Aéronautique. 1000 postes menacés chez Thales, le site de Toulouse concerné

Fragilisée par la crise sanitaire, Thales AVS, filiale du groupe spécialisée dans l’avionique, pourrait se séparer de 1000 postes en France. Le site toulousain, qui emploie 900 personnes, serait impacté. La direction assure ne pas vouloir mettre en place un PSE.

Après Airbus, Latécoère, Expleo... Désormais, c’est au tour de Thales de tailler dans ses effectifs. Lors d’un d’un conseil économique et social (CSE) central en septembre, le groupe de technologie et de défense a annoncé vouloir se séparer de .000 postes au sein de sa filiale Thales AVS, spécialisée dans l’avionique, qui emploie 4200 personnes en France, dont 900 à Toulouse, a-t-on appris de source syndicale.

Si la direction ne confirme pas ce chiffre, elle assure néanmoins que « la crise du Covid 19 a fortement fragilisé certains emplois au sein du groupe Thales, principalement dans le secteur de l’aéronautique civile ». Par conséquent, « face à cette situation », « Thales a décidé de ne pas mettre en œuvre de plan de sauvegarde de l’emploi ». La direction « fait appel au volontariat des salariés concernés pour adapter l’emploi et éviter les licenciements ». Comment ? En misant sur la mobilité interne.

« Outre le gel de certains recrutements, la diminution du recours à l’intérim et de la sous-traitance, Thales s’appuie sur sa forte expérience dans la mobilité interne pour favoriser les mouvements des talents des activités durablement affectées vers les activités en croissance, notamment dans le domaine de la défense », poursuit la direction, qui prévient qu’en 2020, 1.100 postes sont ouverts en France.

« Inacceptable »

« Cette mobilité est contrainte », déplore Dominique Ferrachat, délégué syndical CGT chez Thales AVS. « Il risque de ne pas y avoir de candidat. » Pour la troisième organisation syndicale, la suppression des postes envisagée est « inacceptable ». « Elle n’est pas justifiée économiquement. Nous attendons que les expertises, qui viennent d’être lancées, tirent leurs conclusions », ajoute Dominique Ferrachat, qui s’inquiète d’une délocalisation de l’ingénierie hors de France. Or, « la reprise nécessitera de disposer des emplois et des compétences rapidement ».

De plus, la CGT a interpellé la direction concernant le versement en décembre de l’acompte des dividendes, d’un montant de 85 millions d’euros. « Thales a bénéficié des aides de l’État, via le plan de relance de l’aéronautique notamment. Pour nous, clairement, elle utilise l’argent public qu’elle reverse aux actionnaires », s’indigne le délégué syndical. « Nous avons écrit un courrier au patron Patrice Caine et au conseil d’administration, le 5 octobre. » Pas de réponse, à ce jour.
Audrey Sommazi

Sur la photo de Une, le site toulousain Thales AVS, à Toulouse. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco.

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