Transport aérien. Pour 2022, l’aéroport Toulouse-Blagnac oscille entre prudence et optimisme

article diffusé le 24 mars

Une éventuelle sixième vague de Covid-19 et les répercussions de la guerre en Ukraine pourraient peser sur l’activité de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Mais la plateforme veut voir des signes de reprise.

Pour l’aéroport Toulouse-Blagnac, 2021 était mi-figue, mi-raisin, avec 3,8 millions de passagers, contre 3,1 millions en 2020. Mais ce chiffre reste loin des 9,6 millions de voyageurs enregistrés en 2019, année de référence avant la crise sanitaire. Le chiffre d’affaires subissait le même sort : en chute, il était à 90,5 millions d’euros l’année dernière, contre 160 millions d’euros en 2019.
Dans la litanie des chiffres, il y a aussi les pertes nettes : elles étaient de 11 millions en 2020 contre 4 millions d’euros en 2021, compensées par un bénéfice de 22 millions en 2019. « Les actionnaires ont décidé de ne pas distribuer de dividendes en 2020, ce qui a permis de financer les pertes », explique le président du conseil de surveillance d’ATB et directeur financier d’Eiffage, Christian Cassayre.

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Force est de constater que 2022 ne démarre pas sur les chapeaux de roues. Si, lors de la deuxième semaine de l’année, 8000 passagers par jour ont été comptabilisés, ils étaient, un mois et demi plus tard, plus de 17.000 à franchir les portes de sécurité. « Le premier trimestre est hétérogène avec 57 % de trafic par rapport à 2019 », constate Philippe Crébassa, président du directoire d’Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB). « Janvier a été plombé par Omicron et février a été porté par les vacances. On est sur une trajectoire prudente », affirme M. Crébassa.

Car trois incertitudes pèsent sur l’activité de la plateforme, comme la reprise éventuelle de l’épidémie. Les répercussions de la guerre en Ukraine en sont une autre. Même si le transport aérien est nul, ou quasiment nul, depuis Toulouse vers l’Ukraine et la Russie, l’envolée du prix du kérosène peut obliger les compagnies aériennes à la répercuter sur les tarifs des billets d’avion. Enfin, une dernière donnée non négligeable est à prendre en considération : le pouvoir d’achat des touristes.

Projet immobilier

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Mais Christian Cassayre veut observer des « signes de reprise en dépit de cette variabilité ». « On a confiance dans le potentiel de rebond de l’aéroport et dans le dynamisme du territoire. » Alors, pour attirer les passagers, ATB dégaine un catalogue printemps-été de 79 destinations, soit 14 de plus qu’en 2021, émanant de 26 compagnies aériennes.

Autre signe encourageant selon ATB : la plateforme a déposé le permis d’aménagement d’un nouvel écoquartier de 80.000 m² situé dans la zone de l’aérogare d’affaires, toujours à Blagnac, entre l’avenue Émile Dewoitine, l’allée Henri Potez et les pistes. « On ne fait pas de projet immobilier en blanc. On a des clients », assure Philippe Crébassa, « convaincu de faire la différence » sur le marché de bureau neuf. Sky One, le premier bâtiment de cet ensemble, sera construit par le promoteur EM2C et livré en 2025.
Audrey Sommazi

Sur les photos : Philippe Crébassa, président du directoire d’Aéroport Toulouse-Blagnac et Christian Cassayre, président du conseil de surveillance d’ATB et directeur financier d’Eiffage. Crédit : Rémy Gabalda - ToulÉco.  

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Source : https://www.touleco.fr/Transport-aerien-Pour-2022-l-aeroport-Toulouse-Blagnac-oscille,33710