Toulouse Territoire d’avenir : des propositions entre débat et consensus

Le rapport de la mission Toulouse, Territoire d’avenir a été dévoilé. Commandé il y a trois mois par la Métropole et la Région, il est structuré autour de onze propositions « pour un territoire plus innovant, plus durable et plus inclusif ». Les recommandations embrassent de très nombreux domaines. Sur l’université notamment, le rapport relève un déficit de gouvernance.

Il va falloir un peu de temps à la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga et au maire de Toulouse et président de la métropole Jean-Luc Moundenc, pour digérer et faire le tri dans le rapport de 230 pages remis par la commission Toulouse, Territoire d’avenir. Les onze personnalités d’horizons multiples (économie, université, entrepreneuriat, sport, etc.) étaient réunis autour de Jean Tirole, Prix Nobel d’Economie et président de la Toulouse School of Economics, et de Marion Guillou, ancienne présidente-directrice générale de l’Inra [1], polytechnicienne et actuelle membre du Haut Conseil pour le Climat. Ils avaient trois mois pour réfléchir au devenir de la métropole toulousaine. Leurs propositions sont d’une grande diversité, « une boite à outil pour la métropole et la région », comme le décrivent eux-mêmes les membres de la commission.

Fédérer les universités

Pour Jean Tirole, alors que « la crise sanitaire se transforme lentement en une crise économique durable, il y avait une nécessité de décloisonner les sujets ». Il cite en exemple la suggestion, faite dans le rapport, de marier tourisme et université en créant de grandes cérémonies de remise de diplômes, un peu comme aux États-Unis : « Les familles viendraient visiter la ville sur trois-quatre jours. C’est un moyen de redynamiser le tourisme tout en renforçant l’attachement des étudiants à leurs formations universitaires », analyse le président de la Toulouse School of Economics.

L’université fait par ailleurs l’objet d’une proposition qui devrait faire beaucoup parler et sûrement débat. La commission propose en effet de « confier à une personnalité extérieure de haut niveau » le soin de fédérer les nombreuses structures universitaires toulousaines. « Cet éclatement empêche Toulouse d’apparaître sur la carte universitaire mondiale en dépit de la très grande qualité de l’enseignement et de la recherche ici », explique Marion Guillou. L’échec du label Idex, il y a deux ans, reste visiblement dans les esprits.

Jean-Luc Moundenc se dit « prêt au défi que nous invite à relever le rapport, en concertation avec la Région ». Le maire de Toulouse y voit « le principal élément de nouveauté, les autres propositions amplifiant des politiques déjà en projets ». Il cite les mesures préconisées sur le volet mobilité (soutien au projet de LGV Toulouse-Bordeaux, investissement massif dans les transports en commun et amélioration de la desserte TER) comme proches de ces propres priorités actuelles. Il a également annoncé que le rapport sera discuté par les élus de la métropole le 12 octobre prochain.

Foncier et environnement

Un autre sujet semble faire consensus entre élus et membres de la commission, la nécessité pour la ville de ne pas abandonner « son droit de préemption du foncier urbain ». « Pour cela, je ne suis pas libéral », rassure Jean-Luc Moundenc. Cela serait, selon la commission, un moyen de créer et de maitriser la création de nouveaux espaces attractifs et innovants pour l’industrie, les nouvelles technologies, l’université ou l’agriculture urbaine, par exemple. Marion Guillou insiste aussi sur le besoin de déployer rapidement « un plan climat-territoire », qui permettrait d’identifier les fragilités du territoire face au dérèglement climatique et de définir les actions à mener en priorité. En effet, Toulouse « va devoir affronter rapidement un climat proche de celui du sud de l’Espagne, une hausse des sécheresses mais aussi des inondations », souligne-t-elle. Derrière la crise sanitaire et économique se profile en effet une crise environnementale de plus grande ampleur encore.
Matthias Hardoy

Sur la photo : Quelques-uns des membres de la Commission réunis autour de Jean Tirole (au centre), Jean-Luc Moudenc et Marion Guillou (veste bleue) et Geneviève Fiorazo. Crédit : MH - ToulÉco.

Les intitulés des onze propositions :

1-Accroitre le rayonnement scientifique de Toulouse.
2-Développer une stratégie d’aménagement de Toulouse pour le climat.
3- Déployer un plan « climat-territoire ».
4-Promouvoir une agriculture climatique responsable.
5-Conforter, transformer et diversifier l’activité industrielle toulousaine.
6-Simplifier l’accès des entreprises aux aides.
7-Faire de Toulouse une terre d’accueil des entreprises et des projets européens.
8- Créer des campus de formation pour les territoires.
9-Stimuler l’intégration des jeunes au marché du travail.
10-Développer l’attractivité touristique internationale.
11-Miser sur la nature et la culture occitane.

Notes

[1Institut national de la recherche agronomique

1 Message

  • Franck CLOSTEL le 1er octobre 11:11

    11 propositions ?
    11 idées partagées depuis au moins 15 ans par la plupart des toulousains. On attend plus de détails sur la mise en œuvre, parce qu’avec ces 11 points, le plan « territoire d’avenir » ne revêt pas une réalité bien ambitieuse. Ou ultra-conservatrice ?

    1. Accroitre le rayonnement scientifique de Toulouse : -> Aucun changement d’année en année
    2. Développer une stratégie d’aménagement de Toulouse pour le climat : -> qui passe comme d’habitude APRES l’économie et l’aéronautique
    3. Déployer un plan "climat-territoire" : -> qu’est ce que c’est ?
    4. Promouvoir une agriculture climatique écoresponsable ; -> ni Toulouse ni la Région n’ont de pouvoir dessus, c’est la PAC qu’il faut changer
    5. Conforter, transformer et diversifier l’activité industrielle toulousaine : -> quand l’aéronautique sombre, il faut bien trouver autre chose. Une rengaine déjà entendue, non ?
    6. Simplifier l’accès des entreprises aux aides : -> Avec un numéro vert ?
    7. Faire de Toulouse une terre d’accueil des entreprises et des projets européens ; -> mais par contre, pas de migrants.
    8. Créer des campus de formation pour l’industrie ; -> et si on aidait ceux qui existent déjà, plutôt ?
    9. Stimuler l’intégration des jeunes au marché du travail ; - > Bravo, mais comment :)
    10. Développer l’attractivité touristique internationale ; -> Très compatible avec l’écologie ça :)
    11. Miser sur la nature et la culture occitanes. -> Le national-écologisme.

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Source : https://www.touleco.fr/Toulouse-Territoire-d-avenir-accelerer-la-transformation,29560