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Publié le mercredi 11 septembre 2019 à 19h30min par Sophie Arutunian

E-santé. Sêmeia s’implante à Toulouse avec trente embauches en perspective

L’entreprise parisienne Sêmeia vient de prendre ses quartiers au Village by CA à Toulouse. La jeune pousse propose une solution de suivi à destination des professionnels de santé pour suivre les maladies graves ou chroniques. Explications.

Data scientists et développeurs logiciels, Sêmeia aura bientôt besoin de vous. Arrivée de Paris, la jeune pousse vient d’installer des bureaux à Toulouse, avec la ferme intention de lever des fonds et recruter des talents dans la Ville rose. A la croisée de l’intelligence artificielle et de la santé, Sêmeia, créée en 2017, propose un service à destination des professionnels de santé : une interface ergonomique qui regroupe les données des personnes suivies pour un traitement de longue durée.

« Le but du logiciel est d’aider le ou la médecin à suivre les patients, comme par exemple une femme soignée pour un cancer du sein, avec un traitement quotidien pendant cinq à dix ans », décrypte Mathieu Godart, cofondateur de Sêmeia. « On sait que le traitement est pénible et qu’il y a un risque de décrochage dans les premiers mois. L’idée est donc de permettre aux professionnels de santé de se concentrer en priorité sur ces patientes à risques, de prendre contact avec elles si besoin, de prendre le temps de les accompagner. »

Actuellement, l’application est utilisée par le service néphrologie de l’hôpital Foch de Suresnes et par des anesthésistes de l’IUCT Oncopôle de Toulouse (notamment pour le suivi des douleurs neuropathiques). D’ici la fin de l’année, des oncologues de la clinique Pasteur de Toulouse devraient également s’équiper.

Les données de santé, hyper sécurisées

Les données de santé utilisées par Sêmeia, comme pour d’autres entreprises du secteur, proviennent de plusieurs sources différentes comme les laboratoires d’analyses, les hôpitaux, le dossier médical partagé, etc. « En France malheureusement, les données médicales existent mais elles sont disséminées un peu partout », poursuit Mathieu Godart. « Une fois récupérées, elles sont agrégées et permettent de construire des modèles prédictifs et déterminer les patients dits à risque, ceux qu’il faut suivre avec plus d’attention. Les malades sont obligés de donner leur consentement pour l’utilisation de leurs informations personnelles, même si la revente des données de santé est strictement interdite.

« En France, les données de santé sont secrètes et personnelles, encore plus que les données bancaires. Elles sont ainsi stockées dans des serveurs spécifiques, en France. Même nos ingénieurs n’y ont pas accès sans la supervision d’un médecin », assure le cofondateur de la startup. Sêmeia a noué un partenariat avec la Sécurité sociale pour avoir notamment accès aux historiques de remboursement des patientes et des patients.

Reste à confirmer le modèle économique. Sêmeia a réalisé un chiffre d’affaires de 270.000 euros en 2018 après un an d’exercice. Le prévisionnel est établi à 650.000 euros pour 2019, puis à deux millions dès 2020. La start-up a levé 400.000 euros en janvier 2018 et prépare une nouvelle levée de fonds d’ici la fin de l’année. Pour ce deuxième tour de table, elle recherche 3 millions d’euros.
Sophie Arutunian

Sur la photo : Mathieu Godart au centre, et deux de ses collaborateurs, Paul Jeannot à gauche et Florian Martin à droite. Crédits : Quentin Buttin - ToulÉco.