Toulouse. Le coup de trop pour les bars et restaurants

À deux jours de la décision du gouvernement de classer Toulouse en alerte maximale, les patrons des cafés, restaurants et discothèques ont exprimé leur inquiétude. En difficulté depuis plusieurs mois en raison de l’application des règles sanitaires, ils s’estiment lésés par l’État.

« Déjà 120.000 emplois perdus. » « Où sont les promesses ? » « Sauvons la nuit. » Alors que se tenait au même moment la visite de quatre membres du gouvernement à Toulouse, dont le Premier ministre Jean Castex, les cafetiers, restaurateurs et gérants de discothèque sont montés au créneau pour exprimer leur colère et leur vive inquiétude.

Ils étaient entre 100 et 200 ce vendredi 9 octobre à se rassembler devant la préfecture de Toulouse. « On se doit d’aller au combat et expliquer que nos établissements sont moins des zones à risque que les transports en commun », s’indigne Hubert de Fletans, gérant du restaurant L’esprit du Sud-Ouest, à Blagnac. « Quitte à mourir, autant le faire avec une épée dans la main. Car on est sous perfusion. Les aides de l’État sont trop faibles, il doit assumer les charges et il ne tient pas ses promesses », déplore celui qui est aussi président de la branche restaurant de l’Union des métiers et des industries hôtelières de la Haute-Garonne (Umih 31).

Selon le syndicat professionnel, depuis le confinement, 45 établissements, sur les 1600 que compte la métropole, sont en procédure judiciaire au tribunal de commerce de Toulouse. Et la saignée ne devrait pas se tarir. D’autant qu’Olivier Veran, le ministre de la Santé, devra se prononcer sur la situation sanitaire à Toulouse. Or, le passage, ce lundi, en zone d’alerte maximale est synonyme de fermeture des bars.

4000 emplois menacés

« On estime que 4000 personnes seront jetées au chômage à la fin de l’année et 300 entreprises vont déposer le bilan », s’inquiète M. de Fletans. Une crainte que partage Vincent Vaissière, cogérant du restaurant La Rosa Negra, dans le quartier Victor-Hugo. « Notre chiffre d’affaires est déjà en baisse de 40 %. De 60 couverts, on est passé à 40. Par conséquent, on a activé le prêt garanti État (PGE). On peut tenir au moins six mois mais, s’il y a de nouvelles mesures, ce sera pire », indique ce patron trentenaire, qui est aussi gérant de la discothèque Le Balthazar Club, rue Bayard, fermée depuis le mois de mars. « Pour cet établissement, nous avons obtenu le fonds de solidarité de 1500 euros. Mais nous n’avons aucune trésorerie car nous avons repris l’établissement en janvier », regrette ce jeune patron, qui emploie six salariés.

L’activité de Gaël Poite, fondateur de GS Event, société spécialisée dans le booking d’artistes dans les discothèques, les bars et les salles de spectacle, est au point mort depuis sept mois. « Nous attendons le volet 2 des aides du gouvernement qui ne vient pas, comme le versement de 15 000 euros par mois sur trois mois », explique ce dirigeant qui estime que les discothèques sont les grandes oubliées des plans de relance. « Nous avons mis en place un protocole avec prise de température à l’entrée des boîtes de nuit, notamment, qui a servi d’exemple. Depuis, il a été mis au placard. C’est aberrant de ne pas laisser les professionnels agir. »
Audrey Sommazi

Sur la photo : Ce vendredi 9 octobre, entre cent et deux-cents dirigeants, à l’appel de l’Umih 31, se sont rassemblés à Toulouse. Photo : Rémy Gabalda - ToulÉco

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Source : https://www.touleco.fr/Toulouse-Resto-et-bars-le-coup-de-trop,29649