France, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Australie. Il a également fait l’acquisition d’une licence de commercialisation en Europe d’un traitement contre la récidive du cancer du sein auprès de Puma Biotechnology.

230 emplois concernés

« La direction nous dit que toutes ces opérations nécessitent des investissements pour mettre en place une force de vente et positionner les médicaments », explique Frédéric Fabre, délégué syndical CGT du groupe. « Nous sommes plutôt rassurés que le repreneur soit un industriel et non un fonds de pension. Pour autant, nous n’avons aucun détail sur les modalités de cession des sites. Notre demande est le maintien en poste des 230 salariés concernés et la sauvegarde des droits sociaux pour cinq ans », indique-t-il.

La crise du Covid-19 devrait également avoir un impact en 2020 sur l’activité du groupe de 11.000 collaborateurs. « On nous annonce actuellement une baisse de 10% du chiffre d’affaires, qui était de 2,4 milliards d’euros en 2019 », souligne le délégué.
Isabelle Meijers

Sur la photo : La chaîne de fabrication du site de Pierre Fabre à Idron. Crédits : Laurent Galaup.

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Source : https://www.touleco.fr/Pierre-Fabre-negocie-la-cession-de-deux-de-ses-sites-de,28607